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Apologie de la folie… ou pas ! ( rediff)

Parfois je voudrais être folle, folle pour oser encore plus de chose que ce que je me permets actuellement, folle pour rire de tout et de rien, folle pour l’insouciance qui l’accompagne, ne parle-t-on pas de « folie douce ».

Lorsque je suis fatiguée, physiquement mais surtout moralement, je voudrais débrancher ma raison et sombrer dans une folie joyeuse ( et non pas furieuse), je pourrais lâcher prise, oublier mes responsabilités.

Je pourrais plaider la folie auprès de tous les gens que j’ai blessé volontairement ou non. Ils se diraient : » la pauvre elle n’a pas réalisé », et d’ailleurs bien souvent, les pires blessures que l’on inflige à autrui, on ne s’en rend pas compte… Béa Culpa !

Et puis je serais juste assez folle pour ne pas réaliser qu’on nous prend pour des cons, que quoi qu’on fasse, de toute façon on a tellement empoisonné notre planète que nous empoisonnerons aussi nos enfants et toutes les générations à venir si toutefois il y en a…

Si j’étais folle je ne verrais pas les gens rire de moi, ni ma famille s’inquiéter pour moi… mais si j’étais folle je n’aurais pas construit cette belle famille qui est la mienne, je ne saurais pas m’occuper des mes Monstroux… ( déjà que…hum !)

Alors je garde ma tête « valide » et pleine de soucis, mais j’ai toujours un regard bienveillant, un sourire pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir toute leur tête. Ceux qui auraient bien voulu garder leur raison et ceux qui ne l’ont jamais eue tout à fait…

Ce texte participe au défi d’Euréka et LuckySophie mais surtout je le dédie à mon oncle Guy, qui n’est pas fou mais dont la trisomie 21 a fait quelqu’un d’insouciant, juste pas suffisamment pour l’empêcher de réaliser qu’il n’est « pas comme nous ».

Je me souviendrai toute ma vie du jour où, alors que j’avais 12 ans il m’a dit « ça y est tu es plus grande que moi maintenant », j’en avais eu froid dans le dos car même si j’ai plaisanté en disant que non j’étais toujours plus petite que lui, je savais exactement ce qu’il voulait dire. A ce moment là, c’était moi la « folle » qui refusait de comprendre…

Je crois qu’on est toujours le fou de quelqu’un…

Mais quelque soit mon âge et l’état de mon cerveau ou du sien, mon Tonton Guy sera toujours mon tonton, celui qui dansait avec moi dans ma chambre, jouait à la maitresse avec moi, à la belote, au Yam’s, celui qui connaissait toutes les dates d’anniversaire ou de fête de toute la famille par cœur, celui qui dessinait si bien … Celui dont le rire insouciant et la petite folie pourraient faire envie, jusqu’à ce qu’on réalise, que lui, aurait juste voulu être comme nous !

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Bien commencer la semaine… ou pas !

Rentrer d’un week-end bien fatigant mais si riche en émotions qu’on se lève le lundi avec la super pêche, des projets plein la tête, des idées de billets, et aussi les tournées de lessives qui accompagnent les retours de week-end…

« Jeter » les monstroux dans leurs écoles respectives et se dépêcher de rentrer pour concrétiser tous ces projets.

Croiser quelqu’un qu’on connaît très peu, la saluer poliment en souriant et en lui demandant «  comment ça va »…

L’entendre répondre : «  très mal, mon mari veut divorcer et moi je ne veux pas »

Rester muette de stupéfaction et essayer de lui remonter le moral pendant qu’elle raconte avec moult détails sa vie conjugale, ses soucis actuels, ses pensées, ses conclusions, le tout sous une pluie battante, dans la rue.

Montrer de la compassion mais pas trop, de peur d’être soudain envahie par cette personne en détresse.

