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Dur à aimer… dur à cuire ?

C’est mon premier bébé, il est né hier, et pourtant il a déjà 7 ans !

J’écris «  déjà » parce que  c’est passé vite mais en ce moment je lui dis souvent ( trop souvent) qu’il a « seulement »7 ans.

Je lui dis que non, à 7 ans tout n’est pas négociable, non à 7 ans on ne répond pas ainsi à sa mère ( à 14 non plus d’ailleurs mais à chaque jour suffit sa peine hein…) NON NON et NON à 7 ans on ne trépigne pas, on ne jure pas, on ne tape pas du poing sur la table ( et puis quoi alors ! A 14 ans il va nous renverser la table parce qu’on l’a contrarié?).

J’ai mis mes « non » et mes négations en gras, parce que c’est tout ce qu’il entend, tout ce qu’il voit.
Grand Monstrou, à l’écouter, est la victime de parents despotes qui ne font que le contrarier exprès ! J’en rirais presque en lui disant que OUI on a fait un enfant ( puis deux) juste pour les faire Ch… et leur pourrir la vie parce qu’on s’ennuyait avec son père.

Mais tout est tellement dur en ce moment que je n’ai même plus envie d’en rire. Tout est dur !
Faire un jeu de société devient un cauchemar parce que comme j’explique à Petit Monstrou de nouvelles stratégies pour ne pas perdre, je l’ai «  favorisé » déclenchant ainsi un flot interminable de jérémiades et de reproches de la part de son frère qui finira par nous gâcher le jeu.

Sortir jouer dans la neige se termine en punition car dans son mode « je sais mieux que mes parents »,Grand Monstrou désobéit,se fait prendre et donc punir… retour à la case victime: hyper malheureuse et persécutée ( en même temps, s’il n’a pas de boulot il pourra être acteur).

Tout est dur et pourtant chaque matin depuis le 3 Août, je me dis que c’est toujours une journée de plus de gagnée auprès de mes monstroux… et chaque soir en me couchant je m’en veux parce qu’on s’est tellement disputés avec Grand Monstrou que j’ai fini par crier comme une mégère… Sur l’un, sur l’autre parce que (merde) j’ai 39 ans et je n’ai absolument pas l’intention de me laisser marcher sur les pieds par deux petits mâles ( otrus ?).

Ça ne pouvait plus durer, je l’ai emmené chez une pédo-psychiatre…

Même pendant le trajet, tous les deux en amoureux, sans le petit  frère qui a soi-disant, gâché sa vie ( mais dont il ne peut se passer), nous nous sommes disputés.  Le truc con, il veut un chewing-gum, je refuse puisqu’il va chez un docteur pour parler, je pense que la discussion est terminée mais non… il va « chouiner » et argumenter pendant tout le trajet…je me retrouve en train de hurler au feu rouge :

« rhaaaa mais enfin j’ai dit NON, NON, NOOOOOOOOOOOON c’est donc la fin de la discussion »
« Oui… mais…. »

Je vous jure, je vais finir par lui faire tatouer « oui mais »sur le front à ce gosse !!

La pédo-psychiatre a trouvé «  qu’il avait toujours quelque chose d’intéressant à raconter » (mon dieu, qu’est-ce qu’il a encore affabulé, promis Madame, je ne le drogue pas aux psychotropes, il est né comme ça).
Elle lui a dit «  Grand Monstrou, c’est TOI qui compliques tes relations avec les adultes »…

Malheureusement elle ne lui a pas encore appris comment ne plus compliquer ses relations… Pour ça il va falloir plus de séances, plus de chèques de Maman à qui on ne dit rien ou pas grand chose : secret professionnel oblige.

Je crois que le pire c’est quand il nous dit « oui d’accord » et qu’il s’en va tranquille, faire totalement autre chose que ce qu’on vient de lui demander !

On ne se laisse pas faire, les punitions pleuvent et donc.. Grand Monstrou est malheureux…il pense qu’on s’acharne sur lui.
Ce n’est bien sûr pas le cas, mais le disputer chaque jour use notre patience et j’avoue que je me fâche plus vite, plus fort, plus souvent…

L’autre jour, alors qu’il était encore dans la provocation, je lui ai dit qu’il était «  dur à aimer », il a pleuré… et moi je n’ai trouvé le sommeil que très tard dans la nuit ( culpabilité quand tu nous tiens).

Parce que c’est exactement ça, même si je l’aime très fort, en ce moment c’est souvent dur de m’en souvenir, lorsqu’il me répond, me provoque, se plaint…

A l’école ce n’est guère mieux, Monsieur n’a aucun problème d’apprentissage, il faut juste lui répéter un certain nombre de fois pour qu’il se mette au travail… Sincèrement je plains son enseignante et je la crois sans problème, lorsqu’elle me raconte que souvent il faut qu’elle se déplace jusqu’à son bureau pour lui dire à lui, les yeux dans les yeux, de sortir tel ou tel cahier, de se mettre au travail… ( bientôt il va lui falloir un faire-part pour commencer sa fiche de Français).

Résistance passive ? Recherche d’attention ?

Hier soir alors qu’il venait de faire exactement le contraire de ce que je lui avais demandé je lui ai posé la question… est-ce qu’il cherche à se faire disputer parce qu’ainsi il a plus d’attention de ma part ? Pour rappel, je suis à la maison donc je lui donne beaucoup de temps mais jamais assez à son goût, et il est très jaloux de son petit frère…

Il n’a pas répondu…

J’en viens à redouter les mercredis que j’attendais tant… j’en perds le sommeil… et j’en perds mon latin !

Si quelqu’un avait la notice, le guide des gosses de 7 ans des années 2000 ça m’aiderait beaucoup, parce que là je suis au bord du « rendage de tablier et bigoudis » de la femme au foyer !

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Evaluer c’est ficher !

J’ai failli ne pas en parler tant l’encre de la blogosphère a déjà coulé à ce sujet : l’évaluation des enfants de 5 ans en maternelle.

