Une journée avec le pré-ado

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Lundi je devais aller porter le dossier d’inscription de Grand Monstrou dans son nouveau collège.

Comme il n’a plus cours je lui avais proposé de venir avec moi, il me reproche souvent de ne pas passer assez de temps seule avec lui et j’avais pour objectif de le rhabiller un peu pour sa future année scolaire.

Atteint d’une mononucléose ET de pré-adolescence cet enfant dort environ jusqu’à midi tous les jours mais là je l’avais prévenu que je le réveillerai à 10h00 (ça va l’aube ne blanchit plus la campagne à cette heure là).

Lundi 10h00 donc je le réveille très difficilement… Comprenez que je dois faire plusieurs rappels avant de voir débarquer un véritable zombie au rez-de-chaussée. Zombie mal luné de surcroit,  qui ne souhaite pas « petit-déjeuner » car il est trop fatigué…

Il est donc passé de la position horizontale dans son lit, à la position horizontale, sur le canapé, entortillé dans une couverture, grommelant qu’il y avait trop de lumière, de bruit etc.

Bref, tant pis pour le ptit-dèj, je suis une mère super cool, je lui annonce que nous nous arrêterons au Mc do en arrivant dans la ville de son collège. Borborygme non pas de ses intestins mais de sa bouche que je considère comme un acquiescement doublé d’un léger enthousiasme.

NDLR : Oh toi jeune Maman qui peine à comprendre son bébé de deux ans, sache qu’à 11 ans il va perdre tout le vocabulaire durement inculqué ces dernières années pour des «  ouaich » « j’avoue » « trop pas juste » etc.

Mais revenons à nos boutons, heuu nos moutons, enfin bref notre ado échoué sur le canapé.

Toujours cool ( je lutte pour le prix de la mère « trop » cool), je signale à mon enfant adoré que nous allons bientôt partir et qu’une arrivée en pyjama avec la coupe rasta que ses cheveux ondulés prennent durant la nuit ne ferait peut-être pas une super bonne première impression dans son futur collège.

SOUPIR… « ouitinquiètejemeprepare » marmonne-t-il en se tournant dans sa couverture.

A 10h45 je ne m’inquiète plus je râle et je menace de partir sans lui :

« ah non hein je ne me suis pas levée si tôt pour rien »… (dit le ptit gars qui va se lever et surtout ME lever vers 6h00 chaque lundi matin pour aller prendre son train).

Il consent donc à adopter une position assise car oui, le pré-ado a atteint un degré de motricité qui lui permet de s’habiller assis, ce que ne savent pas faire nos chers bambins de deux ans.

Passons sur le choix de la tenue … une espèce de sarrouel/jogging à mi-mollets, ses gros baskets, un débardeur. Manquent la casquette et les lunettes de soleil je pense que le pré-ado dans un accès d’intuition a senti que ça ne passerait pas…

Bref, 11h10 nous partons, ce qui est plutôt pas mal puisque je lui avais annoncé un départ à 11h00 tout en me disant qu’il fallait qu’on parte à 11h30. (Oui les mères mentent parfois, mais on y est obligées!)

Dans la voiture, le pré-ado est d’une humeur massacrante et j’avoue que ça commence légèrement à me gonfler. En plus comme à chaque fois c’est la guerre de la radio. Nous choisissons la station chacun notre tour, sachant que si après la chanson de ma station il y en a une seconde que j’aime bien, je tente de le convaincre de ne pas changer.

Je commence par la manière douce, puis je deviens légèrement autocrate : c’est MA voiture, c’est MOI qui conduis donc on écoute MA chanson … non mais oh !

Bien évidemment cela n’améliore pas son humeur.

Après 80 longs kilomètres dans cette bonne ambiance d’amour et de reconnaissance filiale nous arrivons au mac do. Hourra il fait soleil, je retrouve ma bonne humeur et je propose de manger en terrasse.

Mauvaise idée : la table est mouillée ça le contrarie (ben on l’essuie on n’est pas handicapés) et surtout le pré-ado en débardeur à froid. Bon j’avoue ça caille … mais nous sommes en tête à tête, en terrasse, on mange un truc qu’il aime bien .. j’aimerais voir passer un peu de joie sur le visage de mon garçon.

