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J’aime pas tes potes : reste donc avec Môman !

Suite et fin (temporaire, je crains le pire pour l’adolescence…) des amitiés dérangeantes de mes Monstroux.

Souvenez-vous, Grand Monstrou était allé à l’anniversaire de R. il en était revenu enchanté et moi estomaquée, affolée et fort contrariée…  A la rentrée suivante, à notre tour nous avons invité R. à l’anniversaire de Grand Monstrou , tout s’est bien passé, je n’ai même pas revu les parents car c’est la grande sœur qui l’a accompagné.

Je croisais de temps en temps la Maman devant l’école où elle me racontait des bribes de sa vie avec  de nombreux détails ET grossièretés (que les enfants l’entendent ou non : j’adore !).

Et puis au mois de Mai elle m’interpelle dans le couloir devant la classe des garçons : «  au fait R. fête son anniversaire le 22 on compte sur Grand Monstrou »

Youpi, j’avais la réponse toute prête : «  oh zut, nous ne sommes pas là ce week-end là, nous serons dans  le nord chez mes beaux-parents » (pour une fois, j’étais presque contente d’aller chez eux !).

Et là… du tac au tac elle me répond : «  ah, ben alors on va changer la date car c’est très important pour R. que Grand Monstrou soit là ».

K.O je n’ai pas eu le réflexe de m’inventer un programme ultra chargé TOUS les weed-end jusqu’à la fin de l’année donc j’ai jusque acquiescé, résignée.

J’appliquerai  donc le plan B qui consistait à honorer l’invitation de R. mais en me tapant l’incruste chez lui TOUT l’après-midi, des fois que le Papa ne décide (encore) d’arroser copieusement les 5 ans de son fils.

Cet après-midi promettait  d’être long et pénible  mais pour RIEN  AU MONDE je n’aurais laissé mon fils de nouveau  seul chez les parents de R.

Le jour J à l’heure dite : personne chez R. Nous sonnons, re-sonnons en vain, apparemment la maison est vide ( il doit y avoir un dieu des mères-poules qui a eu pitié de moi !), j’avoue que je n’insiste pas plus que ça, je promets une activité super rigolote à Grand Monstrou pour  lui faire digérer sa déception et nous rentrons.

Le lundi je croise la Maman de R. en béquilles, à l’école qui s’excuse et me raconte une histoire abracadabrante : en bref, le vendredi soir elle s’est battu  dans la rue avec un ado qui embêtait sa fille, elle est tombée et s’est blessée au genou, du coup samedi elle était hospitalisée.

Traitez-moi d’égoïste si vous voulez mais je frissonne, même pas à l’idée qu’elle en a pour des mois en béquilles, mais à celle que ce «  drame familial » aurait pu se produire en pleine fête d’anniversaire, devant mon Monstrou ! C’est un peu comme la goutte d’eau qui ferait déborder le vase, il est hors de question que je laisse mon fils retourner dans une maison ou l’apéro commence au milieu de l’après-midi  pour le père et où la mère se bat comme une chiffonnière dans la rue.

(Ceci dit, si un vilain ado boutonneux et mal embouché venait devant chez moi agresser mes « bébés » de 15/16 ans, en attendant l’arrivée des forces de l’ordre, je pense que je finirais par intervenir aussi !).

A l’entrée en grande section, Grand Monstrou a été très déçu que R.ait quitté l’école : PAS MOI ! Outre les invitations glauques à éviter à tout  prix, ce petit avait appris de drôles d’expressions à mon fiston, égoïstement encore, j’ai pensé «  bon débarras » ! Oui je sais, c’est méchant, osez dire que vous n’auriez pas fait pareil !

Et puis en Septembre, jour de l’entrée à la «  grande » école, en CP, un gamin m’interpelle dans la cour : «  hey salut ! ». C’était le petit R. revenu dans notre village et encore une fois dans la même classe que Grand Monstrou (le dieu des mères-poules était-il en RTT ?).

Depuis, un soir sur deux le petit R. me harcèle parce qu’il veut inviter Grand Monstrou à diner. J’ai commencé par lui dire  gentiment que lorsqu’on s’adresse à un adulte, on ne lui dit pas «  Salut », d’une, ça ne peut pas lui faire de mal, de deux, ça l’a suffisamment scotché pour que  je n’ai pas besoin de répondre.

