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Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble.

Nous sommes parents.                                   parents-ensemble-logo

Nous sommes inquiets.

En maternelle et en élémentaire, le passage à la semaine à 4,5 jours doit être mis en œuvre dès la rentrée 2013, soit dans 9 mois. A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.

Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.

Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs. Le choix de l’organisation sera à la discrétion des municipalités. On risque de se retrouver avec des communes où les enfants auront cours le samedi, d’autres le mercredi, d’autres encore auront une pause de midi allongée, d’autres finiront plus tôt et auront une période d’études/garderie plus longue, etc. Les moyens mis en œuvre dépendront essentiellement du budget des communes. Impossible, dans ces conditions, d’imaginer que cette réforme soit facteur d’égalité entre tous les enfants de France, quel que soit leur lieu de résidence et leur établissement scolaire. Il appartiendra aux municipalités de faire un choix et d’en répondre devant les électeurs en 2014.

Nous espérions qu’à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, la place des arts, de la culture, des langues et du sport, etc. serait au cœur des préoccupations. Or, l’opacité des moyens à mettre en œuvre, l’augmentation du nombre d’enfants par animateur dans le temps périscolaire ainsi que la place choisie par les mairies pour ce temps (notamment à l’heure du déjeuner) vont diluer ces espoirs de diversification et de renforcement de ces enseignements.

Nous espérions également que cette réforme porterait sur l’intégralité du rythme scolaire, y compris le découpage entre vacances et classe et notamment la durée des grandes vacances. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Nous sommes déçus et inquiets et rejoignons ainsi bien des enseignants. Nous craignons que l’augmentation du temps périscolaire sans réflexion quant à son contenu ni quant aux moyens de mise en œuvre fasse de ce temps un temps de désœuvrement organisé… Cela irait encore une fois à l’encontre de l’objectif de la réforme.

Afin de préserver le symbole de la demi-journée de cours supplémentaire, Il est essentiel de ne pas sacrifier les apprentissages, de ne pas perdre cette opportunité historique d’accroître l’égalité des chances des enfants face aux activités artistiques et sportives en créant du temps de garderie. Cela n’apporterait rien aux enfants, dévaloriserait un peu plus l’école et la fonction des enseignants et  remettrait en question l’organisation des familles.

Nous devons à nos enfants une réforme ambitieuse.

Citoyens connectés, blogueurs, parents, nous avons reçu de nombreux retours d’autres parents qui partagent nos inquiétudes et ne se sentent pas représentés.

Nous demandons à être entendus.

Prenons le temps de réformer l’école ensemble.

8alamaison , Agathe VANDAMEAimé Blumentern,
Allo Maman Dodo , Annabelle , Audrey, Madame Koala ,
Aymeric Marlange , Béalapoizon , Bettina Brouard , Buhot Stéphanie , Carole Nipette ,
Caroline , Ces Doux momentsChiawaze , Ciloubidouille , Claire Hoenen , Colombe ,
Cranemou , Cynthia , David Beck , Delphine Gagnon , Doudette ,
Estelle Peralta , Expressions d’enfants , FashionMama , Florence ,
FlorenceMKoenig , Gaëlle Picut , Gauthier Vranken , Ginie Femmesweetfemme ,
Harmony Rouanet , Henry le Barde , Isabelle Duvert , Jane Gueneau aka. Libelul ,
Julesetmoa , Julie B , Julie Dessagne , Julien , Juliette Merris ,
Karine Un bébé pour mes 30 ans , La Poule Pondeuse ,LN moitoutetrien ,
Lulu From Montmartre , Lydiane Le Roy , M Delobel , Madame , Madame Parle ,
Madame Zaza of Mars , Madame Ziadeh , Maman nanou , Mamanwhatelse , Marc Guidoni ,
Marie-Gwénaëlle Chuit , Marlène Schiappa , Mauvais Père , Mazzhe , Michaëla Avventuriero ,
Michèle, Maman on bouge , Missblogdel , MissBrownie , Naddie , Nadine A ,
Nicolas Gilbert @zegilbos , Pourquoisecompliquerlavie , Sabine ,
Samuel Lamotte d’Incamps , Sandra Elle , Sandrine Donzel ,
Sophie Reynal , Tetedeblog , Till the Cat , Unperfect mum ,
Voilapapa , Yusaku (Père de 3 enfants)

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quand l’éducation te laisse tomber…

Mon cher Pierre,

Je ne te connais que par le biais de ta Maman, mais depuis toutes ces années où elle s’inquiétait pour toi, me racontait tes dernières démêlées avec le collège et ses enseignants, j’ai l’impression de te connaître.

