Lettre à mon collégien

 

Voilà, cela fait deux années que tu es devenu un collégien et tu ne trouves pas ça cool du tout … je dirais même plus: tu kiffes pas !

Déjà tu t’es retrouvé avec tout un tas de profs divers et bizarres au lieu d’un ou une enseignante, aucun ne réagit pareil, ils n’ont pas les même exigences vis à vis de vous, ni la même façon de travailler…

J’ai envie de te dire tant mieux, car comme dans tout métier, il y a des bons et des moins bons et sur la totalité c’est impossible que tu ne tombes que sur des « moins bons ».

J’ai envie de te dire aussi que c’est pareil pour eux, toute la journée ils se retrouvent face à des groupes d’adolescents plus bizarres que divers et je dois t’avouer mon chéri que, comme vous n’êtes pas dans la période la plus « fine » de votre humour, je les admire un peu…

Souvent tu me dis « Le prof de … il m’aime pas », mais enfin mon chéri, de toute façon il n’est pas là pour t’aimer, il est là pour t’apprendre des choses. Et quand tu joues à lancer des colles, des bouts de gommes, ou que tu ricanes avec les copains, demande toi si tu lui envoies vraiment l’image d’un bon ptit gars qu’on pourrait aimer. (Même nous tes parents, nous avons parfois du mal avec l’humour adolescent que tu as développé ces deux dernières années).

Réjouis toi surtout d’avoir un humain en face de toi et pas un robot, un humain qui, après une longue journée à supporter tes pairs va craquer et te mettre à la porte parce que tu ne fais pas « grand-chose de mal » mais que c’est la goutte d’eau. Un robot ne te mettrais pas à la porte certes, mais personnellement si comme toi, j’ai fort peu apprécié le collège, j’y ai rencontré des profs que je porte toujours dans mon cœur.

Si j’aime tant écrire et jouer avec les mots c’est sûrement grâce à mes deux génialissimes profs de Français du collège. (Mesdames Petauton et Hélias, si au hasard du net vous passez pas là c’est de vous que je parle et je sais que génialissime n’existe pas, mais cela vous convient tellement bien).

Bien sûr, tu ne peux pas apprécier chaque prof, de la même manière que jamais tu ne plairas à tout le monde, mais laisse moi te rappeler que tu n’as pour le moment aucune compétence pour juger les leurs et que les avis des copains ne comptent absolument pas pour savoir si tel prof est bon ou pas.

Tu n’as que douze ans, c’est grand et tu changes, tu mûris et pourtant c’est encore tout petit donc à tout moment tu dois respect et obéissance aux professeurs, même si tu trouves leurs demandes saugrenues, injustes ou autre, ton job à toi en tant que collégien c’est de profiter de ces années pour apprendre un maximum de choses qui ne te serviront pas forcément toutes plus tard certes, mais qui feront que tu ne passeras pas pour un couillon qui ne sait rien.

Alors oui, c’est pénible de se faire huit heures de cours et de rentrer avec encore des devoirs et des leçons. Pour rappel tes profs rentrent aussi avec des devoirs puisqu’ils doivent corriger tes copies, et préparer leurs cours. Tu as également vu Papa bosser des week-end entiers, je te souhaite de ne pas avoir un boulot aussi prenant, mais cela fait partie des responsabilités de « grand », on fait ce qu’on a à faire. Certains comme ta Maman attendent souvent le dernier moment pour rendre leur copie mais si cela porte un très joli nom : la procrastination, ce n’est pas dénué de stress…

Bref, mon petit-grand, le collège c’est un passage obligé, tout comme le sera le lycée et j’espère bien, d’autres études ensuite. C’est comme pour tout, il n’y a pas que du négatif, il y a les copains, les «barres de rire », les filles (SIC), le judo mais il y a aussi des obligations : apprendre ses cours, faire ses devoirs et se conduire de manière correcte et respectueuse pendant les cours.

Il n’y a pas de secret, chaque chose de la vie comporte deux facettes : pour prendre du plaisir au judo il t’a fallu travailler, apprendre des techniques, te concentrer et souvent perdre. Pour que tes années collèges se passent le plus correctement possible, il ne faut pas faire de vagues, respecter les règles qui ne sont pas si drastiques (le collège c’est quand même pas la mine) et te faire des souvenirs avec les copains SANS que ça implique le jet d’objets sur les professeurs ou pire, le manque de respect envers eux.

Applique à ta vie de collégien les valeurs que nous t’avons transmises et que je sais acquises (même s’il faut parfois creuser pour les voir), applique aussi les belles valeurs du judo et tout ira bien, et tu verras que tes relations avec les professeurs n’en seront que meilleures.

Loin de moi l’idée de te mettre la pression, mais si tu n’y parviens pas, je te signale juste au passage que ton père est à la recherche d’un collège « militaire » où l’humour est totalement absent et où tu devra oublier tes jolies boucles qu’ils se feront un plaisir de raser.

Toujours pas la pression ? Y’a pas de judo dans les écoles militaires …

Ta Maman qui t’aime

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10 réflexions au sujet de « Lettre à mon collégien »

  1. 👏 BRAVO!
    Direct j’ai pensé à Kipling, le pème préféré de mon père.

    SI…
    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,
    Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
    sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n’être qu’un penseur;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
    Tu seras un homme, mon fils

    R. Kipling

  2. j’espère que ton message arrivera jusqu’à tes profs de de collège ! elles peuvent être fières de leur enseignement, car j’aime comme tu écris….

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