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La revanche des Blondes

J’ai été très surprise voire agacée de voir que Lizly et Madame Kévin proposaient une photo de moi comme source d’inspiration pour le troisième jeu d’écriture. Terminé le confort de l’anonymat de la blogosphère, je vais maintenant devoir signer des autographes à chaque coin de rue de mon village !

En vrai je suis brune ( et donc je ne compte pas pour des .. prunes ! wouahh la méga référence culturelle !!), mais je me suis décolorée par solidarité avec toutes les belles femmes blondes qui s’en prennent plein la tête depuis des années dans  des blagues plus que  douteuses.
Car non messieurs-dames, les blondes ne sont pas plus neuneus que les rousses ou les brunes, la preuve avec cette photo regardez comme j’ai l’air «  successfull » même de dos ! ( petit rappel : le succès ne se mesure pas TOUT LE TEMPS à la beauté ou à la fermeté du postérieur, seules quelques catégories socioprofessionnelles sont soumises à cette dictature du corps, cessez donc de reluquer mon popotin et lisez-moi jusqu’à la fin !).
Enfin quand je dis qu’elles ne sont pas neuneus… Y’EN A qui ne le sont pas… De toute façon  nous vivons dans une société qui prône la « neuneuterie »  ( pestologisme). Il est tout de même beaucoup plus facile de faire avaler des couleuvres à une masse populaire complètement anesthésiée par les conneries à la télé, la désinformation et les mensonges éhontés de nos gouvernants.
Un ptit exemple ?
« On ne peut pas forcer les industries à produire plus écologiquement sans provoquer une crise économique terrible ».
Réponse souhaitée du Français « Neuneutifié » : «  bon sang mais c’est bien sur, continuons donc allègrement à polluer notre planète, il faut sauver nos industriels ! ».
Réponse NORMALE du Français qui n’a pas regardé que Moundir à la télé : «  ah mais ça tombe bien, c’est DEJA la crise alors un peu plus un peu moins… zou on apprend  à produire mieux et plus propre et tant pis pour les industriels qui ne sauront pas s’adapter ».
Et ne venez pas nous gonfler avec les études d’économie, des marchés  etc. Quand un arbre est malade, on le coupe pour qu’il ne contamine pas la forêt, ce devrait être pareil avec les industries. En effet ça mettrait quelques bons copains de nos gouvernants dans l’embarras, mais le petit personnel (celui qui ne compte pas vous savez)  serait réemployé dans une nouvelle industrie propre et fleurissante.
En même temps c’est vachement confortable de jouer les neuneus !! J’en ai déjà parlé, mais combien de familles pourtant très «  biens », éduquées, informées,   ont  soupiré de soulagement à l’annonce que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté pile à la frontière de la France, au journal de 20H00 ?
Personnellement, ça m’arrange bien souvent d’être une «  pauvre femme un peu attardée » ( une femme quoi ) parce qu’ainsi :  je ne sais pas allumer le barbecue, je ne sais pas lire une carte routière ( par contre, moi je sais m’arrêter pour demander mon chemin), je ne comprends rien aux branchements du magnétoscope et mes petits bras ne sont pas suffisamment musclés pour la corvée de bois.
Du coup vous savez ce que je fais là sur la photo ? Je téléphone à toutes mes copines pour lancer une grande campagne de sales blagues sur les industriels et les politiciens !
          Pourquoi les politiciens nagent-ils toujours au milieu des piscines ? Parce qu’ils sont un peu cons sur les bords…
          Quel est le plus gros cauchemar des industriels Français ? Que quelqu’un d’intelligent et sensé (si les deux à la fois !) nous ponde une vraie taxe carbone !
Qu’on se le dise donc : les blondes ne sont pas les plus débiles de l’histoire  et l’heure de la revanche des blondes a sonné !