Alors, ça y est, l’éducation nationale a tiré un trait sur toi, tu es tombé dans une sacré faille du système, tu étais trop différent, et en même temps trop «  adolescent ».

Je suis désolée….

Ces enseignants d’un collège privé, qui avaient été prévenus que tu n’avais toujours pas trouvé ta place dans le système, ceux-là même qui étaient censés te remettre dans le droit chemin, dans ce moule où tu n’es jamais parvenu à entrer, oui ces individus qui côtoient des adolescents à longueur de journée, ils ont baissé les bras !

Je suis désolée…

Mais en abandonnant, en t’ordonnant de partir, de quitter le collège à trois mois du brevet ils n’ont pas seulement failli à leur mission, c’est ton avenir qu’ils ont hypothéqué…

Je suis désolée…

Est-ce qu’il y a pensé cet individu qui malgré son titre de professeur t’a dit «  ta gueule » en plein cours ?

Je suis atterrée …

Alors bien sûr tu n’es pas tout blanc dans l’histoire, tu t’es montré encore plus exaspérant que la moyenne des adolescents… tu as fait des bêtises. Il fallait peut-être faire un exemple.

Je suis désolée…

Ah et puis c’est pénible cette façon que tu as de « bisouiller » ta copine entre les cours, mais enfin quelle idée, ce n’est pas comme si tu étais plein d’hormones, en pleine puberté !

Je suis désolée…

Tu ne faisais jamais tes devoirs, et pourtant tes parents chaque mois ont payé l’établissement pour assurer l’internat mais visiblement l’assumer n’était pas dans le contrat…

Je suis désolée…

Sur la belle plaquette de l’établissement on promettait aux parents qu’ils pourraient consulter les devoirs sur le site internet, ça n’a jamais fonctionné…

Je suis désolée…

Chaque Psychologue, Pedo-psychiatre ou médecin qui t’ont rencontré ont rappelé à tes parents ton intelligence «  différente », certains ont même rassuré : «  quand Pierre aura trouvé sa voie tout ira tout seul »

Oui mais voilà, ta voie ne passait pas par le moule de l’éducation nationale, ta voix non plus ne passait pas apparement…

Je suis vraiment désolée que l’éducation nationale dont je suis si fière, t’ait laissé tombé comme une vieille chaussette, je suis désolée qu’aucun de ses «  éducateurs » n’ait su te parler,t’intéresser, te prendre en charge, je suis désolée que tu sois passé dans le mauvais sens de l’entonnoir de l’éducation pour tous.

Tu n’as pas eu la chance de rencontrer LE prof qui allume dans ton cerveau la petite lumière du savoir et de l’intérêt, ton sourire candide a été traduit par ironique, tes facilités ont été utilisées contre toi car il n’y a rien de plus frustrant qu’un élève qui peut mais qui ne veut pas…

Je suis désolée…

Que personne depuis 12 ans ne t’ai donné l’envie de les utiliser, tes facilités ;

Je suis désolée…

D’admettre que cette école et ce collège français dont je suis si fière ne soient pas du tout adaptés aux enfants précoces, différents, exigeants…

Je suis désolée…

De constater que le message que t’envoient les professeurs du collège soit : «  fallait rentrer dans le moule, te taire, ne pas être un ado, tu n’avais qu’à ETRE COMME TOUT LE MONDE , maintenant tu es dehors, tu n’as RIEN, tu te démerdes, tu nous as trop emmerdés »

J’AI HONTE !!!!

Et pendant ce temps, on ne forme plus les enseignants, on supprime les RASED, on enfonce chaque jour un peu plus la classe moyenne.. on désinforme, on dés-enseigne…

Je suis désolée, je ne peux même pas dire vivement les élections…

Où est le candidat qui rendra à Pierre son avenir ? Quel candidat comprendra que l’avenir de la France passe par l’éducation de ses enfants ? Qu’une éducation « discount » n’entraînera que du chômage supplémentaire ?