Rentrer chez soi et culpabiliser… Si j’avais été une amie je l’aurais invitée à boire un café, je l’aurais écoutée plus longtemps…

Mais je ne suis PAS son amie, je ne l’ai jamais été, on se croise de temps en temps sur le chemin de l’école, et je sais que ce genre de personne peut s’avérer un peu envahissante…

N’empêche qu’elle avait l’air vraiment mal…

Regretter ma décision de ne pas l’inviter…

L’assumer finalement en me disant que je ne suis pas assistante sociale…

Culpabiliser…est-ce qu’avoir pris la fuite après 30 minutes à l’écouter sous la pluie peut-être considéré comme de la non-assistance à personne en danger ? Et si elle faisait une bêtise ? Non, elle a un fils, elle va se battre pour son fils.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’on dit à une personne qui nous explique que son mari (certainement en proie au démon de midi) a décidé de divorcer, de la quitter, qu’il a certainement quelqu’un d’autre et qu’elle est totalement dans la mouise puisqu’elle s’est juste consacrée à s’occuper de leur enfant et de leur foyer pendant qu’il faisait carrière ?

D’ailleurs je suis à peu près dans la même situation, entre les horaires et les déplacements de Mr Poux, l’absence de structures d’accueil pour les enfants ( et le coût délirant de celles existantes), nous avons plusieurs fois constaté qu’il était plus simple pour tout le monde que je ne travaille pas pour le moment…

Il gère sa carrière, je gère tout le reste.

Allo docteur, il y a des vaccins contre le démon de midi ?

Et vous, vous auriez fait quoi dans cette situation d’une personne que vous connaissez à peine, qui vous déballe toute sa vie d’un coup ?

Parce que sous prétexte de me « protéger », je me suis lâchement enfuie, prétextant un truc à faire, mais depuis je culpabilise de ne pas avoir fait plus pour cette personne qui me semble mentalement perturbée ( on le serait à moins).

La semaine avait donc bien commencé… depuis je me fais des nœuds au cerveau !

Sérieusement, vous auriez fait quoi ?

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Y’a quoi dans mes oeufs ?

Mais non je ne vais pas vous parler de Pâques, je n’ai pas fait de billet pour dire « oh il neige », ni « trop trop chouette c’est le printemps les oiseaux chantent », je ne ferai donc pas de billet spécial Pâques (d’abord je serai trop occupée à m’empiffrer de chocolats honteusement volés dans la réserve des Monstroux).

Il s’agit ce matin d’une question certes pas existentielle mais qui me turlupine depuis quelques temps et pour laquelle je voudrais votre avis ainsi que celui du spécialiste du bio, j’ai nommé : Eric Citoyen

A la maison, on ne mange pas que bio ( trop cher, trop compliqué etc) mais les aliments sur lesquels je ne transige pas sont le lait et les œufs parce qu’on en consomme beaucoup.

Donc je n’achète que des oeufs bios, sauf quand mes parents viennent à la maison et qu’ils me ramènent des oeufs frais de leur voisine.

Jusqu’à présent, j’ai toujours préféré acheter des œufs directement chez les propriétaires de poules mais là j’ai un gros doute quand même…

Qu’est-ce qu’elle leur donne à manger, à ses poules, la voisine ?  Vais-je devoir jeter les monstroux  par dessus son grillage pour voir ce que picorent les gallinacées charentaises de la voisine de mes parents ? En voler une et lui faire une prise de sang ? Exiger qu’elle me fournisse le menu détaillés des cocottes pour les 4 dernières semaines ?

Bon, en même temps, je n’ai aucune garantie que mes oeufs bios de la superette du coin soient vraiment bios…  si ça se trouve les poulettes productrices d’oeufs « bios » sont nourries exclusivement avec les poubelles du Mac Crado du coin…

 

Mais alors  je fais quoi ? j’achète les œufs de la voisine ou ceux qui sont étiquetés bios ?

