Seras-tu encore là ?

Aujourd’hui je prête le clavier à  Lil’ Mum car elle avait besoin de s’exprimer sans que sa famille n’en soit blessée ou qu’elle ne la juge pour son écrit.

Son texte fait suite à un autre billet que vous pouvez lire sur son blog, c’est à elle :

 

Il y a 5 mois, alors que tout allait pour le mieux et que tu te sentais bien, la sentence est tombée : les métastases prenaient possession de ton corps.

Le traitement n’a pas été long à mettre en place, au vu de ton âge on était même plutôt confiant quant aux résultats qu’auraient tes séances de chimio.

 C’est dur à supporter, et moralement et physiquement, pour toi. Je t’ai vu perdre tes cheveux (bien que ta perruque donne le change devant les autres), j’ai vu tes sourcils et ta moustache s’éclaircir, j’ai senti tes joues reprendre une douceur de peau de bébé (toi qui avais parfois besoins de te raser 2 fois par jour !) je t’ai vu devenir plus pâle, limite jaune, plus faible. J’ai vu tes doutes, tes peurs tes larmes.

 Mais j’ai vu l’espoir, l’envie de guérir.

 On espère tous avec toi, on essaie de te soutenir avec nos mots, nos gestes et nos maladresses.

Alors qu’il ne te restait que 2 séances de chimio, que tu touchais du bout des doigts l’espoir de revivre normalement, les résultats montrent que tu ne réponds pas si bien que ça à la chimio. Pas si bien, mais pas si mal non plus, alors les médecins font le choix de rajouter des séances.

 Toi qui jusque-là tenais tant bien que mal le cap, tu t’es ébranlé. Le roc que tu es s’est fissuré.

Pour moi, tu es mon papa, le plus grand, le plus beau, le plus fort. Celui qui restera auprès des tiens pour toujours.

 Sauf que là, la maladie t’a enlevé l’invincibilité qui, pour moi, te caractérisait.

 Aujourd’hui, je vis loin de toi, mais on est en train de faire les démarches pour retourner habiter vers toi (entre autre, ne crois pas que tu régentes toute ma vie non plus hein !)

 Aujourd’hui, je pense devoir accepter l’idée que tu partiras plus tôt que ce que l’espérance de vie d’un homme aurait pu laisser espérer.

J’en prends conscience et je pense que toi aussi bien évidement. Tous autour de toi en prenons conscience d’ailleurs.

 Tu m’as fait comme je suis et je pense que tu dois pouvoir être fièr de moi. Disons que tu as bien fait ton job quoi. Aussi bien pour moi que pour ma sœur.

Tu as su me donner l’élan pour devenir une jeune femme libre, autonome et bien dans sa tête. Certains diront que je n’ai plus « besoin » de toi. Certes. Mais j’ai besoin, j’ai envie de savoir qu’il y a plein de moment en famille à partager.

 Et puis il y a mon Lutin. Je sais que tu y pense beaucoup. Et je pense qu’il a encore beaucoup à apprendre de son Papou. Beaucoup de moments complices à partager encore.

Cet été on devrait être de retour dans la région avec mon ours et le Lutin. Ce qui me réjouissait il y a peu me fait peur désormais :

 Papa, seras-tu encore là ?

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16 réflexions sur « Seras-tu encore là ? »

  1. je viens de lire le 1er article en référence, puis celui-ci : les mots ne viennent pas tellement je trouve cette maladie injuste….
    Merci à Béa de t’avoir publiée : j’espère que tu seras avec ton Papa cet été.

    1. Oui, merci beaucoup à Béa de m’avoir permis de vider mon sac chez elle !

      Merci pour ton mot, étant optimiste dans l’âme, j’ai bon espoir de pouvoir partager encore plein de moments avec mon père et mon Lutin avec son Papou 😉

  2. j’ai hésité à me lancer dans la lecture de cet article, tant le titre était évocateur…..et que l’issue me semblait inévitable….

    J’ai pris mon courage à 2 mains et j’ai bien entendu été débordée par mes émotions….. tant ce texte est touchant… La perte de mon papa, parti trop tôt, est encore vive et je comprends trop bien ce message….

    Je te souhaite à toi et ta famille encore plein de moments précieux et si chers à partager … Que le temps passe plus vite que d’habitude et que l’été soit déjà demain….

    1. Je suis désolée pour ton papa…

      Merci pour ton gentils mot et j’espère que ton manque et ta douleur seront bientôt plus facile à supporter.

      Nous avons la chance d’avoir encore de l’espoir et la joie de partager des moments présents (pour le moment, on ne se projette pas trop…)

    1. Oh ma belle, je ne voulais pas faire pleurer dans les chaumières comme on dit. Merci pour ton mot.
      (tu comprends pourquoi je déserte un peu mon blog en ce moment ). Tendres bises

  3. Je connais cette situation pr l’avoir vécue avc ma maman et je sais que c’est difficile à vivre et à accepter…ET j’ajoute que OUI TU AS RAISON, gardez l’espoir et profitez des moments que vs avez ensemble. Je suis certaine qu’il vs attendra cet été.

    1. Merci Gene.

      En effet on se tient à l’espoir. On profite et on l’accopagne pour que lui aussi garde le moral et tienne le cap face aux traitements, à la maladie et à l’incertitude.

  4. texte très émouvant d’autant que je sors de chez mon hématologue qui m’accompagne dans mon combat contre la leucémie,
    du coup j’ai la larme à l’œil
    cette notion de temps, d’épée au dessus de la tête, je sais combien c’est dur …
    et combien il faut profiter de tous les instants de la vie !!!!

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