 

Je ne suis pas désolée d’exiger le retour des RASED, d’enseignants formés et mieux payés, je ne suis pas désolée d’être différente, exigeante et parfois exaspérante …

Je ne comprends pas que Pierre doive payer pour cela…

J’ai peur pour mes enfants, j’ai peur pour mon pays…ou bien j’ai honte !

 

 

 

 

 

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Pourquoi mes enfants détestent le Père-Noël

J’avoue la fable du gros barbu qui distribue des joujoux dans les cheminées et qui fait le tour du monde en une nuit, je n’étais pas pour, je serais même plutôt d’accord avec l’excellent billet de Mimilady ( que je vous invite à aller lire plus tard) :

J’avais donc cordialement évité le sujet avec Grand Monstrou cherchant désespérément une façon de boycotter l’histoire du Père-Noël alors que tous les enfants en parlent. Et ce qui devait arriver arriva, après à peine deux mois d’école, Grand Monstrou savait tout du Père-Noël et l’attendait de pied ferme ( pour les quelques initiées tout est donc de la faute de Pierrette !).

Et là j’ai fauté ! Je ne l’ai pas pris sur mes genoux pour lui expliquer que c’était l’un des mensonges que racontaient les adultes sous prétexte de « magie » : magie de Noël, magie de la petite souris, magie des cloches qui balancent des œufs en chocolat dans le jardin ou dans ton appart si t’en as pas…

Lâchement j’ai saisi la formidable opportunité de faire chanter mes propres enfants à coup de «  ah mais si t’es pas sage, le Père-Noël le voit » et quand, même petits, innocents et crédules, ils ont osé douter que le gros barbu puisse tout voir partout et tout le temps j’ai invoqué les lutins, qui par milliers, surveillent aussi et racontent tout au vieux gâteux !

Lâchement j’ai récidivé chaque année depuis, avec toutefois un ptit goût amer car clairement cette histoire va me retomber sur le nez ! D’autant plus que cette année le Père-Noël a encore fait des siennes pour tenter de remettre mes monstroux sur le chemin de l’obéissance !

Grâce à un opérateur téléphonique que je ne citerai pas ( car il s’est fait assez de pub avec cette opé), les monstroux ont reçu une vidéo personnalisée pour les prévenir qu’ils n’étaient pas encore sur la liste des enfants sages.

Ça les a perturbé environ 5 mn…puis chaque matin ils faisaient le vœux pieux d’être plus sages dans la journée…en vain.

Nous avons donc décidé que le père-Noël devait réagir et nous donner un dernier coup de main puisque l’an prochain Grand Monstrou aura certainement découvert le pot aux roses !

Deux ans auparavant, Petit Monstrou avait reçu un oignon en plus de ses cadeaux, et cela avait eu son petit effet.

Cette fois nous voulions marquer le coup enfin surtout pointer du doigt le mauvais comportement en vidant une boite de joujoux et en remplaçant son contenu par un ou deux oignons.

Et puis Monsieur Poux voulait TOUT enlever parce que : « imagine qu’ils s’en foutent qu’il manque juste un jeu ? ». J’ai hésité… tout enlever aurait été cohérent avec notre démarche, après tout, le Père-Noël ne livre que les enfants sages, il ne fait pas des demi livraisons pour des Monstroux mi anges mi démons !

Non, décidément tout enlever c’était trop, et puis Mamina ne nous aurait jamais laissé faire, elle qui trouvait déjà que le coup des oignons dans la boite c’était cruel pour ses bébés ( qui en fait sont les miens alors je fais ce que je veux « nanmého » !).

Le matin de Noël donc, les monstroux avaient chacun une pile de cadeaux mais aussi une carte du père Noël qui précisait que mécontent de leur attitude, il avait enlevé le contenu d’une boite dans chaque pile et que celui-ci leur serait rendu dès qu’ils seraient obéissants mais que si Papa ou Maman devait répéter plusieurs fois le même ordre, le jeu resterait confisqué. ( J’ai insisté pour qu’on précise car je sais que même les jours où ils m’ont rendue chèvre à me faire répéter sans arrêt la même chose, ils se considèrent «  sages et obéissants »… tout dépend du point de vue…)

Est-ce que ça les a choqués ? Environ 5 mn le temps qu’ils se mettent à jouer avec le reste des joujoux.