Quand même, ma vie n’est pas simple !! Vous ne trouvez pas ?

 

 

 

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Evaluer c’est ficher !

J’ai failli ne pas en parler tant l’encre de la blogosphère a déjà coulé à ce sujet : l’évaluation des enfants de 5 ans en maternelle.

Bien entendu je suis contre, je trouve ça dangereux et tout et tout mais d’autres le disent tellement mieux que moi que je ne développerai pas (mais j’irai brûler mon exemplaire de 1984 -Orwell- sur la tombe de l’IUFM).

Par contre, en tant que Maman d’un enfant de 5 ans et demi scolarisé en grande section j’ai mis au point une contre-attaque avec classification des enseignants.

Sont considérés comme des enseignants à haut risque :

-          Tous les jeunots qui ont été envoyés au front catapultés dans des classes à la rentrée sans aucune formation pédagogique.  Je ne tolèrerai pas de ces « apprentis enseignants » qui se forment sur le dos de mon fils, la moindre évaluation-fichage.

-          Tous les enseignants de plus de 55 ans qui prendraient volontiers une retraite bien méritée mais qui ne peuvent pas. Le « burn-out » n’est pas que maternel, enseigner est un métier merveilleux mais également usant, je milite pour que l’on prenne en compte la pénibilité de la tâche.  Et que ceux qui pensent : ouais mais y’a plein de vacances essaient de passer 1mois et demi dans une salle avec 30 gamins, ils verront s’ils sont frais pendant les 10 jours de la toussaint. Bref, je refuse aussi que mon fils soit évalué par un enseignant usé jusqu’à la corde par des classes aussi surchargées que les programmes.

 

Sont considérés comme des enseignants à risque :

-          Tous ceux qui sont traités pour dépression, à force de s’en prendre plein la gueule par les parents, de vivre dans une société où l’on rogne chaque jour un peu plus sur les moyens  de l’éducation.

-          Mais aussi ceux qui sont : en train de divorcer (problèmes personnels limitant l’objectivité), célibataires ( instabilité flagrante), boulimiques ( problèmes comportementaux), fatigués ( concerne absolument tous les enseignants à partir de mi-décembre) cons ( si si, il y en a, moins que dans certaines catégories professionnelles mais il y en a).

Sont considérés comme des enseignants RAS :

-          Ceux qui sont passés par l’IUFM qui ont un peu d’expérience du terrain mais ne sont pas encore totalement grillés, à condition que… ils ne soient pas en train de divorcer, céliataires, anorexiques…(cf catégorie ci-dessus).

Ce qu’il y a de pénible avec le fichage des individus c’est qu’il est fait par d’autres individus avec tous leurs défauts humains, leurs sensibilités, leurs humeurs bonnes ou mauvaises, leurs caractères…

Non, vraiment, vivement qu’on ait tous une puce à code barre sous l’oreille et qu’on soit régulièrement scannés  pour voir si « tout va bien » si on est bien conformes/ dociles/ hébétés (rayer la mention inutile).

Quand on veut mettre en place une dictature, on commence par classer les gens dans des catégories, on les sous-éduque, on les maintient dans le besoin,  on les terrorise juste assez pour qu’ils coopèrent…

Avant d’avoir trop peur pour mes enfants, j’irai brûler un second exemplaire de 1984 sur le tombeau de la république française…

Et sinon y’a moyen de faire un chèque pour que mon fils soit catalogué RAS ?

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on est mal barrés !

C’est un billet de Laurent qui a rappelé à mon bulbe ramolli que je voulais vous parler d’une certaine publicité qui me gonfle en ce moment…

Non il ne s’agit pas de la débile mentale qui se jette par la fenêtre pour rattraper sa bouteille d’eau gazeuse alors que clairement c’est la fin du monde ( on n’a pas tous les même valeurs).

C’est la pub pour E-darling chez qui je suis allée piquer l’image ci-dessous pour corroborer mes propos !

