Train de nuit : la fin

Il venait de lui arracher pantalon et petite culotte lorsque la porte s’ouvrit brutalement.
« Oh pardon » murmura une voix empâtée avant de refermer précipitamment. Elle en aurait hurlé de rage, son seul espoir venait de s’évanouir avec un empoté qui trouvait tout à fait normal qu’on fasse l’amour avec une écharpe enfoncée dans le gosier.
Elle avait lu quelque part que ce qui excitait les agresseurs sexuels, c’était la résistance de leur victime, peut-être que si elle cessait de se débattre, il n’aurait plus envie de continuer son affaire. Son esprit fonctionnait à toute vitesse, non, jamais elle ne pourrait se résoudre à cesser de lutter pour éviter ce qui représentait pour elle la pire des agressions.
Soudain la porte s’ouvrit de nouveau et quelqu’un cria « hé mais qu’est-ce que tu lui fais mon gars ? ». Elle vit les trois militaires du compartiment d’à côté se précipiter dans le sien, deux d’entre eux agrippèrent l’homme pour le jeter sur l’autre couchette ou ils l’assommèrent à force de coups.
Le troisième, retira doucement l’écharpe de sa bouche, lui caressa tendrement la joue en lui disant que c’était terminé, que tout irait bien maintenant. Elle ne pouvait toujours pas parler, elle fut saisie de tremblements et d’énormes sanglots remontèrent de sa gorge pour sortir de sa bouche dans des sons dignes d’un pingouin qui aurait essayé d’enfiler des mocassins.
Comme elle était incapable de bouger pour se rhabiller, le jeune homme déposa sa veste sur ses jambes pour cacher sa nudité et pendant que ses deux compères étaient partis chercher un contrôleur, il lui caressait doucement les cheveux en lui murmurant des paroles rassurantes.
Lorsque le train arriva à destination, trois policiers attendaient sur le quai et menottèrent fermement son agresseur. Tout le monde se rendit au poste de police, elle dut donc supporter un dernier voyage avec le monstre sans aucun signe particulier, dans le fourgon des policiers. Mais cette fois elle ne risquait plus rien, il était menotté, la tête baissé, le regard vide, tandis qu’elle était encadrée par un policier et son jeune sauveur qui lui tenait la main.

Après une longue matinée de déposition, de questions saugrenues et totalement dépourvues de tact des policiers elle fut autorisée à rentrer chez elle. Son sauveur l’y accompagna et ils ne se quittèrent jamais plus. Après plusieurs années de câlins complètement platoniques elle réussit à se débloquer et lui donna quatre beaux enfants qu’ils nommèrent Samuel, Nicolas, Camille, Françoise en souvenir de leur rencontre. Ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leur vie et voyagèrent beaucoup en évitant bien soigneusement tout transport ferroviaire.

Epilogue :
L’agresseur étant un « bon » français sans casier, il ne fut condamné qu’à six mois avec sursis, après tout, comme le souligna son avocat : « il n’avait violé personne ». Laissé en liberté, il circule toujours dans les trains de nuit… Méfiez-vous donc si vous devez voyager en train…. de nuit !

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12 réflexions sur « Train de nuit : la fin »

  1. Racontes nous encore des histoires comme ça, ca détend et permet de bien commencer la journée.
    Évidemment comme toujours c'est très bien écrit.

  2. quoi ? une happy end ? quel dommage….. OK !

    En fait, j'aurai bien voulu que ton histoire dure plus longtemps, car tu racontes bien !!!!

    Par contre, 2 choses à m'expliquer :
    1) c'est quoi "des sons dignes d’un pingouin qui aurait essayé d’enfiler des mocassins" ??? jamais entendu ça….
    2) tu as mis quoi dans tes gamelles pour les photos ? étrange liquide blanchâtre….

    Allez, une autre nouvelle la semaine prochaine ? ouiiiiiii !

  3. 1) normal que tu n'aies jamais entendu, t'as déjà vu un pingouin en mocassins ?
    2) c'est un petit clin d'oeil à la Chandeleur, c'est de la pâte à crêpes préparée par les monstroux hier matin !

    Et pour la semaine prochaine… on verra 🙂

  4. I'm so jealous of your exceptional writing skills.. not to mention your French (quelle richesse de vocabulaire).. Go girl !!
    Sinon serait-il possible d'avoir une fin alternative gore, c'est un peu trop rose à mon goût!

  5. Mais c'est une coalition !! Bon demain ce ne sera pas possible car j'ai des RV toutes la journée et ensuite ce sont les vacances des monstroux donc pas spécialement les miennes 🙂

  6. Moi qui suis fille de cheminot, j'ai passé ma jeunesse dans le train si je puis dire… mais je n'ai jamais eu la chance, euh non pardon, d'ennui de ce genre… heureusement !!
    Jeannie47

  7. Je déteste les trains de nuit, j'en ai beaucoup pris dans ma jeunesse mais les compartiments étaient toujours pleins donc pas trop de risque!
    privilège de l'âge et d'avoir un métier, plus jamais de train de nuit !!!

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