Bien sûr, il est revenu à la charge alors j’ai bafouillé que là, on était un peu débordés et que sa maman n’avait qu’à me téléphoner (tout en notant mentalement de souscrire à la liste rouge le soir même).

Depuis, je me planque le plus possible derrière ma copine Céline pour ne pas me faire accoster par R. et nous avons trouvé une solution : s’il revient inviter Grand Monstrou à dîner je dirai :

1/ Il ne peut pas il mange chez Céline

2/ Il s’est si mal conduit chez Céline que je l’ai puni, il n’ira plus dîner chez personne jusqu’à ses 18 ans, c’est ainsi et ce n’est pas négociable !

Même si c’est faux, ça me tente bien comme punition parce Grand Monstrou a le don pour se trouver des copains «  à problèmes » ou encore des copains «  enfants-rois » qui ont tous les droits chez eux, dont les parents sont totalement dévoués et SOUMIS (« il est très sensible, ça lui fait de la peine si je le fâche ») et ça n’est pas  beaucoup mieux…

En même temps, on ne fait pas des enfants pour les garder pour soi, et ça leur fait du bien de voir  d’autres schémas familiaux, d’autres  fonctionnements et d’autres adultes, car je suis bien consciente que même si je critique les autres familles la notre est loin d’être parfaite…

D’ailleurs comme je n’arriverai jamais à être une «  wonder-mommy », je postule pour le statut de «  mère indigne » parce que c’est la mode (n’est-ce pas Carole ?), et parce que des erreurs d’éducation j’en fais TOUS LES JOURS ! (mais c’est plus facile de voir la paille dans l’œil des voisins…)

Et vous ? Vous faites comment avec les copains de vos enfants ?

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j’aime pas tes potes : tu n’iras plus chez eux !

Dans la première partie de cette série sur les copains de mes monstroux, je vous ai parlé des difficultés relationnelles  du début de petite section pour mon Grand Monstrou.  Aussi lorsque vers le mois de Mai il a été invité  à son premier anniversaire, j’étais tellement soulagée/contente qu’il ait au moins UN copain que je ne me suis pas méfiée et j’ai bien vite accepté.

C’est Mr Poux qui a déposé un Grand Monstrou enchanté à  sa première fête d’anniversaire et c’est moi qui suis allée le chercher…  Je rappelle qu’en plus d’être accro au chocolat, j’ai aussi le terrible vice d’être fumeuse, mais nous ne fumons pas dans la maison et jusqu’à récemment je ne fumais pas non plus dans la rue en présence des Monstroux (1 / pour leur épargner ma fumée toxique 2/ un vieux reste de la honte qu’on t’inflige aux USA si tu sors t’en griller une).

Bref, donc je suis fumeuse, mais en pénétrant dans le brouillard du salon où avait lieu la petite fête, j’ai bien failli m’étouffer !  GARGL, mais comment peut-on recevoir des enfants de 3 -4 ans dans un tel fumoir ?

Bien entendu je n’ai rien dit d’autant plus que La Maman du petit R. m’a sauté dessus pour me remercier d’avoir répondu ET réellement amené mon fils car finalement ils n’étaient que 3, la petite C. (tiens donc !) , R. et Grand Monstrou. Elle était mécontente que la plupart des invités n’aient même pas daigné répondre (je constaterai plus tard qu’apparemment c’est une tradition Beauceronne, tu reçois une « invit », tu ne réponds rien et le jour J tu te pointes en retard, la gueule enfarinée… ou tu ne viens pas, parce qu’ici ne pas répondre correspond à  «  non merci nous avons d’autres projets »).

Elle m’a ensuite présenté les 4 ados du fond du salon, look très spécial  et vocabulaire … d’ado ( SIC), il y avait le grand frère et la grande sœur de R. et leurs «  chéri(e)s respectifs. Parce qu’en fait, m’expliqua-t-elle, R. n’était pas prévu du tout, elle pensait en avoir définitivement terminé avec les couches, la maternelle etc. quand il s’est annoncé.

Ce n’est pas que je m’ennuyais, d’autant que cette gentille dame, prise d’une passion amicale pour moi avait entrepris de me raconter toute sa vie, mais je n’avais qu’une idée en tête : sortir Grand Monstrou de ce salon enfumé où fusaient les blagues grasses des ados alors que les petits jouaient juste à côté.