Est-ce que ça a marché ? Tu parles ! Rien qu’hier soir j’ai répété 3 fois « métonpyjamamétonpyjamamétonpyjama ».

Est-ce qu’ils ont tiré des leçons de cette remontrance du Père-Noël ?

Ah ouiiiiiiiiiiii !! le soir de Noël Petit Monstrou est venu m’annoncer qu’avec son frère ils avaient pris une grande décision…

 

«Puisque c’est comme ça, l’année prochaine au lieu de lui laisser une assiette de sablé sous le sapin, on lui donnera une assiette d’oignons crus au Père-Noël »

 

Au secours, aidez-moi, j’élève des monstres, des vrais !!

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En Mai fais ce qu’il te plait, ou pas !

Pour Virginie voici un aperçu du riche mois de Mai de Grand Monstrou.

En Mai il a su qu’il passait en Ce1, voyant la baisse de motivation arriver à grands pas avec ce bout de papier, je n’avais rien dit du tout à ce sujet, juste signé le doc, exultant de manière silencieuse ( yeahh mon bébé va en Ce1).C’était sans compter sur le fait que maintenant il sait lire et que ses copains aussi ( ils en parlaient tous à la sortie, pas moyen de cacher la nouvelle).

En Mai toujours, il a obtenu sa dixième image synonyme de l’arrivée à la maison des fameuses toupies beyblade ( « carotte » mise  en place à la moitié du CP lorsque Grand Monstrou voulait arrêter l’école, oui je sais, c’est limité comme méthode mais on fait ce qu’on peux !).

Et enfin en Mai, il est allé lire un album dans la classe de son petit frère  et sincèrement je ne sais pas lequel des deux était le plus fier ! En effet dans le cadre d’un partenariat entre l’élémentaire et la maternelle chaque année les « grands » Cp vont lire dans leur ancienne école. C’est une opération  très bénéfique pour tous, les jeunes lecteurs de CP sont très fiers de montrer que ça y est, ils savent lire, les Grandes sections sont motivés par ce résultat et peut-être un peu moins impressionnés par le CP.

Un mois très chargé et très positif donc pour mon Grand Monstrou qui du coup m’a demandé ce matin :

«  Mais pourquoi tu continues à m’envoyer  à l’école ? »

J’ai testé plusieurs versions…

La version militante : Parce que l’école est publique, gratuite mais également obligatoire mon chéri et qu’on n’est pas sûr que ça va durer alors profite !

La version solidaire : Parce qu’il y a partout dans le monde des enfants qui n’ont pas ta chance, certains ne sauront jamais lire, certains travaillent dans des ateliers de confection pour quelques euros par jour et d’autres sont bien trop préoccupés par  leur ventre vide pour penser à l’école.

En vain… : « Mais ça y est je sais lire, et je n’ai pas besoin de travailler puisque Papa travaille beaucoup ». ( Et moi  je tricote c’est ça ?)

La version pédagogue :  parce que sinon tu ne sauras rien lire d’autre que des «  J’aime lire » et que même si tu trouves ça super maintenant, à force tu te rendras compte que c’est quand même un peu limité.

Grand Monstrou n’étant toujours pas convaincu , je range mes belles illusions de Maman moderne, pédagogue, compréhensive, patiente et gna gna gna et je reprends la bonne vieille autocratie avec une belle dose de chantage :

Mon chéri tu vas continuer à aller à l’école parce que sinon tes horribles toupies Beyblade seront confisquées et revendues sur Ebay !

Fin de la discussion… il a pris son cartable, résigné !

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3 euros et c’est le bonheur

Hier avait lieu le vide grenier annuel de mon village, le rendez-vous des bonnes et des mauvaises affaires.

Comme chaque année, nous y sommes allés avec les monstroux, je leur avais promis, c’est un peu la fête au village : on y croise les copains, il y a des crêpes et des frites à vendre et surtout des joujoux un peu partout qui sont «  trop super Maman on le prend ? ».

Du coup cette année, j’ai essayé de me simplifier la vie, tout en apprenant quelque chose à mes deux futurs consommateurs. Avant de partir, je leur ai donné chacun 3 euros et je leur ai expliqué qu’ils pourraient en faire ce qu’ils voudraient mais qu’il n’y aurait pas de rallonge.

