Jeux de mots…

Quand il a commencé à bien parler, Petit Monstrou m’interrogeait souvent sur le pourquoi de tel ou tel mot. En effet, il peut-être intéressant de savoir pourquoi on appelle une table « table » et non pas un sphincter, les toilettes des « toilettes » et non pas un arc en ciel.
(En même temps, j’ai déjà bien du mal à faire venir tout le monde à table, alors le jour où j’annonce que j’ai posé le dîner sur le « sphincter » je ne suis pas sûre de mobiliser les troupes !)

Intéressant ? Non, pour lui c’était vital de savoir, et tout-de-suite-maintenant-s’il-te-plait-Maman !
N’ayant fait que trop peu de latin et pas du tout de Grec, je ne savais pas lui expliquer la signification d’un mot par son étymologie, ça tombait plutôt bien parce qu’à deux ans à peine, il s’en moquait royalement de l’étymologie ( Si ça peut vous rassurer à bientôt 4 ans il s’en moque toujours, il est très éveillé mais quand même !).
Comme bien des adultes face aux questions ( saugrenues ?) des enfants, je me suis retrouvée à bafouiller tout en me creusant le ciboulot pour trouver une réponse correcte et acceptable.
« heu ben on dit table parce que c’est le nom qu’on a choisi pour cet objet là ».

Et c’est là que, déjà anti-corformiste (où déjà Pestouillon) , Petit Monstrou s’est mis à changer le nom des objets, parce que lui aussi voulait choisir le nom des choses.
Ont suivi des semaines particulièrement difficiles, avec un enfant qui parlait plutôt bien pour son âge (à l’exception du RRRR et du CHHHH) mais qui avait décrété qu’il dormait dans une voitu_e, mangeait dans un ca_amel etc.
Bien entendu Grand Monstrou a très vite retenu le nouveau code linguistique de son frère et ils se sont amusés pendant des soirées entières, à me rendre dingue en attribuant à chaque chose le nom d’une autre.
Le pire c’est qu’ils n’obéissaient que si je rentrais dans leur jeu et utilisais leur vocabulaire !
Fort heureusement pour moi, ils ont très vite changé de jeu quand ils ont réalisé qu’à part leur père et moi plus grand monde ne les comprenait.
Ils se sont mis à changer toutes les voyelles de leurs phrases : j’ai perdu mon doudou = « j’i pirdi mi didi », « Morço Momo » , « boujour poupou » ( ah ah serait-ce l’origine de Mister Poux !).
Et là je fus très fière car ils avaient, sans le savoir, retrouvé un de mes jeux adoré quand petite, je distrayais mon regretté Parrain en lui racontant en boucle l’histoire de Jeannot Lapin.
Aller, je cède à vos supplications silencieuses et je vous la raconte :

Jeannot Lapin naquit dans la forêt, ses parents, ses amis, voyant qu’il était doué pour la peinture, l’envoyèrent dans les AAAALPES. Chemin faisant il avisa une auberge. « eh, bonjour Monsieur l’aubergiste, qu’avez-vous de bon à manger ? »

« j’ai du pain, j’ai des œufs … » A ces mots l’aubergiste lui sauta dessus, le ficela et le cuisina. Sur sa tombe on écrivit : ci- git Jeannot Lapin qui… ( accélérez la diction )
Niquit di li fori, si piri si imi viyi qu’il iti doui pir li pitiri …… et l’histoire ne s’arrête que lorsqu’on a terminé la liste des voyelles ou que l’on a épuisé l’auditoire, parti en courant ( n’est-ce pas Mr Poux ?).

On ne sait jamais, cette histoire pourrait vous être utile pour occuper un long diner où l’on a épuisé tous les sujets bateaux ! Evitez tout de même de la raconter lors du repas de votre entreprise, particulièrement si vous avez abusé du punch… les collègues vous en parleraient toute l’année à venir !

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