Bien entendu je suis contre, je trouve ça dangereux et tout et tout mais d’autres le disent tellement mieux que moi que je ne développerai pas (mais j’irai brûler mon exemplaire de 1984 -Orwell- sur la tombe de l’IUFM).

Par contre, en tant que Maman d’un enfant de 5 ans et demi scolarisé en grande section j’ai mis au point une contre-attaque avec classification des enseignants.

Sont considérés comme des enseignants à haut risque :

-          Tous les jeunots qui ont été envoyés au front catapultés dans des classes à la rentrée sans aucune formation pédagogique.  Je ne tolèrerai pas de ces « apprentis enseignants » qui se forment sur le dos de mon fils, la moindre évaluation-fichage.

-          Tous les enseignants de plus de 55 ans qui prendraient volontiers une retraite bien méritée mais qui ne peuvent pas. Le « burn-out » n’est pas que maternel, enseigner est un métier merveilleux mais également usant, je milite pour que l’on prenne en compte la pénibilité de la tâche.  Et que ceux qui pensent : ouais mais y’a plein de vacances essaient de passer 1mois et demi dans une salle avec 30 gamins, ils verront s’ils sont frais pendant les 10 jours de la toussaint. Bref, je refuse aussi que mon fils soit évalué par un enseignant usé jusqu’à la corde par des classes aussi surchargées que les programmes.

 

Sont considérés comme des enseignants à risque :

-          Tous ceux qui sont traités pour dépression, à force de s’en prendre plein la gueule par les parents, de vivre dans une société où l’on rogne chaque jour un peu plus sur les moyens  de l’éducation.

-          Mais aussi ceux qui sont : en train de divorcer (problèmes personnels limitant l’objectivité), célibataires ( instabilité flagrante), boulimiques ( problèmes comportementaux), fatigués ( concerne absolument tous les enseignants à partir de mi-décembre) cons ( si si, il y en a, moins que dans certaines catégories professionnelles mais il y en a).

Sont considérés comme des enseignants RAS :

-          Ceux qui sont passés par l’IUFM qui ont un peu d’expérience du terrain mais ne sont pas encore totalement grillés, à condition que… ils ne soient pas en train de divorcer, céliataires, anorexiques…(cf catégorie ci-dessus).

Ce qu’il y a de pénible avec le fichage des individus c’est qu’il est fait par d’autres individus avec tous leurs défauts humains, leurs sensibilités, leurs humeurs bonnes ou mauvaises, leurs caractères…

Non, vraiment, vivement qu’on ait tous une puce à code barre sous l’oreille et qu’on soit régulièrement scannés  pour voir si « tout va bien » si on est bien conformes/ dociles/ hébétés (rayer la mention inutile).

Quand on veut mettre en place une dictature, on commence par classer les gens dans des catégories, on les sous-éduque, on les maintient dans le besoin,  on les terrorise juste assez pour qu’ils coopèrent…

Avant d’avoir trop peur pour mes enfants, j’irai brûler un second exemplaire de 1984 sur le tombeau de la république française…

Et sinon y’a moyen de faire un chèque pour que mon fils soit catalogué RAS ?

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Fuir ou se défendre ?

 

Grand monstrou est rentré ce soir de l’école avec deux grosses marques dans le cou, parce que : « il y a  4 filles de CP qui sont amoureuses de moi , qui jouent à m’attraper et qui me tirent par  la capuche ».

Réaction interne numéro 1 avec  gonflement subit de l’égo maternel : Ah je savais qu’il était beau mon fils, 4 poulettes quand même !

Réaction interne numéro 2 directement liée à l’instinct primitif de protection de la tribu : Bon mais va falloir les calmer les groupies, il est beau certes, mais faudrait pas me l’abîmer mon bébé fils.

Réaction mature et posée de la mère équilibrée (que je serais peut-être un jour) :

« Mais enfin Grand Monstrou, si elles te font mal tu leur dis d’arrêter »

«  mais ouiiiiiiiii, mais elles n’arrêtent pas »

«  et bien tu prends ta grosse voix tu te fâches et tu les fais arrêter, attends elles sont en CP tu ne vas quand même pas te laisser enquiquiner par des filles de CP » ( qui en plus sont de ravissantes demoiselles que je connais  et dont deux d’entre elles sont de tous petits  gabarits, c’est le monde à l’envers, ce sont les petiotes qui blessent le grand… de vraies harpies quoi )

«  Mais si je les pousse elles disent que je leur fais mal » ( ben tiens, elles ont déjà tout compris les Miss )

«  Tu ne les pousses pas, tu leur dis fermement que ce jeu ne t’amuse pas, parce qu’elles te font mal » (et là, même moi je n’y crois pas, c’est la voix de la raison, le beau discours bien idéal et théorique de l’adulte,  je sais qu’il a  déjà essayé cette solution en vain mais je persiste et je signe…)

«  Dans tous les cas tu ne les pousses pas tu sais très bien qu’on ne frappe pas les filles »

« Mais les garçons si ? »

Et là, si vous devez avoir une image mentale de notre conversation vous pouvez m’imaginer en train de ramer comme une malade, assise dans une barque qui prend sérieusement l’eau…Et croyez-moi ça n’amuse que vous, parce que à cet instant précis je rêve de faire n’importe quoi d’autre que d’avoir cette conversation qui se retournera forcément contre moi un jour…

«  Pour les garçons c’est pareil, lorsqu’il y a une dispute, tu t’expliques, tu commences toujours pas régler le problème avec tes mots, mais bon, si vraiment tu te  fais cogner dessus, tu ne restes pas sans rien faire non plus, tu cours vers l’adulte le plus proche et si vraiment il n’y a personne, tu te défends ».

Là, elle est là, en gros et gras ma boulette, ou comment dire blanc et noir dans la même phrase,  parce que certes je ne veux pas qu’il se batte mais je ne veux pas non plus qu’il soit le souffre-douleur d’autres enfants parce que je lui ai interdit de se défendre…

Parce qu’une cours d’école c’est grand, (en plus c’est généralement plein d’enfants qui courent en criant) et que les enseignants ne peuvent pas tout voir, parce qu’un mauvais coup est vite arrivé ( cf le drame en Charente la semaine dernière) et qu’aucune maman n’a envie d’imaginer son enfant en train de se faire taper dans un coin sans broncher…

Oui mais si c’était lui qui donnait un mauvais coup en se défendant ? Sa vie serait fichue par MA faute parce qu’un soir d’égarement  je lui ai dit de se défendre…

Où est le juste milieu ?

