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Les mésaventures de Grand Monstrou : 2

Episode numéro 2 : Ne soyez pas malades en Juillet et surtout pas à Rambouillet.

Le lendemain matin, Grand Monstrou était bien fatigué mais il souffrait moins, la traction de sa jambe le soulageait d’autant plus que, éveillé,  il ne bougeait plus.

Nous avons reçu la visite de la Pédiatre de garde, mielleuse à souhait mais gentille avec mon poussin, elle nous a expliqué que Grand Monstrou devait prendre des  anti-inflammatoires et anti-douleur en alternance (ce qu’on savait déjà puisqu’il avait commencé la veille) et qu’un orthopédiste viendrait le voir dans la journée.

« Dans la journée » c’est très vague, je suis donc retournée à la maison vite fait pour prendre une douche et récupérer quelques activités manuelles pour occuper mon petit malade, en priant pour que l’orthopédiste ne passe pas pendant mon absence ( 40 minutes de route aller-retour au minimum plus deux ou trois choses à faire à la maison).

J’ai du prier trop fort  ou mal ( en même temps une prière d’athée ça doit pas arriver souvent !), l’orthopédiste n’est pas venu de la journée. Quand j’ai compris qu’il ne viendrait plus il était trop tard pour râler puisque de toute façon il avait terminé son service et décampé.

Mr Poux était aussi contrarié que moi par cette défection mais comme notre Grand Monstrou souffrait moins nous n’avons pas spécialement manifesté notre mécontentement. Nous en étions encore au stade de se demander comment nous organiser entre un enfant à Rambouillet, l’autre dans notre petit village et Mr Poux à  son travail à 80 kilomètres de là. Et puis l’équipe de nuit allait prendre son service et je ne voulais surtout pas contrarier les infirmières au cas où la nuit se passerait comme la veille.

La nuit s’est effectivement passée comme la précédente, impossible de dormir sur le dos et réveil des douleurs et du monstrou à chaque tentative pour se tourner.

Le vendredi donc, après deux terribles nuits j’étais un véritable zombie, le manque de sommeil, l’inquiétude et le terrible couchage prêté aux « accompagnants » avaient eu raison de mes lombaires et de mes derniers neurones.

C’est seulement à 17H00 que l’orthopédiste a daigné venir ausculter mon fils accompagné de la «  mielleuse » et là les choses se sont considérablement compliquées.

Cet homme d’une cinquantaine d’année, barbu, poivre et sel avec surtout du sel, est arrivé dans la chambre tel le messie qui nous ferait une faveur en disant «  où est l’échographie ? Et pourquoi cet enfant est-il assis et non allongé ? ».

Tiens c’est drôle qu’il en parle, Mr Poux m’avait posé la même question la veille, mais personne dans le service n’avait envisagé de faire passer une échographie à Grand Monstrou.

Pour occuper mon Grand Monstrou nous avions fait des centaines de parties de Uno, de la peinture, des dessins etc. Le tout avec le lit redressé pour qu’il soit en position assise.

Or, d’après ce monsieur, Grand Monstrou devait être allongé en permanence, même pour manger !  Bien entendu il a annoncé ça d’une voix autoritaire devant mon fils qui s’est décomposé réalisant qu’il ne pourrait ni dessiner ni jouer au Uno s’il était allongé et qui a commencé à pleurer.

Outre  le fait que c’était une catastrophe de forcer un enfant de 5 ans et demi à rester allongé sans rien faire, et qu’en plus, manger allongé est la meilleure solution pour s’étouffer, j’avais la conviction que la chair de ma chair avait été mal soignée.

L’imbu de lui-même est très vite reparti mais comme la mielleuse était encore dans la chambre, je lui ai déversé toute mon insatisfaction sur la tête !

-          « POURQUOIIIIIIIIIIII est-ce que personne ne nous a dit plus tôt qu’il devait rester allongé ? Ça fait 48 heures qu’il est là et qu’il est assis, nous avons donc perdu deux jours pour sa guérison (et notre délivrance de cet hôpital) ».

Elle a bredouillé un truc pour dire qu’on n’avait pas perdu deux jours puisqu’il souffrait moins et qu’elle s’occupait d’un service pédiatrique et non orthopédique,  donc elle ne pouvait pas savoir. ( La maladie de la hanche touche les ENFANTS de 3 à 10 ans c’est donc une maladie PEDIATRIQUE).

