Séjour à l’hôpital : l’épisode de la « masse ».

Après l’échographie, j’attends impatiemment les résultats et il est 19H00 lorsqu’un nouveau docteur vient me voir.  Ma doctoresse attitrée étant partie, c’est lui qui va m’annoncer les résultats et peut-être me libérer !  C’est le descendant direct de Mel Gibson et d’Harrison Ford (si toutefois ces deux là s’étaient reproduits ensemble), mais pourquoi ai-je donc hérité de Mme Pète-sec alors qu’on a cet apollon dans l’hôpital ???

Tout charmant qu’il soit, il n’a pas de bonne nouvelle, l’échographie a révélé une «  masse » au bas ventre et je vais donc passer un scanner en urgence pour que l’on sache de quoi il s’agit. Malgré mes supplications de définir «  masse », le toubib ne se mouille pas, il reste des plus évasif, de toute façon lui-même n’a aucune idée de ce que peut-être cette «
masse ».

J’en saurai plus demain matin après le scanner (heureusement que je passe en « urgence »), d’ici là, on va me donner un petit calmant pour les douleurs et juste un petit bouillon car il faut être à jeun pour cet examen aussi. 

Autant la veille le calmant m’avait scotchée, autant là : RIEN.  J’ai effectivement moins mal au ventre, mais savoir qu’il contient une «  masse » m’inquiète au plus haut point.  « Masse », ça veut tout dire et rien dire, ça peut être  un simple
kyste mais également une tumeur maligne.

Ce fut une des plus longue nuit de ma vie … J’ai passé autant de temps dehors devant l’hôpital à m’encrasser les poumons ( foutue pour foutue), que dans mon lit à tourner et retourner en me demandant ce qui allait m’arriver. Mes loulous sont tout jeunes, que vont-ils devenir s’il m’arrive quelque chose ? Je commence l’inventaire des personnes à qui je pourrais les confier : impossible, je NE VEUX pas les laisser.

Et si je dois subir une chimio ? Comment allons-nous nous organiser ? Grand Monstrou est en petite section, il a BESOIN de moi, Petit Monstrou, lui, n’est même pas scolarisé il a BESOIN de moi… Et bien qu’il n’en dise rien, je suis sûre que Mr Poux aussi a BESOIN de moi ! Et là, seule dans mon lit, dans cet hôpital, alors que j’envisage le pire, j’ai besoin des bisous de mes Monstroux, des câlins de Mr Poux et même de ceux de Mamina et Papounet. Mais je suis seule , trop seule dans cette nuit noire, avec pour unique compagnie les ronflements de ma voisine de chambre.

A la maison, l’ambiance n’est pas au beau fixe non plus, Mamina et Papounet sont arrivés pour le plus grand plaisir des Monstroux, mais personne ne fait la fête, tout le monde envisage le pire, l’avenir… Mamina devra-t-elle emménager avec Mr Poux ( la pauvre !) pour l’aider à élever les monstroux ?

J’ai du dormir cauchemarder une heure avant qu’on ne me réveille pour servir le petit déjeuner de la Mamie d’à côté. Ce matin là, j’ai été très raisonnable et je n’ai pas bu de café en cachette, tant je voulais être sûre qu’on voit bien tout ce qu’il y avait à voir au scanner. Et pourtant, les odeurs de petit déjeuner sur mon estomac vide étaient bien tentantes
surtout que depuis mon arrivée  (l’avant-veille) je n’ai absorbé qu’un yaourt, une compote et le fameux bouillon !

De 6 heures du matin à 10H30 j’ai trépigné et piaffé sur mon lit en attendant le scanner, j’ai supplié qu’on m’y emmène dès l’ouverture, qu’on me dise ENFIN ce qu’était cette «  masse », en vain, je passais en urgence mais entre les rendez-vous déjà pris.

Lorsqu’on est venu me chercher, j’étais aussi détendue qu’une pile électrique, une infirmière m’a gentiment proposé un magazine pour patienter : ah ah vous croyez vraiment que j’ai la tête à lire ???

Enfin, je suis dans le scanner, il passe, repasse sur mon ventre, on me tourne, on me tort pour prendre différente vues, peu m’importe, je suis  prête à me contorsionner dans n’importe quel sens pourvu qu’on me dise ce que j’ai !

Fin du scanner : AHHHHH !  Mais on ne me dira rien tant que THE spécialiste n’aura pas analysé les clichés. Je remonte dans ma chambre, je suis montée sur ressorts : impossible de rester assise, encore moins allongée…je n’ose pas m’absenter  de peur de rater le physicien qui doit venir avec les résultats…L’appel de la nicotine augmente encore ma nervosité.

La ptite Mamie essaie de faire la conversation, elle sait que j’attends, elle essaie de me faire passer le temps mais j’ai bien du mal à parler «  chiffons » ce matin.

12H17 et 34 secondes : Mme Pète-Sec arrive avec un grand sourire aux lèvres : « le scanner n’a rien montré, et vous n’avez PAS de masse dans le bas-ventre! ». Je l’embrasserais presque ( enfin,  faut pas pousser non plus),d’autant plus qu’elle a une seconde bonne nouvelle : comme nous sommes samedi et que je ne passerai plus d’examens avant lundi, j’ai le droit de partir en « permission ».

Par contre, étant donné qu’ils ne savent toujours pas ce que j’ai, je suis attendue lundi matin à jeun ( encore) pour compléter les examens.

J’occulte totalement le fait que je doive revenir lundi, pour le moment je suis EXTATIQUE : finies les histoires de «  masse », finies les idées noires de chimio, rayons et autres traitements lourds et en plus je SORS !

Une heure plus tard je suis de retour chez moi, épuisée par mes aventures mais heureuse : je couvre mes poussins de bisoux, de calins, je déguste un bon petit plat de Mamina et surtout j’oublie tout de ma terrible nuit.

Enfin jusqu’à lundi matin…

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