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Comment stopper un cacathon ?

Petit Monstrou a 5 ans 4 mois et 16 jours, donc  en gros 5 ans et demi  même si ça l’arrange bien qu’on ne puisse pas encore dire « et demi ».

S’il a toujours eu beaucoup d’avance au niveau du langage et de certaines acquisitions, pour plein d’autres choses il est à la traine.  Je ne pense pas que ce soit un problème dans son développement,  plutôt une histoire de personnalité, mais bon peut-être que je ne vois pas ce qui est juste sous mon nez ce qui est fréquent dans une relation mère-enfant…

Alors avant d’aller consulter un spécialiste (et d’ailleurs lequel ?) je m’adresse à vous lectrices, blogueuses, mais surtout mamans, pour avoir votre avis ( les papas sont les bienvenus aussi).

Cet enfant est né fatigué ! Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il a fait ses nuits tout de suite pour récupérer, ce serait trop beau, non, il est fatigué pour les corvées et tout le quotidien.

J’en avais déjà parlé ici, s’habiller seul faisait toute une histoire, et là encore ce n’était pas un problème de développement mais un mélange entre la flemme et le désir même pas dissimulé de rester le bébé de maman.

Un truc qui le fatigue énormément en ce moment c’est d’aller aux toilettes, donc il attend le dernier moment et multiplie les « accidents ».

Si vous êtes en pleine pause déjeuner je vous déconseille de lire la suite, ce billet va devenir plutôt dégueu et odorant…

Lorsqu’il s’agit de quelques gouttes dans la culotte parce qu’il était trop occupé à  jouer, ça me gonfle mais c’est humain, tous  les enfants se sont  fait avoir au moins une fois, ils jouent, ils se tortillent car ils iront plus tard et plus tard… c’est trop tard.

Bref, les accidents de pipi ne me gênent  pas trop tant qu’ils ne sont pas trop fréquents.

Mon problème actuel et celui de Petit Monstrou concerne la «  grosse commission », les crottes, les bronzes, bref ce truc puant, souvent collant qu’on doit absolument faire tous les jours ou presque, pour être en bonne santé, mais dont on ne parle jamais.

A aucun moment vous n’avez dit à votre meilleure amie « ah bonjour ma bichette, comment ça va, tu as fait ton caca ce matin ? », pas plus que vous ne demandez à votre directeur s’il ne serait pas un peu constipé en ce moment car il l’air tendu (même si vous le pensez très fort).

Mais revenons à nos étrons, ou plutôt ceux de Petit Monstrou qui depuis plus de deux mois les commence systématiquement dans la culotte.

Dernier avertissement pour ceux qui grignotent, là ça va devenir carrément gore…

Non seulement il commence dans la culotte mais surtout, il vérifie avec sa main pour « voir » s’il  y a du caca ou pas…  oui vous pouvez le dire : beuuuuuuuuuuuuurkkkk !

Parce que une fois qu’il a « vérifié », généralement il en a plein les doigts qu’il essuie à peu près n’importe où… sur ses vêtements en priorité mais également sur mon mur de salon récemment…

On le surveille comme de l’huile sur le feu, dès qu’il se tortille ou au moindre petit pet on l’invite à se rendre dans les toilettes les plus proches et à se débarrasser normalement de ses excréments mais non, il répond qu’il n’a pas envie et peu de temps après c’est la trace de frein, voir le pneu entier dans la culotte ET sur les doigts !

Au début on lui a trouvé des excuses, nous étions en vacances, ce n’était pas le même rythme « toussa », puis Août a été un peu compliqué, il était peut-être inquiet, stressé…

Mais là on arrive au bout des excuses valables et ça continue… J’en arrive à m’inquiéter lorsqu’il est sur le canapé (jaune) en me demandant s’il a les doigts bien propres… du coup je l’envoie se laver les mains constamment et lorsqu’il vient me faire un câlin je ne peux m’empêcher de le renifler.

On l’a raisonné, puni, privé de parc, on lui a fait frotter ses culottes au savon mais rien n’y fait…  J’ai bien envisagé de lui coller la honte et de l’envoyer à l’école en couche mais je ne veux pas qu’il soit la risée de sa classe …

Alors aujourd’hui je lance un SOS , un appel aux idées géniales pour que cesse ce « cacathon » qui dure depuis fin juin…

Que faire ???

 

 

Un seul être vous manque… alors deux !

Nous voici donc partis en amoureux, pas vraiment par plaisir comme nous le faisons parfois lorsque nous faisons des matinées spéciales « seul avec Papa » puis « seul avec maman » pour que chaque Monstrou puisse profiter un peu de ses parents sans son frère.

Grand Monstrou était super content car «  pour une fois il n’était pas puni en même temps que son frère, ni  à cause de son frère ».

Arrivés au Mc Bof, il a joué moins de cinq minutes avant de me rejoindre pour passer lui-même sa commande. En ce moment il aime tout faire lui-même et surtout je le constaterai plus tard, jouer dans l’aire de jeu  sans Petit Monstrou ne lui convenait pas.

Nous avons  donc absorbé notre malbouffe en nous réjouissant de n’être que tous les deux, sans que j’ai besoin de râler sur Petit Monstrou pour qu’il :

–          Mange un peu

–          Arrête de grimper, sauter, tomber, sur le banc, la chaise, la fenêtre…

–          Ne joue pas avec la nourriture

–          Etc…

Mais bon, c’était tout de même un peu glauque, nous n’avions pas grand-chose à nous raconter et le calme qui régnait à notre table ne semblait pas naturel, tant il était inhabituel.