Donc si l’on en croit leurs différents spots télé, chez Edarling il n’y a que des avocats, architectes, médecins etc… J’en conclus donc que si t’es femme au foyer, ouvrier ou même enseignant ( ben ouais ça gagne pas tant que ça un enseignant) tu n’es PAS le bienvenu chez Edarling…

Jusque là je n’étais pas inquiète, il y a pléthore de sites de rencontres, si jamais je décidais de me recaser je n’étais pas obligée d’aller signer chez les élitistes…

Et paf, voilà que Laurent casse mes illusions :

Donc chez « adopteunmec » y’a que des  » Belles » femmes…

Me voici donc toute perplexe en ce dimanche caniculaire, si je quitte mon poux,  moi qui n’ai pas de carrière et qui suis d’une fraîcheur toute relative ( ceci dit j’ai maintenant une charmante balafre de corsaire sur le corps), où vais-je m’inscrire pour trouver la perle rare ?

Est-ce que Meetic accepte les moches avec un smic ou même sans smic ?

Cette société est vraiment bien loin des contes de fées et de l’ambiance Disney, parce que la morale de l’histoire c’est que si t’es un thon fauché, aucun site de rencontres ne voudra de toi !

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Apologie de la folie… ou pas !

Parfois je voudrais être folle, folle pour oser encore plus de chose que ce que je me permets actuellement, folle pour rire de tout et de rien, folle pour l’insouciance qui l’accompagne, ne parle-t-on pas de « folie douce ».

Lorsque je suis fatiguée, physiquement mais surtout moralement, je voudrais débrancher ma raison et sombrer dans une folie joyeuse ( et non  pas furieuse), je pourrais lâcher prise, oublier mes responsabilités.

Je pourrais plaider la folie  auprès de tous les gens que j’ai blessé volontairement ou non. Ils se diraient : » la pauvre elle n’a pas réalisé », et d’ailleurs bien souvent, les pires blessures que l’on inflige à autrui, on ne s’en rend pas compte… Béa Culpa !

Et puis je serais juste assez folle pour ne pas réaliser qu’on nous prend pour des cons, que quoi qu’on fasse, de toute façon on a tellement empoisonné notre planète que nous empoisonnerons aussi nos enfants et toutes les générations à venir si toutefois il  y en a…

Si j’étais folle je ne verrais pas les gens rire de moi, ni ma famille s’inquiéter pour moi… mais si j’étais folle je n’aurais pas construit cette belle famille qui est la mienne, je ne saurais pas m’occuper des mes Monstroux… ( déjà que…hum !)

Alors je garde ma tête « valide » et pleine de soucis, mais j’ai toujours un regard bienveillant, un sourire pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir toute leur tête. Ceux qui auraient bien voulu garder leur raison et ceux qui ne l’ont jamais eue tout à  fait…

Ce texte participe au défi d’Euréka et LuckySophie mais surtout je le dédie à mon oncle Guy, qui n’est pas fou mais dont la trisomie 21 a fait quelqu’un d’insouciant, juste pas suffisamment pour l’empêcher de réaliser qu’il n’est «  pas comme nous ».

Je me souviendrai toute ma vie du jour où, alors que j’avais 12 ans il m’a dit «  ça y est tu es plus grande que moi maintenant », j’en avais eu froid dans le dos car même si j’ai plaisanté en disant que non  j’étais toujours plus petite que lui, je savais exactement ce qu’il voulait dire. A ce moment là, c’était moi la « folle » qui refusait de comprendre…

Je crois qu’on est toujours le fou de quelqu’un…

Mais quelque soit mon âge et l’état de mon cerveau ou du sien, mon Tonton Guy sera toujours mon tonton, celui qui dansait avec moi dans ma chambre, jouait à la maitresse avec moi, à la belote, au Yam’s, celui qui connaissait toutes les dates d’anniversaire ou de fête de toute la famille par cœur, celui qui dessinait si bien … Celui dont le rire insouciant et la petite folie pourraient faire envie, jusqu’à ce qu’on réalise, que lui, aurait juste voulu être comme nous !

