Le besoin de manque

On parle souvent du baby-blues, puis du burn-out maternel mais on ne dit jamais que celui-ci peut arriver à n’importe quel moment.

Cela fait quasiment un an que je ne me suis pas séparée de mes enfants, la dernière fois qu’ils sont partis sans moi c’était en Mars dernier, ils avaient passé une semaine chez Mamina et Papounet.

Une semaine pour respirer, une semaine pendant laquelle j’avais quand même pensé à eux puisque j’avais rangé, trié les jouets, mais aussi avancé dans les travaux de la chambre d’ami, et surtout surtout, profité du calme, du silence, de l’absence de disputes.

Si vous suivez ce blog depuis un moment vous savez que je suis une accro des jeux de société et qu’on joue très souvent avec les Monstroux mais ça n’est jamais assez. Quand un week-end, entre les sorties chez des amis et les tournois de judo on zappe le jeu, les garçons sont mécontents et l’expriment haut et fort.

Petit Monstrou sait être un enfant adorable mais il est aussi plein de contradictions et il est particulièrement difficile à gérer. Il faut toujours enrober le choses, théatraliser mes demandes, bref, il faut avoir une énergie que je n’ai plus.

Grand Monstrou lui, a passé un cap cette année, c’est un grand-petit. Il se pose des problèmes d’ado et il reste quand même un petit garçon qui a besoin de beaucoup d’attention de beaucoup de réconfort. Parfois il passe une semaine entière a être d’une humeur massacrante et c’est juste lourd à supporter, parfois encore, il est totalement déprimé et je ne sais plus que faire pour lui remonter le moral.

J’en suis arrivée à un stade où je ne peux plus donner, où je ne supporte plus leurs jérémiades, leurs récriminations que je trouve injustifiées, même si elles ne le sont pas forcément.

On s’engueule, on se balance des reproches, ma patience est ultra limitée, même nos séances de jeu se terminent parfois dans une grosse dispute.

C’est un cercle vicieux, moins j’ai de patience ou d’énergie, plus ils sont exigeants et demandeurs et au lieu de me réjouir d’avoir la possibilité d’être là pour eux chaque soir, chaque mercredi et chaque week-end, je ne profite plus.

J’ai besoin qu’ils me manquent, j’ai besoin de souffler un peu. Je rêve lorsque j’entends mes amis me dire qu’ils ont un week-end à deux parce que les enfants sont chez l’un ou l’autre de leurs grands-parents.

Ici, seuls mes parents les prennent de temps en temps et comme ils sont un peu « usés », et que les garçons sont particulièrement actifs je pense que ça n’arrivera plus.

Alors je suis partie !

Je ne suis pas partie à cause d’eux, je suis partie donner un coup de main à Mamina et Papounet qui ont tous deux subi une opération et qui sont très fatigués. Lorsque nous avons pris la décision que je descendrai seule pendant les vacances juste après leur retour de l’hopital et que Mr Poux prendrait des congés pour gérer les Monstroux j’appréhendais un peu.

J’avais peur de l’état dans lequel j’allais trouver mes parents, peur aussi que ça se passe mal pour les garçons avec leur Papa qui n’est pas souvent là, qui n’a pas l’habitude…

Et puis j’ai commencé à compter les jours, à me rendre compte que ce séjour serait bénéfique pour tout le monde.

Pour mes parents qui auraient assumé si je n’étais pas venue, mais qui sont bien contents de m’avoir avec eux, et seule en plus ce qui n’est pas arrivé depuis … pfiouuu

Pour Mr Poux (même si là il en bave un peu), qui va tisser de nouveaux liens avec ses garçons

Pour les Monstroux (même si là ils en bavent un peu), qui vont tisser de nouveaux liens avec leur Papa.

Et surtout pour moi…Il faut de temps en temps savoir être égoiste pour se préserver, se ressourcer et c’est exactement ce que je fais actuellement.

Je ne suis pas vraiment en vacances mais psychologiquement, moralement j’y suis un peu.

Je ne suis pas obligée de demander 15 fois à Papounet d’aller se doucher ou de s’habiller, il le fait tout seul comme l’adulte qu’il est.

Je ne râle pas sur Mamina pour qu’elle finisse son assiette, bien qu’elle ait un tout petit appétit, elle ne nous fait pas la comédie que je vis en permanence à la maison.