Dans un monde où l’apparence à beaucoup plus d’importance qu’elle n’en devrait, on ne peut pas être le petit mec qui se laisse faire…

Mais dans ce même monde que je rêve non-violent on ne peut pas régler ses comptes avec des coups…

Bon mais alors je lui dis quoi à mon filston ? Et vous les mamans de ptits mecs, qu’est-ce que vous dites ?

Quand aux mamans des 4 amazones de moins d’un mètre qui harcèlent mon 1m20, il serait bien urbain de votre part de leur expliquer quelques règles basiques de séduction… merci d’avance !

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Comment stopper un cacathon ?

Petit Monstrou a 5 ans 4 mois et 16 jours, donc  en gros 5 ans et demi  même si ça l’arrange bien qu’on ne puisse pas encore dire « et demi ».

S’il a toujours eu beaucoup d’avance au niveau du langage et de certaines acquisitions, pour plein d’autres choses il est à la traine.  Je ne pense pas que ce soit un problème dans son développement,  plutôt une histoire de personnalité, mais bon peut-être que je ne vois pas ce qui est juste sous mon nez ce qui est fréquent dans une relation mère-enfant…

Alors avant d’aller consulter un spécialiste (et d’ailleurs lequel ?) je m’adresse à vous lectrices, blogueuses, mais surtout mamans, pour avoir votre avis ( les papas sont les bienvenus aussi).

Cet enfant est né fatigué ! Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il a fait ses nuits tout de suite pour récupérer, ce serait trop beau, non, il est fatigué pour les corvées et tout le quotidien.

J’en avais déjà parlé ici, s’habiller seul faisait toute une histoire, et là encore ce n’était pas un problème de développement mais un mélange entre la flemme et le désir même pas dissimulé de rester le bébé de maman.

Un truc qui le fatigue énormément en ce moment c’est d’aller aux toilettes, donc il attend le dernier moment et multiplie les « accidents ».

Si vous êtes en pleine pause déjeuner je vous déconseille de lire la suite, ce billet va devenir plutôt dégueu et odorant…

Lorsqu’il s’agit de quelques gouttes dans la culotte parce qu’il était trop occupé à  jouer, ça me gonfle mais c’est humain, tous  les enfants se sont  fait avoir au moins une fois, ils jouent, ils se tortillent car ils iront plus tard et plus tard… c’est trop tard.

Bref, les accidents de pipi ne me gênent  pas trop tant qu’ils ne sont pas trop fréquents.

Mon problème actuel et celui de Petit Monstrou concerne la «  grosse commission », les crottes, les bronzes, bref ce truc puant, souvent collant qu’on doit absolument faire tous les jours ou presque, pour être en bonne santé, mais dont on ne parle jamais.

A aucun moment vous n’avez dit à votre meilleure amie « ah bonjour ma bichette, comment ça va, tu as fait ton caca ce matin ? », pas plus que vous ne demandez à votre directeur s’il ne serait pas un peu constipé en ce moment car il l’air tendu (même si vous le pensez très fort).

Mais revenons à nos étrons, ou plutôt ceux de Petit Monstrou qui depuis plus de deux mois les commence systématiquement dans la culotte.

Dernier avertissement pour ceux qui grignotent, là ça va devenir carrément gore…

Non seulement il commence dans la culotte mais surtout, il vérifie avec sa main pour « voir » s’il  y a du caca ou pas…  oui vous pouvez le dire : beuuuuuuuuuuuuurkkkk !

Parce que une fois qu’il a « vérifié », généralement il en a plein les doigts qu’il essuie à peu près n’importe où… sur ses vêtements en priorité mais également sur mon mur de salon récemment…

On le surveille comme de l’huile sur le feu, dès qu’il se tortille ou au moindre petit pet on l’invite à se rendre dans les toilettes les plus proches et à se débarrasser normalement de ses excréments mais non, il répond qu’il n’a pas envie et peu de temps après c’est la trace de frein, voir le pneu entier dans la culotte ET sur les doigts !

Au début on lui a trouvé des excuses, nous étions en vacances, ce n’était pas le même rythme « toussa », puis Août a été un peu compliqué, il était peut-être inquiet, stressé…

Mais là on arrive au bout des excuses valables et ça continue… J’en arrive à m’inquiéter lorsqu’il est sur le canapé (jaune) en me demandant s’il a les doigts bien propres… du coup je l’envoie se laver les mains constamment et lorsqu’il vient me faire un câlin je ne peux m’empêcher de le renifler.

On l’a raisonné, puni, privé de parc, on lui a fait frotter ses culottes au savon mais rien n’y fait…  J’ai bien envisagé de lui coller la honte et de l’envoyer à l’école en couche mais je ne veux pas qu’il soit la risée de sa classe …

Alors aujourd’hui je lance un SOS , un appel aux idées géniales pour que cesse ce « cacathon » qui dure depuis fin juin…

Que faire ???

 

 

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Un seul être vous manque… alors deux !

Nous voici donc partis en amoureux, pas vraiment par plaisir comme nous le faisons parfois lorsque nous faisons des matinées spéciales « seul avec Papa » puis « seul avec maman » pour que chaque Monstrou puisse profiter un peu de ses parents sans son frère.

Grand Monstrou était super content car «  pour une fois il n’était pas puni en même temps que son frère, ni  à cause de son frère ».

Arrivés au Mc Bof, il a joué moins de cinq minutes avant de me rejoindre pour passer lui-même sa commande. En ce moment il aime tout faire lui-même et surtout je le constaterai plus tard, jouer dans l’aire de jeu  sans Petit Monstrou ne lui convenait pas.