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Je sais c’est mal !

Il y a parfois dans la vie des périodes où rien ne va plus, où tout semble noir, triste et compliqué…

J’ai bien essayé les pensées positives du genre « je vais bien tout va bien » mais du coup la moitié du village me prend pour une folle parce que j’étais obligée de le répéter en permanence pour me convaincre. ( l’autre moitié savait DEJA que je suis une folle).

J’ai tenté la « dissolution des idées noires par absorption abusive et compulsive de chocolat et sucreries » (© vivelespestes méthode déposée),  j’y ai perdu ma taille 36 mais j’ai gagné une visite chez le dentiste.

J’ai profité des insomnies pour bouquiner à fond ( reculez un peu s’il vous plait vous marchez sur mes cernes).

 

 

 

 

Et comme rien ne fonctionnait, j’ai opté pour une méthode un peu plus discutable certes, mais qui a son efficacité : puisque ma vie ne me fait pas trop rire en ce moment, je vais aller rire de celles des autres… ( oui c’est mal, et oui j’assume !)

Je suis donc allée là : http://www.viedemerde.fr/tops et j’ai ri, mais j’ai ri !

En fait ma vie est trop cool, je suis l’heureuse Maman de deux charmants bambins,bruyants enthousiastes, toujours en train de négocier intelligents, sensibles, etc. Je suis l’heureuse épouse d’un Poux presque parfait ( à moins que ça ne soit « conditionnel »), j’ai un toit, un jardin, de la nourriture, la santé ou presque ( welcome back cochonnerie de Lupus Erythémateux) et surtout il ne m’est jamais arrivé ça :

quelques extraits de « vie de merde »

-  Aujourd’hui, opérateur à la maintenance de box ADSL, je reçois un appel d’un client : « Oui, bonjour monsieur, j’appelle pour vous faire chier. Je sais qu’une charte vous interdit de raccrocher. » Il a raison. VDM

- Aujourd’hui, mon chat est mort écrasé. Il s’appelait Compote. VDM

- Aujourd’hui, je suis dans l’ascenseur de mon immeuble. Au niveau -1 monte un homme très baraqué et un peu louche avec un bouledogue. Un peu paniquée, je m’exécute quand il me dit sèchement : « Assieds-toi. » Il parlait à son chien et a eu une crise de fou rire pendant dix étages. VDM

- Aujourd’hui, je suis en pleurs dans le bus suite à un chagrin d’amour. Un petit garçon n’ayant pas plus de six ans me regarde et me balance avec toute la compassion du monde : « Tu pleures parce que tu es moche ? » VDM

Et vous, vous faites quoi pour chasser les idées noires ?

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Ma vie avec la Purge !

Je suis en train de lire un livre1 aussi sérieux qu’intéressant qui explique qu’il faut faire attention aux surnoms qu’on donne à nos enfants parce que ça leur colle à la peau façon pygmalion et qu’ensuite ils s’efforcent consciemment ou non de correspondre à ce surnom.

N’empêche que j’ai parfois l’impression de vivre dans une mauvaise série télé ( pléonasme ?) qui s’intitulerait : « ma vie avec la Purge et la Brute » ( La brute sera abordée dans un prochain billet).

J’aime mes enfants plus que tout au monde, mais parfois, dès le matin je SAIS que la journée va être longue, que je vais finir épuisée psychologiquement, rêvant toute éveillée qu’il y ait école TOUS les jours !