Pour le moment (et pourvu que ça dure) ils ne se sont pas battus comme des chiffonniers à grand renfort de vulgarités, de coup de poing et de baffes.

Je donne un coup de main pour le ménage mais je n’ai jamais besoin de ramasser leurs caleçons ou culottes par terre.

Mamina ne me vole pas mon téléphone pour envoyer des sms à ses copines en me disant que si ça me dérange je n’ai qu’à lui payer un téléphone.

Et enfin j’ai réussi à me poser sur le canapé sans trouver des emballages de gâteaux, ou une spatule planquée là par le boxer fou alors que je la cherche depuis trois jours….

Bref, si je ne culpabilisais pas pour Mr Poux qui a pris des congés mais qui va reprendre le boulot encore plus crevé, je ne rentrerais pas avant la fin des vacances !

Transat

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18 réflexions sur « Le besoin de manque »

  1. Comme tu as raison Béa et comme je peux te comprendre, même si moi j’ai la chance d’avoir mes parents qui prennent les garçons toujours quelques jours aux vacances, pas les 2 ensemble mais ça n’en fait qu’un à gérer sur quelques jours. C’est bien normal que tu débordes, la fatigue, le fait de rester @home tu étouffes, comme beaucoup de mères d’ailleurs alors oui il faut savoir se préserver et être égoîste, en plus tu as un mari souvent très absent, ne pas pouvoir se reposer sur l’autre c’est très dur. Et ne culpabilise pas pour ton mari c’est aussi son rôle après tout c’est leur papa 😉 et les garçons sont peut être plus calmes du coup avec lui, comme c’est rare 😉 Profites en pour relâcher la pression je t’embrasse

  2. Tout est bien résume dans le billet précédent. Profite du calme, fais un grass’mat si tu en as envie, ne pas être réveillée par le piaillement des garçons, qui des le matin, se chamaillent pour une petite cuillère….. et tout à fais d accord que les pères aussi doivent assumer seul de temps en temps……Biz et repose toi bien

    P.s: j espère que tes parents vont vite aller mieux

    1. mes parents se remettent doucement, quand aux grasses mats ce n’est pas mon genre mais j’ai fait une ou deux nuits entières ce qui est déjà un bonheur pour moi 🙂

      Bisous Bodinette

  3. Je trouve ça hyper sain en fait, d’éprouver un besoin de manque. Parce qu’il faut se le dire, la vie n’est pas toujours rose. Je ne suis pas maman, pas encore, mais je vis en couple et parfois je ressens aussi ce besoin de partir loooiiiin (enfin chez ma mère quoi, à 1h20 d’avion). Et quand on revient on est beaucoup mieux, plus amoureuse et sûrement plus maman aussi pour toi.
    Je suis d’accord avec le premier commentaire : pas de culpabilité à avoir pour le papa qui ne fait que jouer son rôle de papa et qui en est sûrement très heureux ^^
    Profite de ces vacances.

    1. exact ça fait du bien de s’éloigner pour mieux se rapprocher, je me souviens quand nous n’étions pas encore parents et que nous étions séparés pour des questions de visa ou de voyage, les retrouvailles étaient super douces !

  4. moi aussi, je trouve qu’être « égoïste », ça a vraiment du bon pour redonner une coup de boost dans nos vies de femme très (trop) actives !
    Du coup, une ‘tite dose d’égoïsme cet aprèm avec toi 😉 , ça va faire du bien !!!!

  5. non ne culpabilise pas, j espère que tes parents se remettront bien (parce que j’avoue que j’appréhende la vieillesse de mes parents mais c est un autre sujet). tu as aussi besoin de te recentrer sur toi même.je comprends que tu etouffes à la maison, on en viendrait presque à vouloir nous aussi partir en voyages d’affaires, avoir qq jours loin du quotidien. profites en un peu pour faire le point sur tes envies!

    1. non mais juste des fois je supplie mon mari de me laisser partir à son bureau le lundi matin .. bon en même temps je ne comprends absolument rien à son boulot je comprends qu’il refuse 😀

  6. Ah non pas de culpabilité ! Tu es partie cette semaine pour d’excellentes raisons et tu mets, en plus, ce temps à profit pour te ressourcer.
    Tout le monde en bénéficiera et pas seulement toi.
    Je suis heureuse que tu aies pris ce temps.
    Bises

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