Et là, au milieu de la déferlante de confidences de la Maman (aux USA j’aurais dit « sorry,  too much informations ! ») est arrivée la cerise sur le gâteau, (mais à l’eau de vie alors, la cerise…) Le père de R. particulièrement joyeux, très certainement tout content d’avoir bien « arrosé » l’anniversaire de son fils !

Au risque de paraître prétentieuse, je dirai que ce monsieur représente pour moi le « pauvre gars par excellence » !  Le genre de personne que je plains en temps normal, parce qu’être dans cet état à 17h00 est la preuve d’un terrible mal-être sinon d’un  alcoolisme évident. Mais là, je l’ai détesté immédiatement parce que je lui avais confié MON enfant et que la moindre des choses aurait été de rester sobre !  J’ai littéralement fulminé lorsque j’ai appris qu’il avait emmené SEUL les enfants, jouer dehors.

Comment son épouse avait-elle pu le laisser s’occuper de son fils (et donc du mien) dans cet état ?

Je n’ai bien sûr pas posé la question de cette façon, mais je me suis tout de même renseignée et HORREUR :  comme  ils ne parviennent pas à joindre les deux bouts entre leurs deux grands, la maison et le petit R, la maman a trouvé quelques heures de ménage le samedi après midi…
Elle n’était rentrée qu’au moment du gâteau !

J’en étais malade en ramenant Grand Monstrou à la maison et j’ai soumis Mr Poux à un interrogatoire en règle en arrivant :

Crédit photo : fotosearch.com

-          Le papa était-il déjà aviné lorsque tu as laissé Grand-Monstrou là-bas ?

-          Est-ce que tu as vu qu’ils fumaient tous dans la maison ?

D’après Mr Poux, le papa de R. était  « normal » en début d’après-midi  et  il n’a pas vu les ados-fumeurs, mais il était furieux d’apprendre que Monsieur R. n’avait pas bu que du coca alors qu’il avait la responsabilité de notre fils.

Grand Monstrou lui, était absolument ravi de son après-midi, et même pressé d’y retourner ce qui est bien entendu HORS DE QUESTION !

En même temps, il n’est pas traumatisé, il ne lui est rien arrivé, j’ai juste eu des sueurs froides en imaginant ce qu’il aurait pu se passer !

Mais nos péripéties avec R. et sa famille ne sont pas terminées…

L’année d’après nous avons de nouveau été invités… Que feriez-vous dans ce cas là ?

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l’éducation aux USA : le système de récompense.