Nous avons  donc absorbé notre malbouffe en nous réjouissant de n’être que tous les deux, sans que j’ai besoin de râler sur Petit Monstrou pour qu’il :

-          Mange un peu

-          Arrête de grimper, sauter, tomber, sur le banc, la chaise, la fenêtre…

-          Ne joue pas avec la nourriture

-          Etc…

Mais bon, c’était tout de même un peu glauque, nous n’avions pas grand-chose à nous raconter et le calme qui régnait à notre table ne semblait pas naturel, tant il était inhabituel.

Devant une frite tordue, j’ai eu une pensée émue pour mon pauvre Poux, coincé à la maison avec la furie de 5 ans en plein apprentissage de la vie, de ses hiérarchies et de ses contraintes.

Le « dîner » avalé Grand Monstrou est reparti jouer et j’ai longuement hésité à appeler la maison pour prendre des nouvelles. Mais non ! Je saurai bien assez tôt si mes deux «  forts caractères » s’étaient réconciliés ou au contraire écharpés à coup de sabres lasers, de lancer d’objets divers et bizarres et de fessées carabinées.

J’étais un peu inquiète mais je ne culpabilisais pas du tout, cette punition était absolument parfaite pour faire comprendre à Petit Monstrou qu’il avait dépassé les bornes et  que l’heure de sa dictature de petit tyran en puissance n’était pas encore arrivée.

N’empêche que le Mc Bof toute seule, un samedi soir c’est un peu sinistre, au lieu d’échanger enfin quelques phrases avec mon Poux voyageur, je m’ennuyais comme un rat mort.

Pourtant autour de moi se jouait un cinéma écossais assez sympathique que je vous conterai plus tard car j’ai eu tout mon temps pour observer les tables alentours et les interactions des  clients du samedi soir au Mc Bof.

Enfin pas tant de temps que ça parce que Grand Monstrou est revenu assez vite auprès de moi : il s’ennuyait ! Il y avait plein d’enfants de tous âges dans l’aire de jeu mais le petit frère qui l’agace tant, dont il souhaite régulièrement qu’on ne l’ait pas eu, lui manquait !

Voilà que mon grand « dur », tellement habitué à arriver en force avec son partenaire  de jeu, son complice aussi bien que son souffre douleur, me faisait une crise de timidité.

Nous nous sommes retrouvés, un samedi soir, à jouer avec le maître Shifu de Kung-Fu Panda  sous l’œil ironique des ados d’à côté. J’avais envie de leur dire : «  profitez de votre liberté parce qu’un jour, vous rencontrerez quelqu’un, et ensemble, vous ferez des gamins, au début absolument charmants mais qui finiront par vous rendre suffisamment  chèvre pour que vous atterrissiez au mac bof seul avec l’un d’entre eux, un samedi soir, pour faire tourner des maîtres Shifu  en plastique sur une table » !

Bref, nous n’avons pas trainé et en rentrant  à la maison j’ai retrouvé un Petit Monstrou charmant qui m’a fait une vingtaine de bisous d’affilée en me demandant pardon.

J’étais RAVIE , cette punition avait fonctionné aussi bien pour discipliner Petit Monstrou que pour prouver à Grand Monstrou que quoi qu’il en dise, son frère lui manque s’il n’est pas là..

Non vraiment j’étais contente jusqu’au lendemain lorsque Petit Monstrou a planté son regard bleu, glacial et limite diabolique dans le mien pour me dire «  Mais quand il n’y aura pas Papa, tu ne  pourras pas recommencer cette punition »…

Au secouuuuuuuuuurs !!!  Ce gosse aura ma peau c’est sûr !!

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La Cérémonie !

 

 

Hier mon « petit » Monstrou a eu  5 ans et en rentrant de l’école, outre les nombreux coups de fil de la famille et des amis, outre le fait que nous devions vite repartir car j’allais gueuler un bon coup assister au second conseil d’école de l’élémentaire, nous avons procédé à la cérémonie de la « remise des tututes ».

Oui, mon filston avait encore une tutute a 4 ans et 364 jours et alors ??? Je suppose sais qu’il n’ira pas passer son bac avec (le brevet des collèges éventuellement).

Bref, ce jour était grand, mon garçon aussi, il était décidé et nous avons donc procédé à la mise sous enveloppe de tout le stock de tututes pour les envoyer aux enfants pauvres.

Mais les enfants pauvres se moquent bien des vieilles sucettes de mon Monstrou me direz-vous.

Oui, je sais, mais c’était aussi symbolique qu’important pour lui, de passer ce cap  en transmettant ses tututes  adorées à quelqu’un qui en a besoin. A force de leur répéter qu’on ne joue pas avec la nourriture parce qu’il y a des enfants qui n’en ont pas, mes monstroux se sentent très concernés par la pauvreté, et même si ça reste totalement abstrait  pour eux, avec leurs petits moyens et leur drôles d’idées, ils ont envie de partager et je ne vais certainement pas les contredire.

Grand Monstrou a participé car il avait légué les siennes à son frère lorsqu’il avait arrêté et qu’il voulait bien sûr prendre part à la « cérémonie ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autant je donne les habits trop petits, les jouets trop «  bébé », autant les sucettes ça m’embête car même si je sais qu’elles sont propres, qu’elles sont pour les « grands » bébés, je me dis que les Mamans n’en voudront pas… Du coup j’ai planqué l’enveloppe dans un placard, en attendant le moment opportun de les jeter.

Vous les auriez données ou jetées vous ?

Et sinon, la première nuit s’est bien passée, un ptit coup de cafard en se couchant mais comme Petit Monstrou avait passé la soirée avec ses deux copines et le mari de Céline pendant notre réunion, il était bien fatigué… On n’est pas encore tirés d’affaire, j’appréhende un peu les prochaines nuits, le prochain virus…

Mais puisqu’il a réussi toute une nuit sans tutute, nous sommes sur la bonne voie !

Je suis très fière de lui bien sûr mais je ne peux m’empêcher de me dire, avec un petit pincement au coeur, que mes monstroux grandissent un peu plus chaque jour et que je n’y peux rien !