Devant une frite tordue, j’ai eu une pensée émue pour mon pauvre Poux, coincé à la maison avec la furie de 5 ans en plein apprentissage de la vie, de ses hiérarchies et de ses contraintes.

Le « dîner » avalé Grand Monstrou est reparti jouer et j’ai longuement hésité à appeler la maison pour prendre des nouvelles. Mais non ! Je saurai bien assez tôt si mes deux «  forts caractères » s’étaient réconciliés ou au contraire écharpés à coup de sabres lasers, de lancer d’objets divers et bizarres et de fessées carabinées.

J’étais un peu inquiète mais je ne culpabilisais pas du tout, cette punition était absolument parfaite pour faire comprendre à Petit Monstrou qu’il avait dépassé les bornes et  que l’heure de sa dictature de petit tyran en puissance n’était pas encore arrivée.

N’empêche que le Mc Bof toute seule, un samedi soir c’est un peu sinistre, au lieu d’échanger enfin quelques phrases avec mon Poux voyageur, je m’ennuyais comme un rat mort.

Pourtant autour de moi se jouait un cinéma écossais assez sympathique que je vous conterai plus tard car j’ai eu tout mon temps pour observer les tables alentours et les interactions des  clients du samedi soir au Mc Bof.

Enfin pas tant de temps que ça parce que Grand Monstrou est revenu assez vite auprès de moi : il s’ennuyait ! Il y avait plein d’enfants de tous âges dans l’aire de jeu mais le petit frère qui l’agace tant, dont il souhaite régulièrement qu’on ne l’ait pas eu, lui manquait !

Voilà que mon grand « dur », tellement habitué à arriver en force avec son partenaire  de jeu, son complice aussi bien que son souffre douleur, me faisait une crise de timidité.

Nous nous sommes retrouvés, un samedi soir, à jouer avec le maître Shifu de Kung-Fu Panda  sous l’œil ironique des ados d’à côté. J’avais envie de leur dire : «  profitez de votre liberté parce qu’un jour, vous rencontrerez quelqu’un, et ensemble, vous ferez des gamins, au début absolument charmants mais qui finiront par vous rendre suffisamment  chèvre pour que vous atterrissiez au mac bof seul avec l’un d’entre eux, un samedi soir, pour faire tourner des maîtres Shifu  en plastique sur une table » !

Bref, nous n’avons pas trainé et en rentrant  à la maison j’ai retrouvé un Petit Monstrou charmant qui m’a fait une vingtaine de bisous d’affilée en me demandant pardon.

J’étais RAVIE , cette punition avait fonctionné aussi bien pour discipliner Petit Monstrou que pour prouver à Grand Monstrou que quoi qu’il en dise, son frère lui manque s’il n’est pas là..

Non vraiment j’étais contente jusqu’au lendemain lorsque Petit Monstrou a planté son regard bleu, glacial et limite diabolique dans le mien pour me dire «  Mais quand il n’y aura pas Papa, tu ne  pourras pas recommencer cette punition »…

Au secouuuuuuuuuurs !!!  Ce gosse aura ma peau c’est sûr !!

La Cérémonie !

 

 

Hier mon « petit » Monstrou a eu  5 ans et en rentrant de l’école, outre les nombreux coups de fil de la famille et des amis, outre le fait que nous devions vite repartir car j’allais gueuler un bon coup assister au second conseil d’école de l’élémentaire, nous avons procédé à la cérémonie de la « remise des tututes ».

Oui, mon filston avait encore une tutute a 4 ans et 364 jours et alors ??? Je suppose sais qu’il n’ira pas passer son bac avec (le brevet des collèges éventuellement).

Bref, ce jour était grand, mon garçon aussi, il était décidé et nous avons donc procédé à la mise sous enveloppe de tout le stock de tututes pour les envoyer aux enfants pauvres.

Mais les enfants pauvres se moquent bien des vieilles sucettes de mon Monstrou me direz-vous.

Oui, je sais, mais c’était aussi symbolique qu’important pour lui, de passer ce cap  en transmettant ses tututes  adorées à quelqu’un qui en a besoin. A force de leur répéter qu’on ne joue pas avec la nourriture parce qu’il y a des enfants qui n’en ont pas, mes monstroux se sentent très concernés par la pauvreté, et même si ça reste totalement abstrait  pour eux, avec leurs petits moyens et leur drôles d’idées, ils ont envie de partager et je ne vais certainement pas les contredire.

Grand Monstrou a participé car il avait légué les siennes à son frère lorsqu’il avait arrêté et qu’il voulait bien sûr prendre part à la « cérémonie ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autant je donne les habits trop petits, les jouets trop «  bébé », autant les sucettes ça m’embête car même si je sais qu’elles sont propres, qu’elles sont pour les « grands » bébés, je me dis que les Mamans n’en voudront pas… Du coup j’ai planqué l’enveloppe dans un placard, en attendant le moment opportun de les jeter.

Vous les auriez données ou jetées vous ?

Et sinon, la première nuit s’est bien passée, un ptit coup de cafard en se couchant mais comme Petit Monstrou avait passé la soirée avec ses deux copines et le mari de Céline pendant notre réunion, il était bien fatigué… On n’est pas encore tirés d’affaire, j’appréhende un peu les prochaines nuits, le prochain virus…

Mais puisqu’il a réussi toute une nuit sans tutute, nous sommes sur la bonne voie !

Je suis très fière de lui bien sûr mais je ne peux m’empêcher de me dire, avec un petit pincement au coeur, que mes monstroux grandissent un peu plus chaque jour et que je n’y peux rien !