Pas convaincue j’ai continué à l’invectiver : «  Et l’échographie ? Pourquoi il n’a pas passé une échographie ? En plus on est vendredi soir, s’il ne la passe pas aujourd’hui il ne se passera rien avant lundi ». Je parlais si fort que plusieurs infirmières, aides-soignantes et dames de services s’étaient rapprochées.

Là elle me rassure en m’affirmant qu’il pourra surement passer une échographie même pendant le  week-end.

-          « vous avez surement des relations dans cet hôpital, débrouillez-vous pour qu’il la passe AUJOURD’HUI » ( je savais que ça ne changerait rien à mon souci du moment c’est-à-dire garder mon poussin allongé, mais à ce stade je n’avais qu’une envie c’était de faire payer à la mielleuse son incompétence même pas dissimulée).

Non seulement ça fait du bien de râler mais en plus dans les dix minutes qui ont suivi, nous avons été conduits  à l’échographie qui n’a servi qu’à confirmer le diagnostique ( et à creuser le trou de la sécu), il y avait un gros épanchement au niveau de la hanche qui justifiait l’immobilisation totale de Grand Monstrou.

C’est la mielleuse en personne qui est venue nous rechercher et nous avons roulé ensemble le lit de Grand Monstrou, elle me donnait du « Madame » par-ci, « Madame » par-là bafouillant des explications toutes plus saugrenues les unes que les autres me réaffirmant que normalement Grand Monstrou aurait du être admis au service « orthopédie » mais que comme il était petit il avait été mis dans «  son » service alors que le rhume de hanche ça n’était pas du tout leur truc. (Comme je le disais plus haut j’ai eu la confirmation ensuite que le rhume de hanche ne touche QUE les enfants donc ça devrait être son truc !).

Ne voulant pas me fâcher complètement avec elle, je lui ai dit que je n’avais rien contre son service en particulier mais que j’étais très déçue de la façon dont personne ne s’était correctement occupé de mon fils pendant les premières 48H00.

En rentrant dans le service j’ai ajouté :

-«  là je me demande si je contacte mes avocats ou les journalistes pour leur expliquer comment on est pris en charge à Rambouillet ».

Elle est devenue toute blanche et je crois bien qu’elle a fait dans sa culotte !!

-          «  Mais non Madaaaame il ne faut pas faire ça voyons, vous n’avez pas perdu deux jours, regardez, il souffre beaucoup moins ».

-          «  N’empêche que je considère que c’est une FAUTE PROFESSIONNELLE qu’il n’ait pas été vu tout de suite pas un orthopédiste ».

Là, je ne voudrais pas me moquer, mais il me semble qu’elle a fait un second pipi dans sa culotte, en tout cas elle était aussi blanche que les draps du lit de mon Grand Monstrou (les broderies rouges au nom de l’hôpital en moins).

Elles sont ensuite venue à trois dans la chambre pour essayer de me calmer (pour m’empêcher de dire ce que je pensais): une agente ( qui en fait était aussi atterrée que moi par les conneries que la mielleuse sortait), une infirmière puéricultrice (qui a fait son possible pour rester neutre) et elle, notre mielleuse, qui ne savait plus quoi inventer pour me faire taire !

Toujours pour éviter de contrarier tout le service, je leur ai dit que je n’avais rien contre elles ou le service de pédiatrie mais que j’étais furieuse d’avoir perdu deux jours.

La soirée et la nuit ont bien évidement été terribles, on ne pouvait plus jouer au Uno, dîner couché est une torture, et bien sur s’endormir sur le dos était toujours impossible.

Pour couronner le tout, même lorsque Grand Monstrou dormait je ne trouvais pas le sommeil tellement j’étais énervée par les événements de la journée !

A deux heures du matin une élève infirmière est venue prendre la température de Grand Monstrou et elle a commencé à lui tirer dessus pour lui prendre le pouls… Dire que je l’ai jetée est un euphémisme, elle a quitté la chambre précipitamment et ne m’a plus jamais reparlé… D’une, personne n’avait jamais pris son pouls depuis le début, de deux vu les difficultés qu’il avait à trouver le sommeil si jamais elle l’avait réveillé, je me transformais illico en «  sérial killeuse » de personnel soignant.

L’avantage d’avoir fait tout ce «  ramdam » c’est que j’ai du être étiquetée « chieuse » et qu’ensuite nous avons été extra-chouchoutés par tout le monde.