Même pas les supplier de ne pas grandir trop vite… d’ailleurs, à la fin de la cérémonie, j’ai pris ma voix de présentatrice télé et annoncé :  » je  déclare officiellement qu’à partir de ce jours, vous êtes de grands garçons ».

Bien sûr, ça les a ravis, mais une petite voix dans ma tête me répétait « petits enfants : petits soucis, grands enfants : grands… »

Et vous ? Ça vous inquiète de les voir grandir si vite ?

 

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Dis Maman, je partage ou je ne partage pas ?

J’ai un souci…

Grand Monstrou est entré à la Grande école cette année… Il fait donc de nouveau partie des plus petits, mais aussi des plus naïfs.

Et à la «  grande école », on joue aux billes, nous nous sommes donc procurés des…billes (c’est bien vous suivez), pour que Grand Monstrou ne soit pas à l’écart de ces formidables instants de racket d’échanges et de jeux.

Au mois de septembre, chaque matin, Grand Monstrou  partait à l’école avec dans son cartable 6 à 8 billes et il revenait systématiquement sans RIEN le soir. Au début, j’ai trouvé ça normal, il apprenait à jouer et perdait contre les plus grands. Nous avons même passé quelques soirées à quatre pattes dans le jardin pour nous entrainer, mais croyez-moi si vous le voulez, la jeune génération ne joue absolument pas correctement : leurs règles sont vraiment du «  n’importe quoi » ( comprenez qu’ils ne jouent pas du tout comme on jouait lorsque je trouais mes jolis pantalons de velours sur le bitume de la cour).

Ces entrainements auront un peu servi car il ramenait parfois quelques billes et parvenait même à gagner des «  rares » qu’il s’empressait de me montrer à peine sorti de l’école ( et avant même mon bisou du soir : SIC) , mais la plupart du temps il continuait à ressortir  les poches vides et l’œil triste.

Ce n’est pas tout ça, mais les billes ne poussent pas dans mon jardin, même si je soupçonne Petit Montrou d’en avoir planté quelques unes  (pour le plus grand bonheur de la tondeuse au printemps prochain !).

En fait Grand Monstrou ne perdait pas à chaque fois, mais tous les jours il donnait des billes à ceux qui n’en avaient pas et «  tu comprends Maman, j’ai prêté une bille à machin mais il se l’est faite tiquer ».

Hum… c’est exactement les valeurs que nous voulions faire passer à nos monstroux : on partage les choses avec ceux qui n’en ont pas.

Bon et là maintenant que je dois acheter des billes tous les week-end comment je lui explique que «oui, on partage, mais pas tout le temps non plus ». Parce que mon Grand Monstrou était devenu le fournisseur officiel de billes de la cour, donnant à qui voulait, même à des élèves qu’il ne connaissait pas.

J’ai tenté une première régulation en expliquant que c’était bien d’être généreux, de partager, mais que là, c’était un peu trop puisque du coup il n’avait même plus de billes pour lui.

Et là, dans les yeux de mon fils j’ai vu l’incompréhension voire la déception PARCE QUE  j’étais en train de lui dire EXACTEMENT le contraire de ce que je lui serinais depuis presque 6 ans !

Comment expliquer à son enfant qu’il faut toujours partager mais qu’il arrive un moment où on se fait avoir ?

J’ai littéralement pédalé dans la semoule pour me justifier et j’ai fini par lui dire qu’il pouvait dépanner ses copains à condition qu’on lui rende ensuite les billes prêtées et qu’il ne devait pas donner de billes à des grands qu’il ne connaissait pas.  Parce que je soupçonne les grands de s’être passé le mot «  y’a un ptit Cp là-bas, si on lui dit qu’on n’a rien il donne ses billes ».

Cette solution ne me convient absolument pas, donner seulement à ceux qu’on connait reviens à dire à son enfant que dans la vie on n’aide que nos amis, que si l’on voit quelqu’un en panne sur le bord de la route on ne s’arrêtera que si on le connait…

Comment est-ce que j’apprends la solidarité à mon fils si je le limite ainsi ?

En même temps, nous les adultes, avec qui sommes nous solidaires ? Avec qui partageons nous nos bons plans, les habits trop petits ?

Je me souviens d’un dîner où j’expliquais  aux monstroux  à quel point je déteste gâcher la nourriture parce qu’il  y a plein d’enfants qui n’en ont pas. Nous avons parlé des enfants Chinois ( entre autres ) qui au lieu de jouer aux billes sont exploités dans des ateliers de confection.

Grand Monstrou voulait prendre l’avion pour leur emmener de la nourriture mais là encore j’ai cassé ses illusions parce que même si nous emmenions tout le contenu de notre frigo cela ne suffirait pas…

Parce que changer le monde ne semble simple que lorsqu’on est enfant, et que nous les adultes sommes trop pris par : cette machine à laver à remplacer,  ces taxes à payer, cette neige qui nous embête, les cadeaux de Noël qu’il faut préparer…

Et si pour cette année on essayait de regarder un tout petit peu plus loin que notre nombril et nos menus de fête ?

Et si cette année on trouvait dans nos foyers suréquipés, dans nos emplois du temps surchargés , de quoi aider un peu les plus démunis ?

Partager, être solidaire c’est par exemple aller jeter un œil sur ces sites pour voir ce que l’on peut faire :

http://www.restosducoeur.org/

http://www.emmaus-france.org/

C’est déneiger le trottoir de la voisine qui est trop âgée pour le faire, aller passer deux heures au service pédiatrie de l’hôpital le plus proche, pour lire des histoires aux enfants malades, c’est donner des vêtements chauds aux associations qui les collectent plutôt que de les revendre sur Ebay…

Alors cette année, pour Noël, j’avais demandé un Kiné (un vrai, à domicile, pour me masser tous les jours voire plusieurs fois par jour), mais finalement je voudrais qu’on fasse tous un geste quel qu’il soit pour que je puisse continuer à dire à mes fils que dans la vie, dès qu’on en a l’occasion on se doit d’aider et de partager !

Qui est avec moi ?

Ce billet est ma contribution rêveuse à la plus belle liste de Noël de Chocoladdict et de Virginie B.