Et voilà, ils avaient leur premier budget, ils n’ont même pas pensé à demander plus tant ils étaient fiers d’avoir « leurs sous ». Grand Monstrou avait mis ses pièces dans la poche de son blouson et a recompté au moins 10 fois le montant de son « budget » le temps qu’on descende au village. Petit Monstrou n’ayant pas de poche à fermeture, avait un petit porte-monnaie qu’il surveillait plus qu’une poule son œuf prêt à éclore !

Nous n’avions pas fait dix mètres parmi les stands qu’ils étaient déjà en train de s’acheter chacun une épée, j’ai tourné sept fois ma langue dans ma bouche pour ne pas intervenir en précisant qu’on avait déjà plusieurs épées à la maison, l’accord était clair : ils achetaient ce qu’ils voulaient avec leur budget.

Ensuite, ils ont craqué sur un château fort, trop cher pour eux à moins qu’ils ne s’associent pour l’acheter et se retrouvent sans un sou pour le reste de la ballade. Ils ont parlementé, l’un voulait conclure le marché, l’autre hésitait, nous sommes repartis sans le château mais sans crise. En temps normal, Grand Monstrou qui était celui qui voulait le plus ce château, aurait grogné, négocié voire pleuré, mais là non, il a accepté de suite que son frère ne veuille pas acheter ça et est reparti tranquillement  ses pièces à la main.

Je vous passe les détails sur les merdes joujoux acquis au vide grenier,  3 euros par enfant étaient largement suffisants  pour  rajouter du bazar dans mon salon !

Mais à part cette notion de trucs en plus qui encombrent, le bilan est plutôt positif pour tout le monde :

-          Les garçons étaient supers fiers d’avoir eu un « budget » ils l’ont expliqué à tous leurs copains, à leur tante, leur cousine, leur grand-mère.

-          Ils ont géré leurs achats tout seuls, demander le prix, payer, récupérer  la monnaie…

-          J’ai pu constater que malgré sa jalousie permanente, mon Grand Monstrou est généreux, son frère avait épuisé son budget  avant lui et il lui a immédiatement donné une de ses pièces pour qu’il puisse continuer le «shopping ».

-          Enfin, lorsque tous les sous ont été dépensés, aucun d’eux  n’a rien réclamé de plus et personne n’a discuté sur le fait qu’il était temps de rentrer montrer les bonnes affaires à Papa.

 

Merci à Suvi qui m’a donné l’idée du budget, c’est une expérience à recommencer… mais bon en attendant où est-ce que je vais mettre tout ça moi ?

 

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Ma vie avec la Purge !

Je suis en train de lire un livre1 aussi sérieux qu’intéressant qui explique qu’il faut faire attention aux surnoms qu’on donne à nos enfants parce que ça leur colle à la peau façon pygmalion et qu’ensuite ils s’efforcent consciemment ou non de correspondre à ce surnom.

N’empêche que j’ai parfois l’impression de vivre dans une mauvaise série télé ( pléonasme ?) qui s’intitulerait : « ma vie avec la Purge et la Brute » ( La brute sera abordée dans un prochain billet).

J’aime mes enfants plus que tout au monde, mais parfois, dès le matin je SAIS que la journée va être longue, que je vais finir épuisée psychologiquement, rêvant toute éveillée qu’il y ait école TOUS les jours !

Ca commence dès le petit déjeuner, Petit Monstrou nous hurle dessus au bord des larmes que « de toute façon la confiture elle est dégoutante et qu’il n’en mangera plus jamais ». Hier, elle était parfaite la confiture, c’est juste le premier signe d’une journée difficile…

A partir de là je SAIS qu’il ne mangera rien de son petit déjeuner quelles que soient mes menaces, mon chantage, ma grosse voix etc. Je sais aussi qu’il ne faudrait pas faire la guerre des repas mais cette scène je l’ai vécue si souvent, et j’ai jeté tant de fruits frais et de tartines entières ( que je ne peux pas manger => gluten) que j’espère toujours trouver LE moyen ( autre qu’un entonnoir) de lui faire absorber quelque chose.

Pourtant, dans les bons jours, Petit Monstrou allias la Purge, est un véritable ogre au petit déjeuner, c’est même son meilleur repas les autres étant quasi exclusivement réservés à ses représentations théatrales (comprendre qu’il cause, invente des histoires abracadabrantes mais ne mange pas => spirited child).