Même pas les supplier de ne pas grandir trop vite… d’ailleurs, à la fin de la cérémonie, j’ai pris ma voix de présentatrice télé et annoncé :  » je  déclare officiellement qu’à partir de ce jours, vous êtes de grands garçons ».

Bien sûr, ça les a ravis, mais une petite voix dans ma tête me répétait « petits enfants : petits soucis, grands enfants : grands… »

Et vous ? Ça vous inquiète de les voir grandir si vite ?

 

Dis Maman, je partage ou je ne partage pas ?

J’ai un souci…

Grand Monstrou est entré à la Grande école cette année… Il fait donc de nouveau partie des plus petits, mais aussi des plus naïfs.

Et à la «  grande école », on joue aux billes, nous nous sommes donc procurés des…billes (c’est bien vous suivez), pour que Grand Monstrou ne soit pas à l’écart de ces formidables instants de racket d’échanges et de jeux.

Au mois de septembre, chaque matin, Grand Monstrou  partait à l’école avec dans son cartable 6 à 8 billes et il revenait systématiquement sans RIEN le soir. Au début, j’ai trouvé ça normal, il apprenait à jouer et perdait contre les plus grands. Nous avons même passé quelques soirées à quatre pattes dans le jardin pour nous entrainer, mais croyez-moi si vous le voulez, la jeune génération ne joue absolument pas correctement : leurs règles sont vraiment du «  n’importe quoi » ( comprenez qu’ils ne jouent pas du tout comme on jouait lorsque je trouais mes jolis pantalons de velours sur le bitume de la cour).

Ces entrainements auront un peu servi car il ramenait parfois quelques billes et parvenait même à gagner des «  rares » qu’il s’empressait de me montrer à peine sorti de l’école ( et avant même mon bisou du soir : SIC) , mais la plupart du temps il continuait à ressortir  les poches vides et l’œil triste.

Ce n’est pas tout ça, mais les billes ne poussent pas dans mon jardin, même si je soupçonne Petit Montrou d’en avoir planté quelques unes  (pour le plus grand bonheur de la tondeuse au printemps prochain !).

En fait Grand Monstrou ne perdait pas à chaque fois, mais tous les jours il donnait des billes à ceux qui n’en avaient pas et «  tu comprends Maman, j’ai prêté une bille à machin mais il se l’est faite tiquer ».

Hum… c’est exactement les valeurs que nous voulions faire passer à nos monstroux : on partage les choses avec ceux qui n’en ont pas.

Bon et là maintenant que je dois acheter des billes tous les week-end comment je lui explique que «oui, on partage, mais pas tout le temps non plus ». Parce que mon Grand Monstrou était devenu le fournisseur officiel de billes de la cour, donnant à qui voulait, même à des élèves qu’il ne connaissait pas.

J’ai tenté une première régulation en expliquant que c’était bien d’être généreux, de partager, mais que là, c’était un peu trop puisque du coup il n’avait même plus de billes pour lui.

Et là, dans les yeux de mon fils j’ai vu l’incompréhension voire la déception PARCE QUE  j’étais en train de lui dire EXACTEMENT le contraire de ce que je lui serinais depuis presque 6 ans !

Comment expliquer à son enfant qu’il faut toujours partager mais qu’il arrive un moment où on se fait avoir ?

J’ai littéralement pédalé dans la semoule pour me justifier et j’ai fini par lui dire qu’il pouvait dépanner ses copains à condition qu’on lui rende ensuite les billes prêtées et qu’il ne devait pas donner de billes à des grands qu’il ne connaissait pas.  Parce que je soupçonne les grands de s’être passé le mot «  y’a un ptit Cp là-bas, si on lui dit qu’on n’a rien il donne ses billes ».

Cette solution ne me convient absolument pas, donner seulement à ceux qu’on connait reviens à dire à son enfant que dans la vie on n’aide que nos amis, que si l’on voit quelqu’un en panne sur le bord de la route on ne s’arrêtera que si on le connait…

Comment est-ce que j’apprends la solidarité à mon fils si je le limite ainsi ?

En même temps, nous les adultes, avec qui sommes nous solidaires ? Avec qui partageons nous nos bons plans, les habits trop petits ?

Je me souviens d’un dîner où j’expliquais  aux monstroux  à quel point je déteste gâcher la nourriture parce qu’il  y a plein d’enfants qui n’en ont pas. Nous avons parlé des enfants Chinois ( entre autres ) qui au lieu de jouer aux billes sont exploités dans des ateliers de confection.

Grand Monstrou voulait prendre l’avion pour leur emmener de la nourriture mais là encore j’ai cassé ses illusions parce que même si nous emmenions tout le contenu de notre frigo cela ne suffirait pas…

Parce que changer le monde ne semble simple que lorsqu’on est enfant, et que nous les adultes sommes trop pris par : cette machine à laver à remplacer,  ces taxes à payer, cette neige qui nous embête, les cadeaux de Noël qu’il faut préparer…

Et si pour cette année on essayait de regarder un tout petit peu plus loin que notre nombril et nos menus de fête ?

Et si cette année on trouvait dans nos foyers suréquipés, dans nos emplois du temps surchargés , de quoi aider un peu les plus démunis ?

Partager, être solidaire c’est par exemple aller jeter un œil sur ces sites pour voir ce que l’on peut faire :

http://www.restosducoeur.org/

http://www.emmaus-france.org/

C’est déneiger le trottoir de la voisine qui est trop âgée pour le faire, aller passer deux heures au service pédiatrie de l’hôpital le plus proche, pour lire des histoires aux enfants malades, c’est donner des vêtements chauds aux associations qui les collectent plutôt que de les revendre sur Ebay…

Alors cette année, pour Noël, j’avais demandé un Kiné (un vrai, à domicile, pour me masser tous les jours voire plusieurs fois par jour), mais finalement je voudrais qu’on fasse tous un geste quel qu’il soit pour que je puisse continuer à dire à mes fils que dans la vie, dès qu’on en a l’occasion on se doit d’aider et de partager !