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J’aime pas tes potes : reste donc avec Môman !

Suite et fin (temporaire, je crains le pire pour l’adolescence…) des amitiés dérangeantes de mes Monstroux.

Souvenez-vous, Grand Monstrou était allé à l’anniversaire de R. il en était revenu enchanté et moi estomaquée, affolée et fort contrariée…  A la rentrée suivante, à notre tour nous avons invité R. à l’anniversaire de Grand Monstrou , tout s’est bien passé, je n’ai même pas revu les parents car c’est la grande sœur qui l’a accompagné.

Je croisais de temps en temps la Maman devant l’école où elle me racontait des bribes de sa vie avec  de nombreux détails ET grossièretés (que les enfants l’entendent ou non : j’adore !).

Et puis au mois de Mai elle m’interpelle dans le couloir devant la classe des garçons : «  au fait R. fête son anniversaire le 22 on compte sur Grand Monstrou »

Youpi, j’avais la réponse toute prête : «  oh zut, nous ne sommes pas là ce week-end là, nous serons dans  le nord chez mes beaux-parents » (pour une fois, j’étais presque contente d’aller chez eux !).

Et là… du tac au tac elle me répond : «  ah, ben alors on va changer la date car c’est très important pour R. que Grand Monstrou soit là ».

K.O je n’ai pas eu le réflexe de m’inventer un programme ultra chargé TOUS les weed-end jusqu’à la fin de l’année donc j’ai jusque acquiescé, résignée.

J’appliquerai  donc le plan B qui consistait à honorer l’invitation de R. mais en me tapant l’incruste chez lui TOUT l’après-midi, des fois que le Papa ne décide (encore) d’arroser copieusement les 5 ans de son fils.

Cet après-midi promettait  d’être long et pénible  mais pour RIEN  AU MONDE je n’aurais laissé mon fils de nouveau  seul chez les parents de R.

Le jour J à l’heure dite : personne chez R. Nous sonnons, re-sonnons en vain, apparemment la maison est vide ( il doit y avoir un dieu des mères-poules qui a eu pitié de moi !), j’avoue que je n’insiste pas plus que ça, je promets une activité super rigolote à Grand Monstrou pour  lui faire digérer sa déception et nous rentrons.

Le lundi je croise la Maman de R. en béquilles, à l’école qui s’excuse et me raconte une histoire abracadabrante : en bref, le vendredi soir elle s’est battu  dans la rue avec un ado qui embêtait sa fille, elle est tombée et s’est blessée au genou, du coup samedi elle était hospitalisée.

Traitez-moi d’égoïste si vous voulez mais je frissonne, même pas à l’idée qu’elle en a pour des mois en béquilles, mais à celle que ce «  drame familial » aurait pu se produire en pleine fête d’anniversaire, devant mon Monstrou ! C’est un peu comme la goutte d’eau qui ferait déborder le vase, il est hors de question que je laisse mon fils retourner dans une maison ou l’apéro commence au milieu de l’après-midi  pour le père et où la mère se bat comme une chiffonnière dans la rue.

(Ceci dit, si un vilain ado boutonneux et mal embouché venait devant chez moi agresser mes « bébés » de 15/16 ans, en attendant l’arrivée des forces de l’ordre, je pense que je finirais par intervenir aussi !).

A l’entrée en grande section, Grand Monstrou a été très déçu que R.ait quitté l’école : PAS MOI ! Outre les invitations glauques à éviter à tout  prix, ce petit avait appris de drôles d’expressions à mon fiston, égoïstement encore, j’ai pensé «  bon débarras » ! Oui je sais, c’est méchant, osez dire que vous n’auriez pas fait pareil !

Et puis en Septembre, jour de l’entrée à la «  grande » école, en CP, un gamin m’interpelle dans la cour : «  hey salut ! ». C’était le petit R. revenu dans notre village et encore une fois dans la même classe que Grand Monstrou (le dieu des mères-poules était-il en RTT ?).

Depuis, un soir sur deux le petit R. me harcèle parce qu’il veut inviter Grand Monstrou à diner. J’ai commencé par lui dire  gentiment que lorsqu’on s’adresse à un adulte, on ne lui dit pas «  Salut », d’une, ça ne peut pas lui faire de mal, de deux, ça l’a suffisamment scotché pour que  je n’ai pas besoin de répondre.

Bien sûr, il est revenu à la charge alors j’ai bafouillé que là, on était un peu débordés et que sa maman n’avait qu’à me téléphoner (tout en notant mentalement de souscrire à la liste rouge le soir même).

Depuis, je me planque le plus possible derrière ma copine Céline pour ne pas me faire accoster par R. et nous avons trouvé une solution : s’il revient inviter Grand Monstrou à dîner je dirai :

1/ Il ne peut pas il mange chez Céline

2/ Il s’est si mal conduit chez Céline que je l’ai puni, il n’ira plus dîner chez personne jusqu’à ses 18 ans, c’est ainsi et ce n’est pas négociable !

Même si c’est faux, ça me tente bien comme punition parce Grand Monstrou a le don pour se trouver des copains «  à problèmes » ou encore des copains «  enfants-rois » qui ont tous les droits chez eux, dont les parents sont totalement dévoués et SOUMIS (« il est très sensible, ça lui fait de la peine si je le fâche ») et ça n’est pas  beaucoup mieux…

En même temps, on ne fait pas des enfants pour les garder pour soi, et ça leur fait du bien de voir  d’autres schémas familiaux, d’autres  fonctionnements et d’autres adultes, car je suis bien consciente que même si je critique les autres familles la notre est loin d’être parfaite…

D’ailleurs comme je n’arriverai jamais à être une «  wonder-mommy », je postule pour le statut de «  mère indigne » parce que c’est la mode (n’est-ce pas Carole ?), et parce que des erreurs d’éducation j’en fais TOUS LES JOURS ! (mais c’est plus facile de voir la paille dans l’œil des voisins…)

Et vous ? Vous faites comment avec les copains de vos enfants ?

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J’aime bien ta copine, sa mère est à baffer !