Il faudra attendre le sunday caramel pour lui tirer un sourire. Ahhhh il est content ! Le pré-ado est donc encore capable de ressentir des émotions positives : je suis sauvée.

Forte de cette immense progrès, le sunday à peine avalé j’entraîne ma souriante progéniture au magasin du coin pour lui acheter un jean. (Et oui, chères Mamans de filles il y a des enfants qui n’aiment pas acheter des habits).

Là le visage se referme complètement :

« nan mais j’ai trop mangé je peux pas essayer de pantalons maintenant, et puis je suis fatigué » (elle a vachement bon dos la mononucléose je trouve).

Sachez que moi-même j’ai horreur de faire les boutiques de vêtements, alors quand ce n’est même pas pour moi… imaginez…

J’argumente qu’ensuite nous n’aurons pas le temps de chercher des jeans, j’enrobe la chose « pour une fois que nous ne sommes que tous les deux », échec, l’ado boude.

Pour information il a DEUX jeans seulement, deux jeans noirs déchirés, coupés, moches. (en fait il en a plein d’autres dans son armoire mais ils ne conviennent pas à  son « style »).

Autre information, nous avons déjà passé un certain temps à la recherche d’un jean mais il se trouve que la mode est aux jeans bleus et que soi disant les jeans bleus ne lui vont pas. ( je suis incapable de vous retranscrire ses arguments, la pauvre quadra que je suis n’en a pas saisi la logique).

Bref, on trouve UN jean noir qui malheureusement ne lui va pas. On repart avec un tee-shirt encore noir et blanc, encore avec New-York dessus…il en a déjà trois ou quatre…

Nous reprenons la voiture, et arrivons au collège à 14h02 … les inscriptions se font de 14h00 à 19h00 mais il est contrarié et me tape un scandale parce que nous sommes en retard.

Je m’en moque, je prend déjà sur moi pour déposer ce P… de dossier dans ce P… de collège qui va me voler mon fils 5 jours par semaine, alors même à 14h02 je suis large !!!

Là, nous attendons un peu mais franchement pas longtemps et l’ambiance se détend, il a vu le foyer, les tables de ping-pong, les baby-foot, il patiente en me racontant des blagues.

Nous sommes accueillis par une surveillante super cool qui termine de le mettre de bonne humeur et qui en plus nous trouve quelqu’un pour nous faire visiter le collège que nous ne connaissons ni l’un ni l’autre.

Mon petit cœur de Maman est rassuré, il a l’air très bien ce collège, ils sont bien organisés pour les repas (contrairement à son collège actuel), les toilettes sont accessibles tout le temps (contrairement à son collège actuel) et comme il sera interne il sera super bien encadré.

Nous repartons de bonne humeur tous les deux, j’en profite pour retenter le jean dans un autre magasin mais toujours pas de noir…

Le retour se fait dans une très bonne ambiance pendant les 15 premières minutes, ensuite il dort…

En arrivant il est de bonne humeur et et me remercie de l’avoir emmené dans son futur collège… et il file rejoindre ses copains.

C’était plutôt un bon moment malgré les bouderies, et mon cœur se serre déjà à l’idée que ces journées à deux se feront de plus en plus rares parce que

– quoi que je fasse les copains sont vachement plus cools et intéressants que moi.

– A partir de Septembre il passera CINQ jours par semaine ailleurs, loin !

Ouf, il y aura plein plein de compétitions de Judo où je me ferai une joie de l’accompagner, de faire des kilomètres chaque dimanche et la guerre de la musique dans la voiture, de stresser pendant les combats et de ramener un vainqueur ravi ou un perdant déprimé.

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5 réflexions sur « Une journée avec le pré-ado »

  1. Tu peux pas savoir comme tu me vends du rêve là!
    Tellement hâte que Jeanne entre au collège et confirme son p&@€) de caractère de preado

  2. mais aussi, tu cherches le challenge : pré-ado ET mononucléose ET boutiques !!!!
    Pour info : une fille ado qui fait les boutiques, ce n’est pas facile non plus…..

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