Qui est avec moi ?

Ce billet est ma contribution rêveuse à la plus belle liste de Noël de Chocoladdict et de Virginie B.

J’aime pas tes potes : reste donc avec Môman !

Suite et fin (temporaire, je crains le pire pour l’adolescence…) des amitiés dérangeantes de mes Monstroux.

Souvenez-vous, Grand Monstrou était allé à l’anniversaire de R. il en était revenu enchanté et moi estomaquée, affolée et fort contrariée…  A la rentrée suivante, à notre tour nous avons invité R. à l’anniversaire de Grand Monstrou , tout s’est bien passé, je n’ai même pas revu les parents car c’est la grande sœur qui l’a accompagné.

Je croisais de temps en temps la Maman devant l’école où elle me racontait des bribes de sa vie avec  de nombreux détails ET grossièretés (que les enfants l’entendent ou non : j’adore !).

Et puis au mois de Mai elle m’interpelle dans le couloir devant la classe des garçons : «  au fait R. fête son anniversaire le 22 on compte sur Grand Monstrou »

Youpi, j’avais la réponse toute prête : «  oh zut, nous ne sommes pas là ce week-end là, nous serons dans  le nord chez mes beaux-parents » (pour une fois, j’étais presque contente d’aller chez eux !).

Et là… du tac au tac elle me répond : «  ah, ben alors on va changer la date car c’est très important pour R. que Grand Monstrou soit là ».

K.O je n’ai pas eu le réflexe de m’inventer un programme ultra chargé TOUS les weed-end jusqu’à la fin de l’année donc j’ai jusque acquiescé, résignée.

J’appliquerai  donc le plan B qui consistait à honorer l’invitation de R. mais en me tapant l’incruste chez lui TOUT l’après-midi, des fois que le Papa ne décide (encore) d’arroser copieusement les 5 ans de son fils.

Cet après-midi promettait  d’être long et pénible  mais pour RIEN  AU MONDE je n’aurais laissé mon fils de nouveau  seul chez les parents de R.

Le jour J à l’heure dite : personne chez R. Nous sonnons, re-sonnons en vain, apparemment la maison est vide ( il doit y avoir un dieu des mères-poules qui a eu pitié de moi !), j’avoue que je n’insiste pas plus que ça, je promets une activité super rigolote à Grand Monstrou pour  lui faire digérer sa déception et nous rentrons.

Le lundi je croise la Maman de R. en béquilles, à l’école qui s’excuse et me raconte une histoire abracadabrante : en bref, le vendredi soir elle s’est battu  dans la rue avec un ado qui embêtait sa fille, elle est tombée et s’est blessée au genou, du coup samedi elle était hospitalisée.

Traitez-moi d’égoïste si vous voulez mais je frissonne, même pas à l’idée qu’elle en a pour des mois en béquilles, mais à celle que ce «  drame familial » aurait pu se produire en pleine fête d’anniversaire, devant mon Monstrou ! C’est un peu comme la goutte d’eau qui ferait déborder le vase, il est hors de question que je laisse mon fils retourner dans une maison ou l’apéro commence au milieu de l’après-midi  pour le père et où la mère se bat comme une chiffonnière dans la rue.

(Ceci dit, si un vilain ado boutonneux et mal embouché venait devant chez moi agresser mes « bébés » de 15/16 ans, en attendant l’arrivée des forces de l’ordre, je pense que je finirais par intervenir aussi !).

A l’entrée en grande section, Grand Monstrou a été très déçu que R.ait quitté l’école : PAS MOI ! Outre les invitations glauques à éviter à tout  prix, ce petit avait appris de drôles d’expressions à mon fiston, égoïstement encore, j’ai pensé «  bon débarras » ! Oui je sais, c’est méchant, osez dire que vous n’auriez pas fait pareil !

Et puis en Septembre, jour de l’entrée à la «  grande » école, en CP, un gamin m’interpelle dans la cour : «  hey salut ! ». C’était le petit R. revenu dans notre village et encore une fois dans la même classe que Grand Monstrou (le dieu des mères-poules était-il en RTT ?).

Depuis, un soir sur deux le petit R. me harcèle parce qu’il veut inviter Grand Monstrou à diner. J’ai commencé par lui dire  gentiment que lorsqu’on s’adresse à un adulte, on ne lui dit pas «  Salut », d’une, ça ne peut pas lui faire de mal, de deux, ça l’a suffisamment scotché pour que  je n’ai pas besoin de répondre.

Bien sûr, il est revenu à la charge alors j’ai bafouillé que là, on était un peu débordés et que sa maman n’avait qu’à me téléphoner (tout en notant mentalement de souscrire à la liste rouge le soir même).

Depuis, je me planque le plus possible derrière ma copine Céline pour ne pas me faire accoster par R. et nous avons trouvé une solution : s’il revient inviter Grand Monstrou à dîner je dirai :

1/ Il ne peut pas il mange chez Céline

2/ Il s’est si mal conduit chez Céline que je l’ai puni, il n’ira plus dîner chez personne jusqu’à ses 18 ans, c’est ainsi et ce n’est pas négociable !