Certains commentaires sur le billet d’hier m’ont fait penser à la passion des enseignants (et des parents) américains pour les autocollants. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite puisque les premières années j’étais dans une école qui suivait le programme français à la lettre. Mais lorsque je suis passée en école internationale, j’ai été priée de récompenser plus, et plus souvent.
Un exemple parmi tant d’autres qui m’a posé problème les premiers temps, j’avais un petit garçon qui avait beaucoup de mal à ne pas frapper les autres. Adorable mais très coléreux et agressif, dès qu’un camarade le titillait un peu : BIM il lui en collait une !
L’école avait une tolérance zéro pour la violence et j’ai même du renvoyer ce petit chez lui en pleine journée parce qu’il avait mordu un copain et que les morsures entrainaient l’exclusion immédiate pour la journée. (Un jour où j’étais crevée j’ai bien essayé de mordre une collègue mais personne n’a voulu me renvoyer chez moi !).
Forte de ma formation française et d’une approche de la discipline totalement différente, chaque fois qu’Andrew agressait physiquement un camarade je le punissais et le sermonnais. Il passait 4 mn (puisqu’il avait 4 ans) séparé des autres, ou perdait son tour à l’ordinateur, ou devait s’asseoir au lieu de jouer pendant la récré. C’est ce que j’avais toujours vu faire en France : mauvaise action = punition.
Ça ne marchait pas trop mal jusqu’au jour où la collègue de la classe d’Espagnol a voulu s’en mêler. Je m’étais absentée pour la journée pour faire ma première échographie et enfin apercevoir mon Grand Monstrou et elle avait pris ma classe.
Elle a passé un accord avec lui, chaque fois qu’il passerait une journée sans frapper quelqu’un il aurait un joli « sticker « (autocollant) et au bout de 5 il aurait un bonbon ! (Tous les matins à 11H00 elle refilait des bonbons à toute sa classe enfin à ceux qui avaient bien voulu chanter, autant vous dire que ça me défrisait comme méthode !).
A mon retour le lendemain, je n’étais pas contente du tout ! Parce que dans ma culture : On ne récompense pas une attitude normale ! J’entends par là que je trouvais ça complètement injuste par rapport aux autres enfants qui eux n’avaient jamais frappé un de leur camarade. Perso, devant un tel contrat si j’avais été une élève j’aurai immédiatement commencé à mettre le bazar pour qu’on me fasse à moi aussi mon petit carnet à « stickers » avec un bonbon tous les cinq jours !
Il était trop tard pour changer de méthode, le contrat était passé et je dois avouer qu’Andrew faisait beaucoup d’efforts pour obtenir sa récompense. Parfois il devenait tout rouge, serrait les poings et commençait à grogner (littéralement !) mais il tenait le coup et l’ambiance de la classe s’est soudainement améliorée puisqu’il n’était plus jamais puni et ne faisait plus de colères (ou presque).
N’empêche que le premier jour du bonbon, mes trois plus grands élèves sont venus me voir pour réclamer le leur ! Ils ne trouvaient pas normal qu’Andrew qui était jusqu’alors la terreur du bac à sable, reçoive un bonbon tous les vendredis !
Là j’avoue que j’ai légèrement bafouillé car même si j’avais constaté l’efficacité de cette méthode, je ne pouvais absolument pas la justifier ou la défendre. J’ai lâchement décrété que c’était jour de fête dans la classe de français, on a tous mangé un bonbon en dansant comme des sauvages sur le cd de Claude François (que mes petits adoraient). Pour prévenir toute négociation ou argumentation, Andrew a eu deux bonbons : celui de la fête de la classe et celui de son « contrat », et tant qu’à n’être qu’une lâche humaine, j’ai sciemment oublié de préciser aux autres qu’il en avait eu deux.
Lors de mon récent séjour Californien, j’ai revu avec grand plaisir mon amie Martine, qui est devenue enseignante là-bas après une formation américaine. Je lui parlais de ma guerre quotidienne avec Petit Monstrou qui refuse systématiquement de mettre ses chaussures le matin. Il sait parfaitement les mettre car lorsqu’on part à la patinoire, sous la menace de ne pas y aller, il les enfile en trois secondes.
Par contre, pour aller à l’école, (comme en plus il ne veut pas y aller), il n’a aucune raison de faire un effort et ça se termine systématiquement par une dispute où je m’épuise et par le fait que je lui enfile ses chaussures ne pouvant pas l’emmener à l’école en chaussettes. C’est son moyen de pression à lui, et la répétition quotidienne de cette bataille m’use énormément au point que je deviens une Maman qui crie (et donc qui culpabilise ensuite !).
Martine m’a demandé pourquoi je ne lui faisais pas un contrat, avec stickers à la clé et récompense au bout ! Bon sang mais c’est bien sur ! Ça avait tellement bien marché avec Andrew, comment n’y avais-je pas pensé plus tôt !
SAUF QUE, vous le voyez arriver le HIC ? Mon Grand Monstrou qui est le roi de l’argumentation et de la négociation ne va pas mettre plus de deux minutes pour refuser de mettre ses chaussures parce que lui n’aura pas d’autocollant ni de récompense ! C’est le serpent qui se mord la queue, si je récompense un des monstroux pour une attitude que l’autre à acquise, je crée l’injustice et j’incite donc l’autre à faire grève de chaussures jusqu’à ce que lui aussi ait son autocollant !
La solution proposée par Martine est de proposer un autre contrat à Grand Monstrou sur une attitude ou compétence que je souhaite qu’il acquière pour qu’il ait lui aussi son carnet de sticker et son petit cadeau au bout.
A votre avis, est-ce que je peux lui apprendre à repasser et le récompenser à chaque cinquième tee-shirt qu’il aura repassé à ma place ? (qui a dit « mauvaise mère » ?).

Je terminerai sur une phrase que j’ai lue hier dans un bouquin de « discipline positive » que j’ai ramené des USA : « les seules personnes qui pensent qu’être parent ou enseignant est une tâche aisée sont celles qui n’ont jamais essayé ni l’un ni l’autre ».

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L’éducation aux USA : décryptage

L’enfant Roi , ses activités : choisies ou imposées !  