Voici donc la suite du billet «  j’aime pas tes potes, encore moins leurs parents »…

Petit 2 : bonjour ! puis-je en coller une à ta mère ?

Continuons avec les fréquentations de Grand Monstrou et sa copine C. dont je ne donnerai pas, bien évidement,  le vrai prénom ici.

Grand Monstrou la connait bien, puisqu’ils sont dans la même classe depuis la petite section, il m’en parle  souvent pour me décrire ses « bêtises » et encore cette année, en Cp,  il me racontait l’autre jour, qu’elle s »était endormie en classe.

Je la connais un peu car il m’est arrivé de participer à des sorties scolaires ou à des ateliers ( cuisine, nature), avec la classe de Grand Monstrou. C’est effectivement une petite fille bien remuante, mais ce que j’avais surtout remarqué à l’époque c’est qu’elle était en recherche permanente de contact/interaction avec l’adulte (quitte à faire la fofolle pour se faire remarquer).

Une petite fille bien attachante donc, qui venait me faire la bise tous les matins l’an dernier lorsque je traversais la cour pour accompagner Petit Monstrou dans sa classe alors que les moyens et grands jouaient dans la cour.

Parce qu’elle m’a dit une fois qu’elle partait chez son Papa pour le week-end je sais que ses parents sont séparés, comme nous vivons dans un petit village, je vois à peu près qui ils sont, mais je ne les connais pas personnellement.

Jusqu’à ce que, la semaine dernière, je me retrouve juste derrière sa Maman à la caisse du supermarché. Il y avait une longue file d’attente et lorsqu’elle nous a vus, C. s’est montrée ravie de revoir mes deux monstroux, ravissement qui bien sur, à engendré des rires, des bousculades, des espiègleries… de trucs d’ENFANTS coincés derrière un caddie quoi !

Rien de vraiment gênant, et je vous assure que,  entre mon Petit Monstrou qui s’est assommé au rayon frais à force de faire le fou et Grand Montrou qui un jour a escaladé une tête de gondole (« parce que c’était drôle ») pendant que je vidais mon chariot, je SAIS quels sont les comportements gênants !

Mais la Maman de C. semblait excédée et ne cessait de l’invectiver plutôt sèchement. Loin de moi l’idée de la juger sur ce point, régulièrement, mes loulous sont supers pénibles pendant TOUTE la durée des courses et je pense que la moitié des hôtesses de caisse m’ont déjà vue les houspiller sèchement moi aussi, à deux doigts de les planter dans le bac des promotions de la semaine pour les revendre !

Donc parce que C. rigolait avec Grand Monstrou, elle lui a annoncé qu’elle n’aurait pas de bonbon en rentrant…( que celle qui n’a pas tenté de soudoyer ses  enfants en leur promettant une récompense à la fin des courses lui jette la première pierre). Ça c’est un peu gâté lorsque la petite a répondu que quand elle aurait 18 ans elle aurait tous les bonbons qu’elle voudrait.

Là, la mère s’est esclaffée « ah oui, oh là là que je serai tranquille quand tu auras 18 ans ! » (perso, j’ai fait promettre à mes enfants de ne PAS quitter le nid avant 25 ans…ça fait bien rire mon Poux qui dit que j’en aurai marre avant). Puis elle a ajouté une très vilaine remarque sur le fait que dès la semaine suivante elle aurait la paix puisque C. serait chez son père ( je ne peux pas retranscrire le ton, un mélange de mépris et de satisfaction), et là elle pouffe en direction de son compagnon : « la semaine prochaine, je refile le boulet à mon ex, ça lui fera les pieds ».

Fin de l’altercation, je n’étais pas très à l’aise quand la Maman m’accoste pour me prendre à témoin et me dire que c’est « chiant » (hum !) les enfants dans les grandes surfaces. Je lui dis que là ils sont plutôt calmes et que ce n’est drôle pour personne de faire les courses ou d’attendre à la caisse ( qui décidément n’avance pas).

Les enfants sont effectivement plutôt calmes, C. et Grand Monstrou parlent « billes » et Petit Monstrou, qui a du sentir mon malaise, est collé à moi. C. éclate de rire et fait une grosse grimace à Grand Monstrou qui réplique immédiatement (tu penses, des années d’entrainement dans la voiture !).

Là, le « charmant » monsieur qui accompagne la Maman de C. l’interpelle «  ahhh mais arrête donc de faire ça, t’es encore plus moche comme ça ma pauvre fille» (dans le ton se mêlaient : dédain, dégout et bien évidemment la méchanceté, la volonté de blesser… à moins que ce ne soit seulement de la bêtise !).

Et la mère d’ajouter « ouhh, oui que tu es vilaine ma fille ! »

J’ai eu tellement mal au cœur pour C. que dès que le gros mufle s’est retourné (pourvu que ça ne soit pas le nouveau copain de la maman) , je me suis penchée vers elle et je lui ai  dit «  et bien moi je te trouve très jolie ». Parce que, effectivement, il ne lui a pas dit qu’elle était chiante, il ne l’a pas frappée, mais pour moi c’est encore pire ! Ils l’ont rabaissée, il s’est moqué, il a cassé sa confiance en elle (si toutefois elle en avait encore) et sa mère l’a enfoncée au lieu de la défendre.

J’étais tellement sous le choc que je ne me souviens plus pourquoi, alors que son tour en caisse était enfin venu, la mère de C. l’a cette fois « privée de jouer dehors » (je cite) pour le soir même.

Par contre j’ai immédiatement retrouvé mes esprits quand elle s’est retournée vers moi pour me dire « ah tiens, comme ils sont copains, il faudra que votre fils vienne jouer à la maison » j’ai pensé «  moi vivante, ça n’arrivera jamais ! » (jetant un regard noir au gros rustre) et j’ai répondu «  là, ça va être compliqué, parce que mon petit va se faire opérer, on ne peut pas faire de projets ».