Septembre 2021

Dimanche matin très tôt, il sortit de chez lui, glissa la clé dans la serrure d’un geste machinal et s’enfila dans l’escalier de son immeuble. Il avait revêtu sa tenue la plus neutre et le pardessus beige dont ses amis disaient qu’il le faisait ressembler à un flic de troisième zone surtout lorsque, comme ce matin, il avait oublié de se raser.
Les flics justement,pourvu qu’ils ne décident pas de faire une ronde ce matin ! Il irait seul procéder à l’échange, seul  affronter les malfrats  et récupérer son bien… ou pas, en espérant que personne ne le voit  ni ne le dénonce !
Le brouillard matinal s’était dissipé, mais le temps restait maussade et le soleil absent, peu lui importait, cette journée ne serait bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Il marchait d’un pas qui se voulait tranquille, régulant son allure pour ne pas arriver trop tôt au lieu de rendez-vous.
Sa mâchoire était crispée, ses muscles tendus, non pas par la peur  il en avait vu d’autres, mais par la tension qui l’avait envahi dès son réveil lorsqu’il avait réalisé que c’était le jour J. Il y avait pourtant pensé toute la nuit, ne réussissant à sombrer qu’au petit matin pour rêver encore de l’échange qui aurait bientôt lieu, mais au réveil il avait senti sa gorge se serrer et ses rhomboïdes se contracter rien qu’à l’idée que tout cela pourrait mal tourner.
Il tourna dans une petite ruelle qui menait directement à la place Broca, où il avait rendez-vous. Son cœur, calme jusqu’à présent, s’affola et il dut inspirer et expirer profondément pour éviter la tachycardie.
Lorsqu’il arriva au point de rendez-vous il vérifia dans sa poche qu’il avait bien ses billets, ses mains étaient moites et il salivait déjà à l’idée de récupérer son bien.
La terrasse du café n’avait pas encore été complètement nettoyée, il balaya de la main quelques feuilles victimes de l’automne (qui commençait maintenant dès le mois d’Août), et s’installa à la table la plus éloignée du bar.
Il n’attendit pas longtemps, moins d’une minute après, deux individus s’assirent à la table voisine. Il les reconnut immédiatement, ils étaient derrière lui hier soir au cinéma, c’est là qu’ils s’étaient emparés de  son dernier paquet de fraises flagada.
A la place il avait trouvé une note lui réclamant 100 euros pour échapper à la dénonciation à la brigade anti-Haribo mise en place depuis dix ans par le gouvernement, et récupérer ses douceurs (qu’on ne trouvait plus nulle part en France) .
 Il ne buvait pas ou très peu, ne fumait pas, mais peut-être aurait-il mieux fait car tout cela restait légal malgré les dangers évidents pour la santé des consommateurs.  Son péché mignon par contre, ( les fraises Flagada), avait été interdit en France par la loi Haropi en 2011 parce que les colorants utilisés étaient trop néfastes pour l’environnement.
Depuis il se fournissait en Belgique, en Angleterre ou même parfois en Allemagne, lors de ses déplacements professionnels. Là-bas la lutte contre le réchauffement de la planète avait un tout autre sens, on avait développé des moyens de locomotion électriques, chaque logement bénéficiait de panneaux solaires, de récupérateurs d’eaux de pluie et d’eaux grises, les transports en commun étaient gratuits, à part les avions qui étaient surtaxés.
En France, on avait  «  incité » les gens à mieux s’équiper pour avoir un logement «  vert », on les avait pénalisés s’ils ne le faisaient pas ou s’ils n’avaient pas les moyens d’obtenir un passe droit. Mais les bus roulaient encore au diesel, les véhicules électriques restaient un luxe et on avait sorti toute une série de lois interdisant tout et rien sous prétexte de protéger les consommateurs. (interdiction de manger de la viande le soir, interdiction de se doucher tous les jours…)
Le colorant alimentaire E128 présent dans les fraises Flagada et dénoncé par la commission Européenne en faisait malheureusement partie. Plus question d’inciter à une consommation raisonnable,  dans ce cas comme dans tant d’autres depuis 2010, l’état avait décidé de protéger les consommateurs  contre eux-mêmes :  de force.
Bien qu’écologiquement discutables, ces lois avaient eu un fort impact économique. La création des diverses brigades de surveillance, des bureaux pour récolter toutes les dénonciations et des milices  de « contrôle des menus » avait généré beaucoup d’emplois.
Le marché noir avait repris, et avec suffisamment de moyens, on pouvait se procurer tous les produits désormais interdits. Aucun des gouvernements Européens voisins n’avait rien dit, trop contents de voir arriver tous ces petits français dans leurs supermarchés. Même l’immobilier avait été relancé, enfin surtout pour les régions frontalières car chacun voulait se rapprocher un peu des commerces «  libres ».
Du coup la douane  avait été renforcée et par un nouveau décret, on avait interdit au bon français de sortir du territoire plus d’une fois par mois. Là encore, tout était une question de moyens, de relations et de bons filons pour contourner cette interdiction. Besson avait failli démissionner car plus personne ne voulait s’installer en France, mais il avait rebondi, et empêchait maintenant les gens de quitter le pays.
Les deux individus sortirent un sachet qu’il reconnut immédiatement, c’était sa création pour dissimuler le contenu réel : il avait recyclé un paquet de bonbons à l’Eucalyptus dans lequel il planquait ses fraises Flagada pour aller au cinéma. Généralement, au fond de la salle sombre, il pouvait déguster ses friandises tranquillement sans être remarqué, jusqu’à hier soir où il avait bêtement laissé son paquet sur le siège d’à côté pour satisfaire un besoin naturel.
Faisant mine de repousser une feuille morte, il glissa ses cent euros sous le cendrier de la table voisine, les hommes se levèrent presque immédiatement, déposant en partant le paquet tant attendu sur sa table. 
Il dut se contenir pour ne pas ouvrir le sachet tout de suite.  Jetant  un regard circulaire sur la place à la recherche d’une éventuelle brigade de contrôle, il  s’empara du sachet, paya son café et repris sa route soulagé. Tout s’était bien passé, les brigands avaient tenu parole et ne l’avaient pas dénoncé, il pouvait reprendre sa vie.
 Le colorant E128 ne le tuerait surement pas, l’absurdité des lois françaises probablement.