Ca commence dès le petit déjeuner, Petit Monstrou nous hurle dessus au bord des larmes que « de toute façon la confiture elle est dégoutante et qu’il n’en mangera plus jamais ». Hier, elle était parfaite la confiture, c’est juste le premier signe d’une journée difficile…

A partir de là je SAIS qu’il ne mangera rien de son petit déjeuner quelles que soient mes menaces, mon chantage, ma grosse voix etc. Je sais aussi qu’il ne faudrait pas faire la guerre des repas mais cette scène je l’ai vécue si souvent, et j’ai jeté tant de fruits frais et de tartines entières ( que je ne peux pas manger => gluten) que j’espère toujours trouver LE moyen ( autre qu’un entonnoir) de lui faire absorber quelque chose.

Pourtant, dans les bons jours, Petit Monstrou allias la Purge, est un véritable ogre au petit déjeuner, c’est même son meilleur repas les autres étant quasi exclusivement réservés à ses représentations théatrales (comprendre qu’il cause, invente des histoires abracadabrantes mais ne mange pas => spirited child).

J’avoue que je lâche plus facilement prise les jours d’école, parce qu’il faut de toute façon être prêts à temps, et parce que s’il a faim dans la matinée, ce sera SON problème et pas le mien ! Mais en cette période de vacances scolaires, ça va devenir MON problème.

Lasse d’argumenter, de négocier, de menacer, dorénavant je retire l’assiette en annonçant fermement « et bien tu n’auras rien avant l’heure du déjeuner ». Mais je SAIS que dès 10h00 du mat, il va commencer à me suivre partout telle une sangsue pour me réclamer quelque chose à manger. Je sais que je vais dire non et qu’il va pleurer trépigner, hurler, tenter de m’amadouer à coup de « Maman t’es belle », à coups de câlins… Je sais que cette journée dans son intégralité sera placée sous le signe de la guerre psychologique ! Je suis fatiguée d’avance ! Je rêve d’un bureau ou aller me planquer, d’un pensionnat qui accepterais les élèves de moyenne section…

Voici quelques exemples de moments difficiles pour lui et moi et le reste de la famille :

Dialogue dans la chambre :

« Mais pourquoi c’est toujours moi qui dois m’habiller »

« heu tu as 5 ans là mon chéri…tu sais faire, tu le fais »

« je n’ai pas 5 ans j’ai 4 ans et demi »… ( et là ça me tente souvent de régresser et de lui sortir un truc du genre « et gna gna gna »).

Je gagne cette bataille là, il s’habillera tout seul mais j’aurais le temps de récurer une pièce entière, de jouer avec Grand Monstrou, de reboire un demi-litre de café… En clair, faut pas être pressé mais on y arrive !

Dialogue dans l’entrée

« Si je mets mes chaussures c’est toi qui ferme les scratchs »

« non, attends, les scratchs c’est quand même pas compliqué »

« alors je mets une chaussure et tu mets l’autre »

(déjà excédée alors qu’il n’est même pas 9h30 je prends ma grosse voix et je crie)

« tu mets tes chaussures TOUT DE SUITE où je te sors en chaussettes »

Sanglots, indignation et bien sûr… argumentation en hoquetant ( cet enfant est sensible ne l’oublions pas) : « bouhouhou mais si je sors en chaussettes je vais être malade, j’aurais la toux, un gros rhume et même plein de fièvre et toi tu seras triste parce que ça sera de TA faute … ».

Là je ne réponds même pas que ce sera SA faute, à défaut de rédiger une annonce sur Ebay pour le revendre, je désamorce la bombe et j’accepte de lui mettre une chaussure s’il met l’autre.

La Purge 1 Maman : 0  ! Je suis une mauvaise mère c’est officiel !

Je vous vois arriver avec vos gros sabots, mais pourquoi tu ne l’as pas sorti en chaussettes comme promis ?

Je l’ai déjà fait, il a tant hurlé que deux de mes voisins sont sortis pour me demander si tout allait bien, il a effectivement eu les pieds froids et mouillés, et s’il a mis ses baskets NORMALEMENT sans râler deux jours de suite après ça, ça ne vaut pas la semaine qu’il a passé à la maison parce qu’il était malade. (Coïncidence ou cet enfant est-il capable de tomber malade sur commande ?)