Comme le disait très justement M.Kine hier, en commentant mon dernier billet, les USA ont la réputation de traiter leurs enfants comme des rois. Et même s’ils s’en mordent un peu les doigts maintenant, ça partait d’un bon sentiment !
D’où la reprise de mon « moto » actuel : le mieux est l’ennemi du bien !
Personnellement j’ai extrêmement apprécié ce pays ou de multiples activités sont proposées dès le plus jeune âge. Pour avoir enseigné en Français avec des tout-petits dont ce n’était pas la langue, je sais à quel point les enfants apprennent vite et bien mieux que les adultes dont les neurones sont déjà en perdition ( quand il leur en reste !), dont les cordes vocales sont déjà figées et j’en passe…
Et quoi qu’en pense notre gouvernement actuel (qui essaie de nous sucrer la maternelle), les enfants de trois ans sont demandeurs de toutes sortes d’activités que leurs parents ne peuvent pas forcément leur proposer.
Grand Monstrou a commencé la gymnastique à  5 mois et  a fait sa première galipette à six. Il a également participé à une classe d’éveil musical et c’est là qu’on touche à la limite du modèle américain à deux vitesses ! Il y a effectivement de multiples possibilités d’éveiller et de distraire nos tout-petits à condition d’avoir les MOYENS !
Et c’est là que le bas blesse, car si une mince catégorie de familles peut inscrire leur progéniture à toutes sortes d’activités palpitantes et  généralement très bien conçues, la masse, l’enfant issu de famille d’américains «  moyens » devra attendre jusqu’à 5 ans avant de pouvoir entrer à l’école publique. Autant dire que c’est absolument contre toutes mes convictions  qu’elles soient au sujet de l’enseignement aux plus jeunes ou encore de l’égalité des chances…
Pour peu que la famille soit peu intéressée (ou pas outillée) par le développement de l’enfant, certains arriveront à 5 ans en Kindegarten  sans avoir jamais appris à tenir un crayon, une paire de ciseaux, vu un alphabet etc. Et là, à 5 ans on décide de leur apprendre à lire, à compter avec  un peu d’additions et de soustractions  dans l’année !  Est-il nécessaire que je précise que les enfants issus de familles qui ont eu les moyens de payer la maternelle privée avant 5 ans sont favorisés ? Et je ne parlerai même pas des 50% d’enfants qui ne parlent que l’Espagnol à la maison et qui sont catapultés dans des écoles tout en anglais …
Bon, les bases sont posées, aux Etats-Unis d’Amérique,  si tu nais dans la « mauvaise » famille tu as tout faux ! ( Oui je sais c’est pareil en France mais c’est moins marqué, justement parce que nous avons encore une école publique forte !).
Regardons un peu du côté d’une famille un peu plus aisée. Bébé a été accueilli comme le messie et comme l’on veut mettre toutes les chances de son côté il a suivi dès l’âge de 6 mois des classes diverses et variées telle que «  baby paint » ( peinture), «  baby art » ( activités manuelles en tout genre), gymnastique, musique, langage des signes… A deux ou trois ans il a débuté la « preschool » (maternelle payante de 2 à 4 ans) et a déjà appris les chiffres et les lettres, à tenir son crayon, manipuler toutes sortes d’objets etc.  Toujours selon les moyens de la famille, il ira dans une maternelle normale, pour plus cher dans une maternelle à pédagogie active ( montessory), ou encore dans une maternelle où il apprendra un second langage ( voire troisième s’il a une « nanny » hispanique).
On assistera là à une division de la classe aisée par la situation de la mère.
-Soit la Maman a une situation hyper bien payée (et importante), et l’enfant aura sa nanny en permanence près de lui pour gérer toutes ses activités, ses horaires etc.
-Soit  le travail de la Maman ne la rémunérait pas  suffisamment et  elle a quitté son travail afin de pouvoir gérer l’emploi du temps de son ou ses enfants.
Parce qu’avec une école qui ferme ses portes à 11H00, ou 13 H00 ou 15H30 au mieux il est quasiment impossible pour une Maman de conserver son travail.  Si en plus l’enfant est inscrit à une ou plusieurs activités (et si on a plusieurs enfants), on se transforme vite en chauffeur personnel de sa descendance !
On ne vous le dira sur aucun guide touristique, mais la société Américaine est restée vraiment machiste car à partir du moment où l’on devient Maman, tout est fait pour qu’on ne puisse plus travailler !