En rentrant j’étais malheureuse pour cette petite fille et j’ai été encore plus Maman poule avec mes monstroux, comme pour compenser…

Alors, c’est vrai, cette Maman là, n’a pas dit (devant moi) à sa fille qu’elle était chiante, mais remontés comme ils étaient contre la petite, son compagnon et elle, je me dis que C. n’a pas du passer une bonne soirée… D’ailleurs, est-ce qu’elle en passe souvent des bonnes soirées C. ?

Crédit photo : winio_janik sur flickr

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J’aime pas tes potes, encore moins leurs parents !

Grand Monstrou a plein de copains : c’est chouette (contrairement à son vieux père, il est sociable !). C’est important d’avoir des amis, une vie sociale et bien entendu ça me rassure de savoir qu’il est apprécié et pas tout seul, abandonné au fond de la cour, comme un pauvre malheureux.

C’est d’autant plus rassurant que Grand Monstrou a eu des débuts difficiles  en petite section.

Lorsque nous sommes rentrés des USA pour nous installer en France, il avait deux ans et à tout perdu d’un seul coup, sa maison, ses « copains » et «  copines » de la gym et de chez la nounou (si toutefois on peut parler de « copains »  à cet âge-là), et surtout ses repères.

Nous avons également perdu au change au niveau du climat, en Californie nous sortions jouer dans le jardin tous les jours à quelques exceptions près, nous sommes arrivés en France fin Décembre, par moins 11 degrés et les deux monstroux ont immédiatement goûtés aux joies des bronchiolites, angines, rhinopharyngites etc. donc nous ne sortions affronter le terrible hiver français que contraints et forcés. Ce n’est qu’avec l’apparition des beaux jours que Grand Monstrou a pu «  resocialiser » un peu et se faire des ptits copains avec qui jouer au square où nous allions l’après-midi.

Malheureusement ( et heureusement), notre maison était enfin libre et nous avons quitté le petit appartement de région parisienne ET le square pour nous installer dans notre chez nous.

Entre le déménagement, les visites chez les Grands parents et l’arrivée dans un nouveau village en plein Juillet, Grand Monstrou n’a pas vu beaucoup d’enfants durant l’été et nous ne nous sommes pas rendus compte tout de suite qu’après avoir souffert du changement de pays, il souffrait d’avoir perdu ses tous nouveaux copains.

Les premiers mois en Petite Section il frappait tout le monde, j’en étais malade avant d’aller le chercher, qu’allait m’annoncer la maitresse cette fois-ci ? C’était sa manière à lui de nous dire « chaque fois que je m’attache à quelqu’un on s’en va, maintenant je n’aime plus personne ».

Cette période m’a parue bien longue mais elle n’a pas duré tant que ça et Grand Monstrou s’est fait plein de copains…

Et c’est là que mes problèmes commencent : je n’aime pas ses copains, encore moins leurs parents.

Petit  1 : le copain « chiant »

Ce n’est pas moi qui le dit c’est la propre mère du fameux copain qui lui répète sans cesse quand elle ne lui pince pas les joues pour le faire obéir. Comme le garçon en question est un très bon copain de Grand Monstrou, nous l’avons eu à la maison, nous sommes allés chez lui, ou bien nous allions au parc ensemble et, systématiquement, il y avait des remarques du genre «  merde alors qu’est-ce que t’es chiant aujourd’hui »…

Entendons nous bien, mes monstroux aussi sont «  chiants » mais je ne leur dit pas, je leur dit qu’ils sont pénibles, usants, fatigants mais pas « chiants » parce que, puisque je ne veux pas qu’ils disent des «  gros mots », je commence par ne pas en utiliser moi-même… J’ai remplacé le fameux «  Putain » du Sud-Ouest par «  Punaise » ou « Purée » qui finalement manifeste aussi bien mon mécontentement tout en restant dans un vocabulaire correct.

Je sais fort bien qu’une des premières choses que les enfants partagent à l’école (après les microbes) ce sont les gros mots, savoureux parce que « interdits », «  gros », «  vilains » et attrayants aussi parce que «  rares » et inusités à la maison.

UNE FOIS, alors qu’ils avaient transformé (encore une fois) la salle de bain en piscine municipale, j’ai explosé et je leur ai crié qu’ils étaient « vraiment chiants » à me faire le même coup tous les soirs etc… Et là, j’ai vu leurs yeux ronds fixés sur moi, mes enfants étrangement silencieux, estomaqués, jusqu’à ce que je réalise ce que j’avais dit ! J’en ai entendu parler pendant des semaines, toute la famille l’a su (tu parles ! Le raconter permettait de réutiliser  mot interdit sans être puni puisque c’est la vilaine Maman qui l’avait dit). Mais ça les a marqués parce que c’était totalement inhabituel !

Est-ce que j’ai tort d’être choquée par le nombre inquiétant de mamans qui usent et abusent du mot « chiant » ( pour ne citer que celui là) à la sortie de l’école ? Est-ce que « chiant » serait  passé dans la catégorie des adjectifs appropriés pendant que j’étais aux Etats-Unis ?

Est-ce que c’est de l’élitisme que de ne pas souhaiter que mes fils aillent jouer dans des familles ou la vulgarité est quotidienne ?

En même temps, ça leur montre que toutes les familles ne fonctionnent pas de la même façon, que tout le monde n’a pas les même règles… et si j’écris ça montre que « tout le monde n’a pas les mêmes valeurs » est-ce que je suis en train de virer «  bourgeoise » ?

Je me doute bien que dans quelques années, quand ils auront mué et qu’ils auront trois poils sous  menton, ils me diront de leur voix éraillée «  pffff t’es chiante M’man, je l’ai rangée le mois dernier a chaaaaammbre »…

Mais pour le moment,  à 4 ans et demi et 6 ans je préfère épargner encore un peu leurs oreilles et laisser aux « gros mots » leur statut «  exceptionnel », le genre de mot qu’on lâche quand on a vraiment un pépin, ou qu’on dit tout bas à Maman le soir quand on «  vide sa collection de gros mots entendus dans la cour ».

Et vous ? Ca vous choque ces mamans qui traitent leurs enfants de « chiants » ou bien vous en faites partie ?

(Les petits 2 et 3 suivront….)

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