Même si c’est faux, ça me tente bien comme punition parce Grand Monstrou a le don pour se trouver des copains «  à problèmes » ou encore des copains «  enfants-rois » qui ont tous les droits chez eux, dont les parents sont totalement dévoués et SOUMIS (« il est très sensible, ça lui fait de la peine si je le fâche ») et ça n’est pas  beaucoup mieux…

En même temps, on ne fait pas des enfants pour les garder pour soi, et ça leur fait du bien de voir  d’autres schémas familiaux, d’autres  fonctionnements et d’autres adultes, car je suis bien consciente que même si je critique les autres familles la notre est loin d’être parfaite…

D’ailleurs comme je n’arriverai jamais à être une «  wonder-mommy », je postule pour le statut de «  mère indigne » parce que c’est la mode (n’est-ce pas Carole ?), et parce que des erreurs d’éducation j’en fais TOUS LES JOURS ! (mais c’est plus facile de voir la paille dans l’œil des voisins…)

Et vous ? Vous faites comment avec les copains de vos enfants ?

J’aime bien ta copine, sa mère est à baffer !

Voici donc la suite du billet «  j’aime pas tes potes, encore moins leurs parents »…

Petit 2 : bonjour ! puis-je en coller une à ta mère ?

Continuons avec les fréquentations de Grand Monstrou et sa copine C. dont je ne donnerai pas, bien évidement,  le vrai prénom ici.

Grand Monstrou la connait bien, puisqu’ils sont dans la même classe depuis la petite section, il m’en parle  souvent pour me décrire ses « bêtises » et encore cette année, en Cp,  il me racontait l’autre jour, qu’elle s »était endormie en classe.

Je la connais un peu car il m’est arrivé de participer à des sorties scolaires ou à des ateliers ( cuisine, nature), avec la classe de Grand Monstrou. C’est effectivement une petite fille bien remuante, mais ce que j’avais surtout remarqué à l’époque c’est qu’elle était en recherche permanente de contact/interaction avec l’adulte (quitte à faire la fofolle pour se faire remarquer).

Une petite fille bien attachante donc, qui venait me faire la bise tous les matins l’an dernier lorsque je traversais la cour pour accompagner Petit Monstrou dans sa classe alors que les moyens et grands jouaient dans la cour.

Parce qu’elle m’a dit une fois qu’elle partait chez son Papa pour le week-end je sais que ses parents sont séparés, comme nous vivons dans un petit village, je vois à peu près qui ils sont, mais je ne les connais pas personnellement.

Jusqu’à ce que, la semaine dernière, je me retrouve juste derrière sa Maman à la caisse du supermarché. Il y avait une longue file d’attente et lorsqu’elle nous a vus, C. s’est montrée ravie de revoir mes deux monstroux, ravissement qui bien sur, à engendré des rires, des bousculades, des espiègleries… de trucs d’ENFANTS coincés derrière un caddie quoi !

Rien de vraiment gênant, et je vous assure que,  entre mon Petit Monstrou qui s’est assommé au rayon frais à force de faire le fou et Grand Montrou qui un jour a escaladé une tête de gondole (« parce que c’était drôle ») pendant que je vidais mon chariot, je SAIS quels sont les comportements gênants !

Mais la Maman de C. semblait excédée et ne cessait de l’invectiver plutôt sèchement. Loin de moi l’idée de la juger sur ce point, régulièrement, mes loulous sont supers pénibles pendant TOUTE la durée des courses et je pense que la moitié des hôtesses de caisse m’ont déjà vue les houspiller sèchement moi aussi, à deux doigts de les planter dans le bac des promotions de la semaine pour les revendre !

Donc parce que C. rigolait avec Grand Monstrou, elle lui a annoncé qu’elle n’aurait pas de bonbon en rentrant…( que celle qui n’a pas tenté de soudoyer ses  enfants en leur promettant une récompense à la fin des courses lui jette la première pierre). Ça c’est un peu gâté lorsque la petite a répondu que quand elle aurait 18 ans elle aurait tous les bonbons qu’elle voudrait.

Là, la mère s’est esclaffée « ah oui, oh là là que je serai tranquille quand tu auras 18 ans ! » (perso, j’ai fait promettre à mes enfants de ne PAS quitter le nid avant 25 ans…ça fait bien rire mon Poux qui dit que j’en aurai marre avant). Puis elle a ajouté une très vilaine remarque sur le fait que dès la semaine suivante elle aurait la paix puisque C. serait chez son père ( je ne peux pas retranscrire le ton, un mélange de mépris et de satisfaction), et là elle pouffe en direction de son compagnon : « la semaine prochaine, je refile le boulet à mon ex, ça lui fera les pieds ».

Fin de l’altercation, je n’étais pas très à l’aise quand la Maman m’accoste pour me prendre à témoin et me dire que c’est « chiant » (hum !) les enfants dans les grandes surfaces. Je lui dis que là ils sont plutôt calmes et que ce n’est drôle pour personne de faire les courses ou d’attendre à la caisse ( qui décidément n’avance pas).

Les enfants sont effectivement plutôt calmes, C. et Grand Monstrou parlent « billes » et Petit Monstrou, qui a du sentir mon malaise, est collé à moi. C. éclate de rire et fait une grosse grimace à Grand Monstrou qui réplique immédiatement (tu penses, des années d’entrainement dans la voiture !).

Là, le « charmant » monsieur qui accompagne la Maman de C. l’interpelle «  ahhh mais arrête donc de faire ça, t’es encore plus moche comme ça ma pauvre fille» (dans le ton se mêlaient : dédain, dégout et bien évidemment la méchanceté, la volonté de blesser… à moins que ce ne soit seulement de la bêtise !).