L’inconvénient c’est que moi qui n’avais déjà absolument pas confiance en la médecine et ses sbires, c’est encore pire maintenant…

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Les mésaventures de Grand Monstrou

Episode 1 : Le rhume de hanche

Prologue :

Par une belle nuit d’été, Grand Monstrou s’est mis à boiter…

Et puis le lendemain, impossible de marcher, sans une douleur démesurée.

Nous avons immédiatement  décidé de consulter !

La doctoresse ne pouvant rien diagnostiquer,

Vers les urgences,  nous a renvoyés.

Nous conseillant fortement d’aller à Rambouillet… ( ah mais quelle drôle d’idée)

Je vous passerai les détails sur l’attente, encore plus longue du fait que nous sommes en Juillet et que nous étions arrivés peu de temps avant l’heure du déjeuner. Après quelques heures d’attente donc, le verdict tomba, Grand Monstrou avait contracté un rhume de hanche .

J’ai cru à une (mauvaise) blague de  l’urgentiste mais quand il m’a annoncé qu’il allait hospitaliser mon « tout-petit »  entre 8 et 10 jours, avec une traction de la jambe droite, j’ai compris qu’il ne plaisantait pas ( en même temps il n’avait pas vraiment une tête à rire).

L’annonce brutale de cette nouvelle m’a complètement paniquée légèrement stressée, j’ai demandé un valium «  mais c’est G.R.A.V.E  cette maladie ? » ( j’ai épelé le mot Grave pour ne pas stresser mon Grand Monstrou autant que sa vieille mère).

C’est ainsi que Grand Monstrou a été hospitalisé avec une jambe bandée, accrochée à deux kilos, dans le service de Pédiatrie. Au début il trouvait ça plutôt drôle, le bandage, la ficelle, le poids, ça allait lui faire plein de trucs à raconter aux copains, et puis installé comme ça il souffrait beaucoup moins.

Les ennuis ont commencé le soir lorsqu’il a voulu dormir, lui qui dort toujours à plat ventre ne parvenait pas à trouver le sommeil, coincé sur le dos avec son poids au bout de la jambe. Epuisé, il finissait par s’endormir puis se tournait dans son sommeil et se réveillait immédiatement en hurlant car ça lui faisait mal.  Il lui fallait ensuite un grand moment pour que la douleur passe, le «cafard » aussi car finalement, il ne trouvait plus ça rigolo du tout d’être là, il avait envie de son « lit-à-lui » ce que je peux tout à fait comprendre puisque je fantasmais sur le mien !

A 23H30 nous avons rallumé la télé, mangé des gâteaux, fait la fête tous les deux,  histoire de passer le temps et de changer les idées lugubres de chacun. Là, une aide soignante n’a rien trouvé de mieux que de me dire «  ah ben forcément qu’il ne dort pas, vous n’avez qu’à baisser son lit, éteindre la lumière, le mettre en condition de sommeil et il dormira ».

Pauvre cloche (et je reste polie) ! Le problème n’est pas de trouver le sommeil, c’est de le GARDER malgré la douleur de la hanche qui irradie jusqu’au genou dès que le naturel reprends le dessus et qu’il se tourne pendant ledit sommeil.

Le reste de la nuit a donc été ponctué de courts endormissements suivis de hurlements et de pleurs. Pleurs de frustration de ne pouvoir dormir, d’avoir mal, d’être mal installé etc. J‘en pleurais de ne pas savoir le soulager, l’aider, le réconforter. La seule chose que je pouvais faire c’était le rassurer, lui faire des câlins et des bisous mais ce n’était malheureusement pas suffisant et ses pleurs me fendaient le cœur.

A deux heures du matin j’ai supplié les infirmières de lui redonner quelque chose contre  la douleur  bien qu’il ait déjà eu une dose à minuit. Elles ont fini par avoir pitié de mes yeux hagards  et inquiets et des larmes de mon petit, elles ont trouvé un antalgique différent à lui donner et ça l’a assommé (ou bien elles lui ont refilé un somnifère qui sait ?), il a réussi à s’endormir.

Le lendemain matin je l’ai retrouvé à plat ventre, malgré sa jambe attachée, ce qui n’était certainement pas optimal pour sa guérison mais qui lui avait permis de dormir un peu.

Et je vous dis à demain pour l’épisode numéro 2 :  » Ne soyez pas malades en Juillet et surtout pas à Rambouillet » avec comme invitée spéciale : la doctoresse pédiatre qui ne connait pas le rhume de hanche !

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