Et puis, là ça fait 20 minutes que Grand Monstrou cuit dans son blouson, sous son bonnet et son écharpe parce que LUI s’est préparé quand je l’ai demandé, et c’est lui qui va finir par prendre un chaud et froid si on ne sort pas.

Et puis, je suis FAIBLE ! Je sais qu’à la première tentative de négociation je devrais le mettre dehors pieds nus, jusqu’à ce qu’il admette qu’à 5 ans on met ses chaussures tout seul, sans y passer 20 minutes, sans passer par la case « je casse les oreilles ( et les pieds) de tout le monde ».

Mais comprenez-moi, quand Petit Monstrou est en mode purge, TOUT est dramatique, TOUT est source de conflit/problème et quand je parlais de guerre psychologique c’est exactement de cela qu’il s’agit, une guerre d’usure, sans pitié aucune, une lutte de chaque instant…

Du coup, pas la peine de me jeter la pierre dans les commentaires, je le fais très bien toute seule car bien souvent je me demande si je n’aurais pas mieux fait d’avoir des poissons rouges plutôt que des enfants… ( bon vu que je fais crever tous les poissons rouges en un temps record, ce n’est peut-être pas une bonne idée).

Alors, là je rentre d’une semaine de vacances SANS monstroux donc je suis regonflée à bloc, j’ai refait un stock de bouquin d’éducation, de discipline positive, ça file droit à la casa… Mais que se passera-t-il quand je commencerai à fatiguer ? à oublier mes bonnes résolutions ? A réagir avec plus de colère que de fermeté ?

Et bien nous reviendrons au terrible constat qu’une femme de 38 ans, relativement éduquée, soit disant capable d’élever des enfants, ex-enseignante (en plus !) se fait bouffer par un p’tit bonhomme de 5 ans.

Et voilà, dit comme ça, ça fait pas envie hein ?

Je comprends que certains parents jettent l’éponge et se retrouvent à vie, coincés avec de petits tyrans… Je SAIS qu’à chaque fois que je perds une bataille on s’en rapproche un peu plus et je tremble en me disant que si je ne redresse pas la barre maintenant lorsqu’il sera adolescent ma vie sera un enfer…

Alors, est-ce que c’est juste moi qui suis mauvaise ou est-ce que parfois c’est dur aussi pour vous ?

Est-ce que vous avez aussi un « spirited child » à la maison ?

Comment vous faites pour vous en sortir ?

Et question subsidiaire pour les mamans qui ne manqueront pas de me dire qu’elles s’en sortent très bien ELLES  :

Vous faites quoi à Pâques ? ça vous dirait 15 jours de pur bonheur avec la Purge ?

 

 

 

1 « raising your spirited child » de Mary Sheedy Kurcinka …. Spirited dans le sens « plus », plus demandeur, plus « difficile », constamment en train de nous mettre à l’épreuve, d’argumenter etc .

 

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Rendez-vous à Los Angeles

Depuis notre retour en France, à l’exception de la première année, tous  les ans je me débrouille pour faire mon petit «  pèlerinage » à L.A.

C’est généralement un séjour d’une semaine, une semaine de conférences et « meetings » à gogo pour Mr Poux et une semaine emplie d’émotions pour moi.

La première année fut la plus dure, après 7 ans de vie Californienne et malgré notre décision de rentrer définitivement en France, au sortir de l’avion on avait l’impression de rentrer chez nous !

On a même fait un détour entre l’aéroport et notre hôtel pour passer devant notre ancienne maison, (qui bien sûr abritait une autre famille puisque ce n’était plus «  chez nous »), et pour nous promener dans le petit parc où Grand Monstrou avait découvert sa première balançoire pour bébé, fait sa première descente de toboggan etc.