Et la mère d’ajouter « ouhh, oui que tu es vilaine ma fille ! »

J’ai eu tellement mal au cœur pour C. que dès que le gros mufle s’est retourné (pourvu que ça ne soit pas le nouveau copain de la maman) , je me suis penchée vers elle et je lui ai  dit «  et bien moi je te trouve très jolie ». Parce que, effectivement, il ne lui a pas dit qu’elle était chiante, il ne l’a pas frappée, mais pour moi c’est encore pire ! Ils l’ont rabaissée, il s’est moqué, il a cassé sa confiance en elle (si toutefois elle en avait encore) et sa mère l’a enfoncée au lieu de la défendre.

J’étais tellement sous le choc que je ne me souviens plus pourquoi, alors que son tour en caisse était enfin venu, la mère de C. l’a cette fois « privée de jouer dehors » (je cite) pour le soir même.

Par contre j’ai immédiatement retrouvé mes esprits quand elle s’est retournée vers moi pour me dire « ah tiens, comme ils sont copains, il faudra que votre fils vienne jouer à la maison » j’ai pensé «  moi vivante, ça n’arrivera jamais ! » (jetant un regard noir au gros rustre) et j’ai répondu «  là, ça va être compliqué, parce que mon petit va se faire opérer, on ne peut pas faire de projets ».

En rentrant j’étais malheureuse pour cette petite fille et j’ai été encore plus Maman poule avec mes monstroux, comme pour compenser…

Alors, c’est vrai, cette Maman là, n’a pas dit (devant moi) à sa fille qu’elle était chiante, mais remontés comme ils étaient contre la petite, son compagnon et elle, je me dis que C. n’a pas du passer une bonne soirée… D’ailleurs, est-ce qu’elle en passe souvent des bonnes soirées C. ?

Crédit photo : winio_janik sur flickr

J’aime pas tes potes, encore moins leurs parents !

Grand Monstrou a plein de copains : c’est chouette (contrairement à son vieux père, il est sociable !). C’est important d’avoir des amis, une vie sociale et bien entendu ça me rassure de savoir qu’il est apprécié et pas tout seul, abandonné au fond de la cour, comme un pauvre malheureux.

C’est d’autant plus rassurant que Grand Monstrou a eu des débuts difficiles  en petite section.

Lorsque nous sommes rentrés des USA pour nous installer en France, il avait deux ans et à tout perdu d’un seul coup, sa maison, ses « copains » et «  copines » de la gym et de chez la nounou (si toutefois on peut parler de « copains »  à cet âge-là), et surtout ses repères.

Nous avons également perdu au change au niveau du climat, en Californie nous sortions jouer dans le jardin tous les jours à quelques exceptions près, nous sommes arrivés en France fin Décembre, par moins 11 degrés et les deux monstroux ont immédiatement goûtés aux joies des bronchiolites, angines, rhinopharyngites etc. donc nous ne sortions affronter le terrible hiver français que contraints et forcés. Ce n’est qu’avec l’apparition des beaux jours que Grand Monstrou a pu «  resocialiser » un peu et se faire des ptits copains avec qui jouer au square où nous allions l’après-midi.

Malheureusement ( et heureusement), notre maison était enfin libre et nous avons quitté le petit appartement de région parisienne ET le square pour nous installer dans notre chez nous.

Entre le déménagement, les visites chez les Grands parents et l’arrivée dans un nouveau village en plein Juillet, Grand Monstrou n’a pas vu beaucoup d’enfants durant l’été et nous ne nous sommes pas rendus compte tout de suite qu’après avoir souffert du changement de pays, il souffrait d’avoir perdu ses tous nouveaux copains.

Les premiers mois en Petite Section il frappait tout le monde, j’en étais malade avant d’aller le chercher, qu’allait m’annoncer la maitresse cette fois-ci ? C’était sa manière à lui de nous dire « chaque fois que je m’attache à quelqu’un on s’en va, maintenant je n’aime plus personne ».

Cette période m’a parue bien longue mais elle n’a pas duré tant que ça et Grand Monstrou s’est fait plein de copains…

Et c’est là que mes problèmes commencent : je n’aime pas ses copains, encore moins leurs parents.

Petit  1 : le copain « chiant »

Ce n’est pas moi qui le dit c’est la propre mère du fameux copain qui lui répète sans cesse quand elle ne lui pince pas les joues pour le faire obéir. Comme le garçon en question est un très bon copain de Grand Monstrou, nous l’avons eu à la maison, nous sommes allés chez lui, ou bien nous allions au parc ensemble et, systématiquement, il y avait des remarques du genre «  merde alors qu’est-ce que t’es chiant aujourd’hui »…

Entendons nous bien, mes monstroux aussi sont «  chiants » mais je ne leur dit pas, je leur dit qu’ils sont pénibles, usants, fatigants mais pas « chiants » parce que, puisque je ne veux pas qu’ils disent des «  gros mots », je commence par ne pas en utiliser moi-même… J’ai remplacé le fameux «  Putain » du Sud-Ouest par «  Punaise » ou « Purée » qui finalement manifeste aussi bien mon mécontentement tout en restant dans un vocabulaire correct.

Je sais fort bien qu’une des premières choses que les enfants partagent à l’école (après les microbes) ce sont les gros mots, savoureux parce que « interdits », «  gros », «  vilains » et attrayants aussi parce que «  rares » et inusités à la maison.