Etant moi-même enseignante là-bas j’ai  vite calculé que payer une preschool plus la garderie tous les après-midi n’était pas rentable, d’autant plus qu’avec les bouchons que je subissais tous les jours pour me rendre dans mon école ( 1H00 le matin et au moins 1H30 le soir pour  faire environ 15km) je n’aurais que très peu vu mon Grand Monstrou.
Alors oui, j’ai adoré toutes ces classes proposées en dehors du cursus scolaire. A mon grand dam ( c’est là qu’ont commencé les cascades à la maison), les cours de gym ont fait le plus grand bien à Grand Monstrou parce qu’il était plus cérébral que physique et parce qu’il pouvait interagir avec d’autres adultes que son père ou moi.
Et j’ai détesté ces  même classes pour l’abus qu’on en faisait ! Car trop souvent, l’enfant Roi est un enfant «  surbooké », qui enchaine diverses activités qui pourraient être enrichissantes et épanouissantes si elles n’étaient pas trop nombreuses (le mieux est l’ennemi du… BIEN, c’est bien vous suivez !)
Peu après notre installation en Californie, comme je travaillais à mi-temps, je donnais des cours privés de Français. L’une de mes premières élèves : India était en CP au lycée international où je travaillais et ses parents étaient très inquiet car elle ne suivait pas en classe, ne faisait pas ses devoirs et ses résultats s’en ressentaient.
Si j’ai assez vite cerné le problème de cette petite, je me suis heurtée à un mur d’incompréhension de la part de ses parents, et j’ai mal au cœur d’avouer que je n’ai rien pu faire pour elle !
Famille très aisée, les deux parents ayant des postes à responsabilité, une nounou vivait avec eux pour gérer tout le quotidien et bien sur les deux  enfants.
India avait classe tous les jours jusqu’à 15H30, sa Nounou allait la chercher avec son gouter puis reprenait la route (et donc les bouchons) pour aller : le lundi à la classe de danse, le mardi à la classe de piano, le jeudi à une classe d’art et le vendredi était réservé au karaté(on m’avait donc casée le mercredi !).
En gros, entre les classes et les routes engorgées du soir, cette petite n’arrivait jamais chez elle avant 17h00 voire 17H30. Sachant que la plupart des familles américaines dine entre 18H00 et 18H30, pas question de se détendre en arrivant il fallait faire les devoirs pendant que la nounou préparait le diner !
La gamine n’avait aucun problème d’apprentissage ou de «  niveau », elle était juste complètement débordée, fatiguée par ce trop plein d’activités.  Bien souvent lorsque j’arrivais le mercredi, elle m’attendait  à la table du diner, ses cahiers et livres ouverts dans un état proche de la catalepsie !
J’ai eu beau expliquer aux parents  que c’était trop pour elle, qu’un enfant avait besoin de moments à lui pour NE RIEN FAIRE, c’était incompréhensible pour eux.  D’abord, toutes ces activités extrascolaires  étaient nécessaires pour son «  curriculum » ( helloooooo elle a 6 ans !), pour pouvoir intégrer de bonnes écoles plus tard.
 Et puis les parents avaient de grandes attentes pour leur fille et voulaient qu’elle connaisse un maximum de choses. Rien n’y a fait ! L’enseignante qui était une de mes collègues a confirmé mes dires en expliquant qu’India était, la plupart du temps, complètement apathique en classe et qu’il faudrait peut-être alléger son emploi du temps.
Ce qui devait arriver arriva… la petite n’avait pas le niveau requis pour continuer en CE1, le maintien en CP a donc été proposé mais les parents ont trouvé ça inconcevable et l’ont immédiatement changé d’école.
Si elle n’a pas terminé complètement dépressive, cette petite ( qui doit être ado maintenant) doit avoir certes une bonne culture générale, elle doit savoir un peu danser, un peu jouer du piano, un peu parler français etc… Un petit peu de tout quoi, mais rien de complet et surtout rien qui ne l’intéresse  vraiment par manque de temps pour apprécier une chose plus qu’une autre…
Vous la voyez arriver la conclusion ? Ces parents qui voulaient le mieux pour leur fille l’auront au final étouffée  avec  les diverses activités et stimulations qu’ils lui auront payées.
Le mieux est l’ennemi du bien : CQFD !
PS : je félicite les courageux qui m’auront lue  jusqu’au bout, vous aurez deviné que je n’ai jamais suivi de classe de «  synthèse » ! :-)