Et même si on a « refait notre vie » car c’est exactement de cela qu’il s’agit :

-          Se refaire de nouveaux amis

-          S’habituer à une nouvelle région (sans parler du froid absolument indécent de la Beauce ces derniers hivers)

-          Retrouver le « Non-service Français » (et là si vous avez un jour été expat, vous savez de quoi je parle…sinon, ben vous êtes habitués à vous faire littéralement aboyer dessus par la nana de la sécu qui visiblement n’avait pas réalisé que l’accueil du public faisait partie de ses missions, ça ne vous choque même plus et si vous êtes en forme vous crierez plus fort qu’elle)

Donc, même si on s’est réhabitués à la France ( je voulais écrire ré-acclimatés mais j’ai définitivement du mal avec les hivers français), à chaque fois, pendant ma semaine là-bas, je doute…

Avons-nous pris la bonne décision ?

Il  n’y a malheureusement  pas de bonne réponse à cette question et je crois que chaque fois que j’aurais la chance de retourner là-bas je me dirais : «  Et si… »

C’est très agréable d’avoir retrouvé la proximité de la famille, de ne plus passer les dix malheureux jours de congés US à faire le tour de la France pour voir tout le monde… Mais revoir les amies laissées là-bas est toujours un émouvant moment.

Je suis très fière de l’éducation française et c’était une motivation pour rentrer, mais finalement je regrette le côté «  discipline positive » et les encouragements bienveillants de l’éducation américaine…

Petit Monstrou ne rentre pas dans le moule de l’école française et comme disait son enseignante l’an dernier c’est « dommage mais on ne peut rien faire pour lui avec nos classes surchargées »… Là-bas j’aurais eu l’embarras du choix dans les écoles spécialisées qui auraient su utiliser ses facilités,  sa précocité ( ah merde ça y est je l’ai dit) pour le faire avancer, au lieu de stigmatiser ses différences au point de le faire se désintéresser totalement de l’école dès la petite section…

Pour lui, je me dis qu’on aurait été mieux là-bas, et puis je pense à mon amie Yasmina, qui voudrait bien prendre sa retraite en France mais qui ne le fera pas, parce que sa fille de quinze ans n’a connu que les USA et qu’elle est devenue une  vraie « American  girl », même  si ses racines sont en France.

Je pense à Martine qui se sent seule parce que la plupart de ses amies françaises sont rentrées au pays, qui paie chaque été des sommes astronomiques pour rendre visite à ses parents en France, et qui lève les yeux au ciel lorsque sa fille Charlotte lui parle exclusivement en anglais alors qu’elle et son mari ont toujours parlé français à la maison…

Je pense à Claudine qui assume seule ses trois enfants, qui travaille comme une dingue, tous les  jours, pour tout gérer et payer l’école française, les activités extrascolaires et bien sûr les billets d’avion pour  la France.

Je pense aussi à mes monstroux qui ont un lien très fort avec mes parents et qui n’auraient pas vraiment su ce qu’étaient des Grands Parents si nous étions restés là-bas.

Non, il n’y a vraiment pas de bonne réponse, parce que quand nous vivions là-bas, la France nous manquait, depuis que nous sommes ici, certaines choses des USA nous manquent…

Je me souviens d’une collègue qui me demandait combien de temps nous comptions rester, j’avais répondu un an ou deux car c’est ce que nous avions décidé avec Mr Poux. Elle m’avait répondu «  attention si vous dépassez les 5 ans, il est impossible de rentrer ensuite de se réhabituer à la France ».

En fait, si, on peut rentrer après 7 ans, mais nos cœurs sont comme coincés entre les deux pays.

On n’est plus complètement bien en France, on ne l’était pas complètement aux USA… Dis mon Poux chéri, et si on s’installait aux Caraïbes ?

Et vous ? Il y a un pays qui vous manque, un pays qui vous tente ?


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