UNE FOIS, alors qu’ils avaient transformé (encore une fois) la salle de bain en piscine municipale, j’ai explosé et je leur ai crié qu’ils étaient « vraiment chiants » à me faire le même coup tous les soirs etc… Et là, j’ai vu leurs yeux ronds fixés sur moi, mes enfants étrangement silencieux, estomaqués, jusqu’à ce que je réalise ce que j’avais dit ! J’en ai entendu parler pendant des semaines, toute la famille l’a su (tu parles ! Le raconter permettait de réutiliser  mot interdit sans être puni puisque c’est la vilaine Maman qui l’avait dit). Mais ça les a marqués parce que c’était totalement inhabituel !

Est-ce que j’ai tort d’être choquée par le nombre inquiétant de mamans qui usent et abusent du mot « chiant » ( pour ne citer que celui là) à la sortie de l’école ? Est-ce que « chiant » serait  passé dans la catégorie des adjectifs appropriés pendant que j’étais aux Etats-Unis ?

Est-ce que c’est de l’élitisme que de ne pas souhaiter que mes fils aillent jouer dans des familles ou la vulgarité est quotidienne ?

En même temps, ça leur montre que toutes les familles ne fonctionnent pas de la même façon, que tout le monde n’a pas les même règles… et si j’écris ça montre que « tout le monde n’a pas les mêmes valeurs » est-ce que je suis en train de virer «  bourgeoise » ?

Je me doute bien que dans quelques années, quand ils auront mué et qu’ils auront trois poils sous  menton, ils me diront de leur voix éraillée «  pffff t’es chiante M’man, je l’ai rangée le mois dernier a chaaaaammbre »…

Mais pour le moment,  à 4 ans et demi et 6 ans je préfère épargner encore un peu leurs oreilles et laisser aux « gros mots » leur statut «  exceptionnel », le genre de mot qu’on lâche quand on a vraiment un pépin, ou qu’on dit tout bas à Maman le soir quand on «  vide sa collection de gros mots entendus dans la cour ».

Et vous ? Ca vous choque ces mamans qui traitent leurs enfants de « chiants » ou bien vous en faites partie ?

(Les petits 2 et 3 suivront….)

Fameuse ou fâcheuse épreuve de Philo…

Mince moi qui voulais faire un billet sur le foot, c’est fichu, nous ne sommes plus en course, les journaleux vont devoir se remettre au boulot et nous trouver de vraies infos ! Flute on me souffle dans l’oreillette qu’on a encore une malchance de continuer à entendre brailler les voisins rester en lice !

Parce que perso, le foot ne me détend  pas, et même si je trouve ça parfois drôle, ça me fatigue de voir les joueurs se rouler par terre en couinant au moindre petit coup reçu, ça me rappelle mon quotidien avec les monstroux qui sont, d’ailleurs,  bien plus résistants !

Mr Poux l’a bien compris et l’autre soir alors que j’avais subtilement subtilisé la télécommande pour lui éviter toute tentation  il n’a pas bronché, et à supporté avec moi la série américaine pourtant peu attrayante que j’avais sélectionnée au lieu de zapper sur le match  France – Mexique. Je vois d’ici Nelly pointer le bout de son nez et «  glouglouter » :

–          « Je te l’avais bien dit : Mr Poux est formidable ».

Je crois plutôt que je l’ai écœuré lors du dernier match qu’il a tenté de regarder, en commentant absolument chaque postérieur présent sur le terrain (je n’arrivais pas à voir la balle elle bougeait tout le temps !).

Bref, parlons donc d’un sujet également d’actualité : la philo et la terrible épreuve que viennent de subir nos futurs (ou non ) bacheliers.

De mon temps le bac que j’avais choisi de passer s’appelait «  A2 » ce qui signifiait lettres et langues. C’était déjà une appellation un peu saugrenue vu que nous n’avions pas plus d’heures de français ou de  langues que les scientifiques ! Au mieux nous en avions une langue vivante de plus quand les matheux n’avaient pas choisi d’étudier une langue «  morte ».

Par contre, en terminale, on se coltinait 8H00 de philosophie ce qui, si l’on tombait avec un mauvais prof, se transformait très vite en supplice ! Or, les profs n’échappent pas à la règle de tous les métiers, il  y a les bons et les mauvais… (et même les très bons et les très mauvais).

Le prof de philo de la section littéraire était un quadra voire même un quinqua ( bref il avait l’air VIEUX) qui  nous a pris de haut dès le début. Style le grand penseur qui ne voit pas pourquoi il doit nous expliquer la philosophie alors qu’on ne va, de toute façon, rien y comprendre (  fallait pas enseigner hein !).

A part quelques greluches qui le trouvaient charmant, nous l’avons tous détesté dès la première semaine et son approche de l’enseignement, sa façon de nous faire comprendre qu’on ne serait jamais des philosophes nous a très vite fait appréhender toutes ces heures de la semaine que nous devions passer dans sa classe.

Avant de décrocher complètement et de ne plus faire que ma correspondance ou des batailles de stylos avec mes copines pendant ses cours, je me souviens d’avoir étudié le «  beau ».

A 17 ans ce que je trouvais beau c’était mon voisin de droite  ( jusqu’à ce qu’il soit absolument ravagé par une crise d’acné), peu m’importait le pourquoi et comment on définissait le «  Beau ». J’ai pourtant du lire Kant, Hegel , et même  Alain (deux fois)  à ce sujet , ça ne m’a fait ni chaud ni froid,  alors que mon voisin … Bref , je n’étais pas passionnée et je n’ai pas appris grand-chose.

Jusqu’au jour où le prétentieux s’est coincé le dos ( quand je vous disais qu’il était vieux !) et a du s’absenter pour une lonnnngue ( et bonne) période.  Bien entendu nous étions enchantés à l’idée de toutes ces heures de «  perm » que nous allions récupérer, mais nos parents eux, ont commencé à paniquer, un bac de philo sans prof de philo ça «  craint ».

