l’égalité des chances encore malmenée

«                                                                                                                                                                                       Trappes,20 décembre 2010

cher Mamie

Je te remerci pour ta joli carte d’aniversère ( et pour le chéque) sa m’a fé très plésir.

Tu te souviens que tu m’avait dit que si je travaillé bien en classe tu m’en donnerai un otre ? Je veux te prévennir que je vé surrement redoublé mais ce n’est pas de ma fôte ! je travail comme tu me l’as dit, mais je ne compren pas toujour et le maitre n’arrive pas à m’expliqué. Cette année on a commencé les problèms et j’ai du male. Quand je demande au maître il me dit «  c’est comme ça qu’il faut faire » mais si je dis « pourquoi », il répond «  parce que c’est comme ça ». C’est toujour pareille, quand je pose une question pour ecéyé de suivre il me dit «  c’est comme ça ».

Je croi qu’il ne m’aime pas parce qu’un jour il m’a crié dessu «  mais pourquoi tu ne comprend jamé rien toi ? » alore je lui ai dit «  C’est comme ça » mais sa lui a pas plu du tout !

J’espaire que tu me croiras qen je dis que je travail et que tu me feras qen maime un petit chèque à la fin de l’anée !

Gros bisous

Nicolas »

Et oui, encore un sacré coup de pied dans l’égalité des chances ! Après la discrimination par l’année de naissance1 il y a maintenant la discrimination par l’enseignant !

Si t’as de la chance tu as un VRAI prof, si t’as pas de bol, tu te récupère un ERSATZ de prof… un qui a le savoir, y’a pas de souci, mais à qui il manque cruellement le «  savoir faire » pour « faire savoir ».

Avoue que c’est quand même ballot si en plus t’avais déjà des difficultés à l’école ! Qu’est-ce que tu veux que je te dise mon petit, la pédagogie ça n’est pas RENTABLE ! C’est drôle, les enseignants pourraient te dire que l’enseignement non plus ça n’est pas rentable à la vue de leurs feuilles de salaires ( mais bon, faut pas déconner, ils sont tout le temps en vacances hein !).

Et voilà, maintenant en France, dans une même famille, certains enfants auront la chance d’avoir un VRAI instituteur, de VRAIS profs, et d’autres non… il ne reste plus qu’à espérer que ça ne soient pas toujours les mêmes qui tombent sur les FAUX profs/instits …

Mais notre gouvernement n’est pas seulement avare de la formation de ses enseignants, il est calculateur, car qu’est-ce qui se manipule mieux qu’une population trop préoccupée par ses soucis financiers ?  Une population mal éduquée…

Aller, soyons fous, cumulons les deux ! Etranglons la classe moyenne jusqu’à extinction et cassons la gueule à cette utopie d’égalité des chances dont on nous rebat les oreilles depuis trop longtemps.  Vive la demoktature !

Le seul avantage dans le cas présent, c’est que ce petit Nicolas là, c’est sûr, ne deviendra pas président !


1 La discrimination par l’âge (certes nécessaire, mais très mal fichue) provoque des disparités de savoir et de maturité énormes entre les élèves …: « t’es pas né dans le bon mois mon gars, tu patienteras jusqu’à tes trois ans et demi pour être scolarisé, tant pis pour toi et estimes toi heureux, tu n’y as droit que parce  qu’on n’a pas encore réussi à supprimer l’école maternelle ! ».

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19 réflexions sur « l’égalité des chances encore malmenée »

  1. Je plussoie et je développe. Tu permets que je squatte tes com’ ? Parce que je me prépare à planter ma tente, là ! lol

    Cette nouvelle réforme, c’est la cata’ à tous les points de vue. Mais la formation merdique pour les professeurs stagiaires, ça ne date pas de cette rentrée. Ok, c’était moins pire. Mais ce qu’on nous faisait faire dans les IUFM c’était du pipi de chat en boite de conserve.

    La vraie formation, on se la faisait au système D.