J’avoue que je lâche plus facilement prise les jours d’école, parce qu’il faut de toute façon être prêts à temps, et parce que s’il a faim dans la matinée, ce sera SON problème et pas le mien ! Mais en cette période de vacances scolaires, ça va devenir MON problème.

Lasse d’argumenter, de négocier, de menacer, dorénavant je retire l’assiette en annonçant fermement « et bien tu n’auras rien avant l’heure du déjeuner ». Mais je SAIS que dès 10h00 du mat, il va commencer à me suivre partout telle une sangsue pour me réclamer quelque chose à manger. Je sais que je vais dire non et qu’il va pleurer trépigner, hurler, tenter de m’amadouer à coup de « Maman t’es belle », à coups de câlins… Je sais que cette journée dans son intégralité sera placée sous le signe de la guerre psychologique ! Je suis fatiguée d’avance ! Je rêve d’un bureau ou aller me planquer, d’un pensionnat qui accepterais les élèves de moyenne section…

Voici quelques exemples de moments difficiles pour lui et moi et le reste de la famille :

Dialogue dans la chambre :

« Mais pourquoi c’est toujours moi qui dois m’habiller »

« heu tu as 5 ans là mon chéri…tu sais faire, tu le fais »

« je n’ai pas 5 ans j’ai 4 ans et demi »… ( et là ça me tente souvent de régresser et de lui sortir un truc du genre « et gna gna gna »).

Je gagne cette bataille là, il s’habillera tout seul mais j’aurais le temps de récurer une pièce entière, de jouer avec Grand Monstrou, de reboire un demi-litre de café… En clair, faut pas être pressé mais on y arrive !

Dialogue dans l’entrée

« Si je mets mes chaussures c’est toi qui ferme les scratchs »

« non, attends, les scratchs c’est quand même pas compliqué »

« alors je mets une chaussure et tu mets l’autre »

(déjà excédée alors qu’il n’est même pas 9h30 je prends ma grosse voix et je crie)

« tu mets tes chaussures TOUT DE SUITE où je te sors en chaussettes »

Sanglots, indignation et bien sûr… argumentation en hoquetant ( cet enfant est sensible ne l’oublions pas) : « bouhouhou mais si je sors en chaussettes je vais être malade, j’aurais la toux, un gros rhume et même plein de fièvre et toi tu seras triste parce que ça sera de TA faute … ».

Là je ne réponds même pas que ce sera SA faute, à défaut de rédiger une annonce sur Ebay pour le revendre, je désamorce la bombe et j’accepte de lui mettre une chaussure s’il met l’autre.

La Purge 1 Maman : 0  ! Je suis une mauvaise mère c’est officiel !

Je vous vois arriver avec vos gros sabots, mais pourquoi tu ne l’as pas sorti en chaussettes comme promis ?

Je l’ai déjà fait, il a tant hurlé que deux de mes voisins sont sortis pour me demander si tout allait bien, il a effectivement eu les pieds froids et mouillés, et s’il a mis ses baskets NORMALEMENT sans râler deux jours de suite après ça, ça ne vaut pas la semaine qu’il a passé à la maison parce qu’il était malade. (Coïncidence ou cet enfant est-il capable de tomber malade sur commande ?)

Et puis, là ça fait 20 minutes que Grand Monstrou cuit dans son blouson, sous son bonnet et son écharpe parce que LUI s’est préparé quand je l’ai demandé, et c’est lui qui va finir par prendre un chaud et froid si on ne sort pas.

Et puis, je suis FAIBLE ! Je sais qu’à la première tentative de négociation je devrais le mettre dehors pieds nus, jusqu’à ce qu’il admette qu’à 5 ans on met ses chaussures tout seul, sans y passer 20 minutes, sans passer par la case « je casse les oreilles ( et les pieds) de tout le monde ».

Mais comprenez-moi, quand Petit Monstrou est en mode purge, TOUT est dramatique, TOUT est source de conflit/problème et quand je parlais de guerre psychologique c’est exactement de cela qu’il s’agit, une guerre d’usure, sans pitié aucune, une lutte de chaque instant…

Du coup, pas la peine de me jeter la pierre dans les commentaires, je le fais très bien toute seule car bien souvent je me demande si je n’aurais pas mieux fait d’avoir des poissons rouges plutôt que des enfants… ( bon vu que je fais crever tous les poissons rouges en un temps record, ce n’est peut-être pas une bonne idée).