C’était le bon temps où l’éducation nationale remplaçait encore les profs absents et  très vite  une jeune prof  est arrivée au beau milieu des  préjugés et des  ragots qui étaient monnaie courante dans mon lycée et le village. Les parents (encore eux), au lieu de se réjouir d’avoir une remplaçante doutaient de ses compétences car elle venait d’un «  mauvais » lycée.

Pour nous par contre, ce fut la fin du bazar dans les cours de philo, que nous passions à refaire le monde dans de grands débats qui débordaient souvent sur le cours suivant. Même si les textes imposés n’étaient pas vraiment de notre goût, elle réussissait toujours à leur donner un intérêt et si je persiste à dire qu’à 17 ans on n’est pas vraiment prêts pour la philo, en seulement trois mois elle nous a appris beaucoup plus de choses que Mister «  prétentieux ».

Elle nous a notamment appris une chose essentielle :  dans la dissertation proposée dans les sujets du bac, la plupart du temps, la réponse EST DANS la question. En fait les créateurs des sujets sont issus du même moule que notre prof officiel ils pensent qu’on est tous des neuneus et qu’il vaut mieux nous guider un peu dans la question.

C’est ce qui m’a sauvée le jour du bac, baratineuse comme je suis, j’ai bien entendu choisi la dissert’ et le sujet était plutôt bien orienté je ne m’en souviens plus au mot près mais c’était du genre : «  la vérité est-elle toujours bonne à dire ?».

Et voilà, un petit cadeau bonus des rédacteurs de sujet, ce petit mot «  toujours » signifie qu’ils veulent lire que non, pas toujours justement, pas forcément.  Donc, on fait comme il est suggéré dans le sujet : partie 1 : oui partie 2 : non et en conclusion on a le droit de partir dans le délire de notre choix, il parait que les philosophes aiment bien les esprits tordus .  Je ne vous cache pas que ce que je préférai dans les disserts c’étaient les conclusions.

Lorsque le «  prétentieux » est revenu, il avait des lombaires toutes neuves mais toujours pas la fibre pédagogique et nous avons repris nos activités dissidentes pendant ses «  cours ».  Dans un de ces grands moments  de régression totale pour lutter contre l’ennui qui nous tenaillait huit longues heures par semaine, il m’avait dit que je n’étais qu’une » gamine qui n’aurait jamais la moyenne en philo ».

Alors de longues années plus tard, je peux vous l’avouer Môssieur le Grand Philosophe, en effet je n’ai pas obtenu la moyenne, j’ai eu 12 et ce n’est certainement pas grâce à vous mais grâce aux conseils avisés de votre jeune remplaçante.

Et je terminerai sur une question hautement philosophique : «  le malheur des uns fait-il toujours le bonheur des autres ? ».  Je pense que votre arrêt maladie a sauvé mon bac, je vous remercie donc avec un peu de retard d’en avoir eu « plein le dos » d’un métier qui visiblement ne vous convenait pas !

Bébés

«  Chéri, fais moi un bébé là tout de suite » ai-je dit après seulement 5 minutes du film  » Bébés » de Thomas Balmès.

Fort heureusement, ce n’était pas Mr Poux qui était assis à côté de moi, mais Sophie L. et même si j’avais persisté dans mon délire de refaire un monstrou tout de suite, elle n’aurait pas pu faire grand chose pour moi (Non, Sophie L. n’a pas de supers pouvoirs) !

Ce superbe film ne sort que demain mais grace à Carole du blog Nipette, nous étions Sophie et moi les invitées de Fisher Price pour assister à l’avant première au cinéma Mac Mahon dans le 17 ème arrondissement.

J’ai retrouvé Sophie à la sortie du métro ( SI, j’ai quitté ma campagne, tout arrive), elle portait une rose rouge avait son eternel carnet à la main et nous nous sommes installées pour 1h20 d’émotions, de rires, de souffles retenus, d’envies de bébés …

De leur naissance à leurs 18 mois nous avons suivi 4 bébés de 4 pays différents ( Namibie, Mongolie, Japon et Etats-Unis). Quatre approches différentes de la maternité, de l’éducation et des différents soins apportés aux bébés. La salle était pleine à 90% de femmes, dont certaines étaient enceintes et je pense que c’est un excellent film à montrer aux futures ou jeunes mamans car la conclusion qui s’impose c’est que quelle que soit la culture, l’éducation choisie, les bébés s’adaptent à tout. On ne peut pas  » mal faire » avec son enfant ( à condition tout de même  d’user de bon sens), ces petits-êtres nous arrivent sans préjugés et ils se réjouissent de ce qu’ils ont.

Bien sur, on peut toujours juger les autres, pendant le film j’ai trouvé à plusieurs reprises que le bébé de Mongolie était en danger par exemple lorsqu’il était  assis seul alors que veaux et vaches l’entouraient. Mais j’ai aussi ri de moi-même en me souvenant que lors  de la première année de Grand Monstrou j’avais toujours les lingettes à portée de main pour le débarbouiller, lui nettoyer les mains, alors que le bébé Ponijao de Namibie (notre chouchou avec Sophie) rampait dans la poussière et ne s’en portait pas plus mal !

Quatre enfants de milieux et de cultures totalement différentes, mais surtout quatre bébés épanouis et heureux !

Bébés c’est un film qui crie :  » heureusement qu’on ne fait pas tous pareil, heureusement qu’on est tous différents », c’est une heure vingt de bonheur et c’est trop court !

PS : Merci à Fisher Price pour le gentil cadeau qui fera le bonheur d’une de mes amies future Maman.