Ce texte est une participation au jeu d’écriture initié par  Lizly et Madame Kévin , il s’agissait d’écrire un texte à partir de l’image ci-dessus. Il sera également publié sur un blog que vous pouvez visiter ici regroupant tous les textes inspirés par cette image. ,

c’était le bon temps

Ah c’était le bon temps, elle voulait devenir photographe et s’amusait à prendre les clichés les plus saugrenus.
Cette plage, ces converses, c’était il y a déjà  20 ans, lorsqu’elle avait encore l’avenir devant elle, lorsqu’elle avait encore des illusions.
Photographe, avait cyniquement ri son père, c’est un métier de «  crève la faim » ça ! «  Tu ne pourrais pas choisir quelque chose de plus sérieux ? » Après bien des disputes  du même genre, elle avait remballé ses pellicules ( lecteurs de moins de 30 ans sortez vos dicos,  il ne s’agit pas d’un problème capillaire !),convaincue qu’elle n’avait de toute façon aucun talent.
N’empêche cette photo, représentait le bon temps, celui ou le plus gros souci était : comment va-t-on aller en boite depuis cette plage ? Que va-t-on faire des affaires mouillées ?
Qu’étaient devenues ses amies de l’époque ? Les ptits copains qu’on s’échangeait presque aussi facilement qu’un haut pour une soirée ?
MORTS ! Tous morts sans exception !
Certains intoxiqués par le sang contaminé utilisé par les hôpitaux pendant des années, d’autres morts des suites du fameux nuage de Tchernobyl (qui s’est arreté NET aux frontières de la France si si ils l’ont dit au journal de 20 H 00 donc c’est VRAI !), d’autres encore qui auraient mieux fait de devenir végétariens… et les rares survivants ont été achevés par :
Le vaccin contre la grippe H1N1 ? Le LipDub de l’UMP (on  vous l’avait bien dit : la connerie ça tue ) ?
A moins que ça ne soit la lecture de ce texte rédigé après absorption d’un cocktail «  fervex-aspirine-café » histoire de réveiller un ou deux neurones complètement anéantis par les microbes.
Désolée !!!
Toute ressemblance avec des personnes ou des faits ayant existés est bien entendu purement fortuite. Ce texte est une participation aux jeux d’écritures initiés par Lizly et relayé sur le blog de Madame Kévin  qui m’a royalement accordé un délai pour écrire ma petite contribution de folle Peste.