Alors, là je rentre d’une semaine de vacances SANS monstroux donc je suis regonflée à bloc, j’ai refait un stock de bouquin d’éducation, de discipline positive, ça file droit à la casa… Mais que se passera-t-il quand je commencerai à fatiguer ? à oublier mes bonnes résolutions ? A réagir avec plus de colère que de fermeté ?

Et bien nous reviendrons au terrible constat qu’une femme de 38 ans, relativement éduquée, soit disant capable d’élever des enfants, ex-enseignante (en plus !) se fait bouffer par un p’tit bonhomme de 5 ans.

Et voilà, dit comme ça, ça fait pas envie hein ?

Je comprends que certains parents jettent l’éponge et se retrouvent à vie, coincés avec de petits tyrans… Je SAIS qu’à chaque fois que je perds une bataille on s’en rapproche un peu plus et je tremble en me disant que si je ne redresse pas la barre maintenant lorsqu’il sera adolescent ma vie sera un enfer…

Alors, est-ce que c’est juste moi qui suis mauvaise ou est-ce que parfois c’est dur aussi pour vous ?

Est-ce que vous avez aussi un « spirited child » à la maison ?

Comment vous faites pour vous en sortir ?

Et question subsidiaire pour les mamans qui ne manqueront pas de me dire qu’elles s’en sortent très bien ELLES  :

Vous faites quoi à Pâques ? ça vous dirait 15 jours de pur bonheur avec la Purge ?

 

 

 

1 « raising your spirited child » de Mary Sheedy Kurcinka …. Spirited dans le sens « plus », plus demandeur, plus « difficile », constamment en train de nous mettre à l’épreuve, d’argumenter etc .

 

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Un monde parfait…

Virginie a décidé de nous faire réfléchir… Elle nous demande  de lui décrire notre monde parfait. Parce qu’évidemment, et c’est là que le bas blesse, mon monde parfait n’a rien en commun avec celui de mon voisin, ni de mon frère, ni même de mes enfant… Et c’est en partie pour ça qu’on ne l’atteindra jamais notre monde parfait, c’est parce qu’il est différent pour chacun d’entre nous.

-          Le monde parfait d’un gros industriel c’est un monde où les matières premières affluent autant que les clients et peu importe l’emprunte carbone de sa production, dans son mode parfait, l’économie est florissante, l’écologie une mode dont il se passerait bien.

-          En parlant de mode, le monde parfait d’une « modeuse », d’une «  fashionista » est très certainement un monde de soldes et de promotions où elle pourrait assouvir en permanence ses besoins d’apparence de surconsommation. Là  encore, peu importe qu’il ait fallu 5000 litres d’eau pour produire son 47ème jean, peu importe que la coloration de ce même jean ait définitivement éradiqué les derniers poissons de la rivière de Xingtang (source Capital Terre, M6, à voir absolument le 16 février prochain).

-          Le monde parfait d’une grand-mère serait que ses petits enfants habitent plus près de chez elle… ( ou plus loin, c’est selon …).

-          Le monde parfait d’un chômeur de 50 ans serait qu’on ne jette plus les cadres de son âge, une fois  bien « pressés comme des citrons » parce qu’un jeune reviendrait moins cher, parce que c’est la crise etc.

-          Le monde parfait d’un chômeur de 25 ans serait que les employeurs cessent d’exiger trois à cinq ans d’expérience pour tout poste, ce qui revient à dire qu’avec un diplôme en poche, des année d’études derrière eux, il faut encore faire des années  de stage payés à coup de lance-pierre, pour acquérir  cette fameuse expérience.

On pourrait continuer ainsi longtemps, et comme je ne sais pas quel serait le monde parfait de ma voisine, je vais plutôt vous parler du mien.

Dans mon monde parfait

-           je pourrais offrir à mes monstroux tout ce dont ils ont envie sans avoir peur de les gâter.

-          Ils mangeraient de bon cœur (comme il y a à peine  6 mois) et sans rechigner, les fruits frais que je leur aurais préparé pour le ptit dèj, et je ne me demanderais pas combien de pesticides il y a dedans.