 

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Le père-noël est une peste !

Je suis très fière de vous annoncer que le Père-Noël en personne fait partie du club des Pestes.
Je ne reviendrai pas sur le coup du «  cadeau commun » qui consiste à amener une Wii à la maison , Wii que je n’ai jamais le temps d’allumer et qui est donc destinée à prendre la poussière puisque Mr Poux a repris ses horaires de dingo. Mais c’était déjà un bel indice de la « Pestitude » du gros barbu !
Non, il s’agit du Noël de Petit Monstrou qui a reçu au milieu de plusieurs joujoux : un oignon, tout beau tout rond.
Pour rappel, le mois de Décembre a été plutôt terrible avec ce petit bonhomme qui, sous prétexte qu’il a maintenant une vie sociale à l’école, avait décidé de n’en faire qu’à sa tête à la maison. Entre ses réponses insolentes, le fait qu’il soit presque handicapé moteur au point de ne pas savoir ranger un seul jouet (non ce n’est pas SEULEMENT du au fait que ce soit un ptit mec),  et ses crises de colère, le mois dernier fut long et pénible.
J’en étais arrivée à rêver d’internat, de bonne vieille pension jésuite, mais ça ne se fait pas en Petite Section (allez savoir pourquoi !).
Rien n’y a fait : les leçons de morale, le vilain chantage au Père-Noël qui n’allait jamais vouloir lui amener quoi que ce soit vu son attitude … (tant qu’à mentir et inventer un gros bonhomme barbu qui circule en traineau avec des rennes volants, autant mentir « utile » et en profiter un peu). Les crises de colères se multipliaient, ma patience s’amenuisait pendant que mon stress se décuplait.
Bref pour citer Thiéfaine : «  si ça continue faudra que ça cesse » !
C’est le 24 au soir que l’heure de la vengeance a sonné ! Bien entendu malgré mes menaces de maitre chanteur en herbe j’avais, oups : le « Père-Noël » avait prévu des jouets pour chacun des monstroux.
Mais au milieu des paquets de Petit Monstrou, trônait un petit sachet contenant un oignon, des couches  et une lettre signée de ma sa propre main.  ( c’est quand même bien pratique que Petit Monstrou ne sache pas lire et donc qu’il ne puisse pas encore reconnaitre mon écriture).
Aller, je suis si fière de moi sur ce coup là que je vous copie la lettre de Santa Claus :
Mon Petit M….
Cette année je t’ai amené quelques jouets mais aussi quelques couches car je sais que tu fais toujours pipi au lit. Je voudrais que d’ici l’an prochain tu n’aies plus besoin de couches la nuit.
Je t’ai aussi amené un oignon car tu as fait beaucoup de «  crises » à tes parents cette année.
J’espère que l’an prochain, à la place de l’oignon tu auras un jouet parce que tu ranges bien et que tu ne fais plus de «  crise ».
Joyeux Noel
Le Père-Noël
J’avoue que j’ai eu un peu peur quand ma tête de bois de Petit Monstrou a passé la journée à se promener avec son oignon sous le bras, décrétant qu’il allait le manger et que c’était SON oignon…
Nous avons, bien sûr, fait disparaitre le bulbe au moment du dîner ( bonjour l’odeur des bisous après), mais nous relisons religieusement ( athéiquement  ça se dit pas ?) la lettre du Père-Noël tous les soirs.
Je ne suis pas sûre que Françoise Dolto valide mes méthodes mais c’est là que je m’auto-félicite, que je me réjouis d’être une vraie peste, parce que ça MARCHE !
Bien évidemment mon Petit Monstrou ne s’est pas transformé du jour au lendemain en petit Ange obéissant et complaisant (en même temps avec les parents qu’il a… y’a des gènes quand même !) mais nous n’avons pas eu de grosse crise de colère depuis Noël.
Il y a toujours un problème de ton employé ou de répliques cinglantes qui me font dresser les cheveux sur la tête venant d’un gamin de trois ans, mais nous sommes sur la bonne voie.
Et puis d’ici quelques années, la Petite souris pourra prendre le relais et amener une gousse d’ail avec une lettre bien sentie (et certainement bien odorante) !
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