    D’abord, y avait nos tuteurs. Déjà, tu avais une chance au grattage et pas de deuxième chance au tirage : soit il était tuteur par motivation et tu étais bien encadré, soit il l’était pour le fric (et c’est pourtant pas payé bien cher) et tu pouvais te brosser.
    Mais bon tuteur ou mauvais tuteur, tu pouvais compter sur la solidarité.
    Solidarité avec les autres profs de l’établissement parce que tu trouvais toujours quelqu’un pour te prêter un déroulement de séquence, t’expliquer comment gérer Kévin le chieur de 4e 2 ou te montrer sa technique pour gérer le cahier de texte de la classe.
    Mais surtout, solidarité entre stagiaires. On passait beaucoup d’heures ensemble, à l’IUFM justement. On discutait, on échangeait, on comparait. On faisait notre expérience en s’enrichissant de celles des autres. En croisant nos histoires, on s’en sortait.

    Les stagiaires « nouvelle formule » se retrouvent pour beaucoup avec un tuteur exerçant dans un autre établissement voir sans tuteur du tout car ce n’est plus obligatoire et que les conditions de tutorats sont carrément dingues.
    Ils n’ont presque plus d’heures de formation donc presque plus de temps pour rencontrer et échanger avec d’autres stagiaires.
    Ils peuvent toujours compter sur les autres profs mais ça ne suffit pas pour démarrer.
    Puis la solidarité, ça va, ça vient, et plus les temps sont durs…

    Par contre, je ne pense pas qu’on puisse dire de ces profs que ce sont de « faux profs ». Après 2 ou 3 années, ils seront comme les autres. Ils auront appris sur le tas comme on a désappris sur le tas les conneries débitées en amphi à l’IUFM. Au final, ce sont nos élèves qui font de nous des profs.

    Je termine sur une anecdote. On a une de ses nouvelles stagiaires dans mon collège cette année. Une jeune, très motivée… mais complètement paniquée.
    Elle exerce un service complet et pour son plus grand boneur, travaille tous les jours de la semaine et avec 3 niveaux différents plus les FLS (les élèves primo-arrivants qui parlent peu ou pas le français, on entre 11 et 15 ans, des niveaux et des comportements très variés)…
    Ben oui, quelqu’un a dû croire que son année ne serait pas assez difficile comme ça, qu’il fallait lui donner la classe la plus difficile à gérer de tout le bahut. Pas qu’ils soient méchants mais faire de la pédagogie différenciée avec une classe aussi hétéroclites, ça fait partie des choses les plus compliquées.

    Il semble probable que le gouvernement ait discrètement posé une taxe sur les antidépresseurs et compte sur la nouvelle génération de stagiaires pour renflouer ses caisses.
    Et peut-être bien que la logique ministérielle souffle aux Chefs d’établissement que ces enfants d’étrangers, pour beaucoup en situation irrégulière, méritent moins que les autres d’être formés dans des conditions décentes…
    Mais ceci est un autre débat.

    1. En parlant de solidarité, n’y-a-t-il pas une certaine animosité de la part des profs en place vis à vis des stagiaires qui arrivent tout frais, sans formation ?

      1. J’en entends parler mais toujours indirectement. Dans le genre bruit de couloir « Il y aurait des collègues qui seraient très en colère contre les nouveaux stagiaires », etc.
        Dans mon bahut, je ne vois pas ça, ni auprès des collègues qui exercent ailleurs.

        Par contre, il y a beaucoup d’animosité envers le rectorat et le ministère à cause des postes occupés par ses stagiaires. Car les stagiaires occupent un poste à temps complet à l’année alors que des titulaires de plus longues dates restent remplaçant sur de courtes durées et changeront d’établissement plusieurs fois dans l’année.

        Après, il y a des cons chez les profs comme ailleurs qui doivent reprocher ça aux stagiaires eux même. Mais il n’y a pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre qu’ils n’y sont pour rien. Au contraire, ils aimeraient mieux être sous l’ancienne formule !

  2. Ce sera une année difficile pour ces stagiaires mais ce ne sont pas de mauvais profs pour autant. En revanche je n’en dirai pas autant de certaines personnes recrutées dans les pôles emplois qui débarquent chez nous sans savoirs et encore moins savoirs faire et qui sortent de leur première heure de cours en insultant les élèves (je ne généralise pas, c’est juste du vécu). On ne s’improvise pas grévistes toujours en vacances aussi facilement : c’est tout un art:p

    1. ah mince ouais, j’ai oublié de dire que vous étiez de gros vilains Grévistes quand vous n’étiez pas en vacances 😀

      Mais sinon l’an dernier j’ai rencontré LE BOULET des instits qui avait certainement reçu toutes les formations IUFM possible mais qui malheureusement, le pauvre ( et les pauvres élèves), n’était ni doué, ni motivé… Mais bon dans tous les boulots y’a des bons et des mauvais …
      Mais justement il me semble qu’un tout petit peu de formation, d’échange avec d’autres ( sans avoir la tête dans le guidon parce qu’on a une classe à temps plein ) , ça aide …si on a la fibre !

  3. J’ai été enseignant, j’ai aimé ça, vraiment. Certes les élèves sont difficiles. Mais bon sang, personne n’oblige un prof à être prof, un instit à être instit. S’il cherche le fonctionnariat (désolé pour le cliché) il a frappé à la mauvaise porte. Vaste sujet.
    J’ai vu des profs largués qui n’avaient rien à faire là où ils faisaient. Mais c’est quoi ce miroir aux alouettes qu’on leur promet. Un métier sans aléas, sans encombres, sans épreuves, ça n’existe pas!

    1. Ah tiens moi aussi j’ai été enseignante et si c’est effectivement un métier passionnant c’est aussi très usant donc si on n’a pas la vocation au départ c’est sûr que ça ne peut que mal se passer !

    1. j’ai peur aussi !!! Parce que j’ai beau râler, je suis très fière de l’éducation française et j’en ai marre qu’on la transforme petit à petit en une éducation à deux vitesses …

  4. pas grand chose d’autre à dire… ah, si, en plus des jeunes profs largués dans l’arène, il y a aussi la réforme du lycée, grosse daube, imaginée par des gens qui n’ont pas d’enfants, ou pas dans le public…. en plus des programmes, des mises en oeuvre difficiles quand pas possible, l’augmentation du nombre d’élève : généralisation à 36 par classe, vu que la seconde est générale, plus de sections à 24, tout le monde à 35 ou 36, c’est plus facile pour le prof de repérer les élèves en difficulté et de s’occuper d’eux…

    1. oui mais noyés dans la masse, comme on les voit moins les élèves en difficulté, on ne les comptabilise pas 😉 et pendant ce temps le niveau descend… Descend…

  5. Tu discrimines le Nicolas, là 😀
    Blague à part, c’est grave. Au-delà du problème de l’enseignement pur (du point de vue « savoir », j’entends), il y a celui du « préventif » qui en pâtit. Mais bon, je veux encore croire que l’école qu’on impose maintenant aux enseignants et aux enfants n’est pas si désastreuse (quoique, apparemment il y a une réforme des programmes d’histoire en lycée qui se profilait cet été en catimini, si jamais je retrouvais un truc là-dessus, ça mériterait qu’on en cause parce que ça faisait peur à lire aussi, tiens)

    1. Mince ! je discrimine ?
      Bon je corrige :  » le seul avantage dans le cas présent c’est que ce petit Nicolas là, ne deviendra pas président… QUOIQUE !  » ( avoues c’est mieux comme ça non ?)

      Bon sinon je redoute les lois qui sortent en catimini l’été pendant que personne ne fait attention, pendant que les syndicats sont à la plage etc… Si tu retrouves le projet qui j’espère n’est resté qu’un projet, je veux bien le lien histoire de me faire encore plus râler !!

  6. Non, mais dis donc : Pourquoi avoir choisi un enfant de Trappes pour écrire une telle lettre, pleine de fautes ??? J’en suis une et je ne pense pas en faire beaucoup… = j’ai eu de bonnes institutrices et profs… même à Trappes !! Il n’en sort pas que des mauvais sujets…(J’en plaisante mais c’est pourtant vrai !).

    1. oui mais à votre époque ( hum…pardon !) les institutrices recevaient une formation COMPLETE…. pas forcément suffisante comme le soulignait lizly mais au moins COMPLETE… Ce qui n’est plus le cas !

  7. Ping : Lizly 2.0

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