-          Ils iraient à l’école en chantant ( juste, évidement) parce qu’il n’y aurait que de bons élèves et de bons enseignants .

-          Je ne leur dirais plus de ne pas jouer avec l’eau parce qu’il y a des enfants qui en manquent, parce que plus personne ne manquerait de rien (et d’ailleurs, puisqu’ils seraient parfaits, ça ne leur viendrait pas à l’idée de jouer avec l’eau et d’inonder la salle de bain).

-          Mr Poux aurait le même boulot passionnant mais il rentrerait à temps pour dîner tous les soirs, et ne travaillerait jamais le week-end

-          Je saurais toujours quoi préparer pour le dîner, et du coup j’adorerais cuisiner de bons petits plats sans OGM (qui n’existeraient pas).

-          Je serais une blogueuse méga organisée avec toujours un ou deux billets d’avance que vous seriez des milliers à lire et à apprécier

-          Je n’aurais plus jamais besoin de râler, de m’offusquer, d’écrire des lettres enflammées puisque tout serait  PARFAIT….

ARGHHHHHHHHHHH !  Je suis à « Pleasantville 1» dans cette ville où tout est si parfait que les habitants sont de véritables robots-moutons, conditionnés à mort pour ne voir que ce qui va bien et qui finiront par tout bouleverser parce qu’ils s’ennuient à mourir !

Bon, mais alors, si mon monde parfait est  aussi irréaliste qu’ennuyeux, on fait quoi ?

On pourrait faire en sorte qu’autour de nous, le monde soit un peu «  moins pire », on donnerait  de notre temps, de nos sourires, de notre argent pour aider un peu. On partirait en croisade contre les choses qui nous agacent, quitte à passer pour la don quichotte de service.

Parce que, le monde parfait n’existe pas, mais que  le monde actuel a besoin de nous, chaque petit  geste compte, et même si  ça nous parait dérisoire, insuffisant, c’est l’association de tous ces petits gestes individuels et gratuits qui fera la différence…

Et comme un monde parfait ne pourra jamais exister sans une terre pour l’accueillir, j’ai envie de vous demander…

Et vous ? Qu’avez-vous fait pour la planète aujourd’hui ?

1 Pleasantville  est un excellent film de Gary Ross, sorti en 1998 que je vous recommande vivement.

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Le père-noël est une peste ! (rediff)

Je suis très fière de vous annoncer que le Père-Noël en personne fait partie du club des Pestes.
Je ne reviendrai pas sur le coup du « cadeau commun » qui consiste à amener une Wii à la maison , Wii que je n’ai jamais le temps d’allumer et qui est donc destinée à prendre la poussière puisque Mr Poux a repris ses horaires de dingo. Mais c’était déjà un bel indice de la « Pestitude » du gros barbu !
Non, il s’agit du Noël de Petit Monstrou qui a reçu au milieu de plusieurs joujoux : un oignon, tout beau tout rond.
Pour rappel, le mois de Décembre a été plutôt terrible avec ce petit bonhomme qui, sous prétexte qu’il a maintenant une vie sociale à l’école, avait décidé de n’en faire qu’à sa tête à la maison. Entre ses réponses insolentes, le fait qu’il soit presque handicapé moteur au point de ne pas savoir ranger un seul jouet (non ce n’est pas SEULEMENT du au fait que ce soit un ptit mec), et ses crises de colère, le mois dernier fut long et pénible.
J’en étais arrivée à rêver d’internat, de bonne vieille pension jésuite, mais ça ne se fait pas en Petite Section (allez savoir pourquoi !).
Rien n’y a fait : les leçons de morale, le vilain chantage au Père-Noël qui n’allait jamais vouloir lui amener quoi que ce soit vu son attitude … (tant qu’à mentir et inventer un gros bonhomme barbu qui circule en traineau avec des rennes volants, autant mentir « utile » et en profiter un peu). Les crises de colères se multipliaient, ma patience s’amenuisait pendant que mon stress se décuplait.
Bref pour citer Thiéfaine : « si ça continue faudra que ça cesse » !
C’est le 24 au soir que l’heure de la vengeance a sonné ! Bien entendu malgré mes menaces de maitre chanteur en herbe j’avais le « Père-Noël » avait prévu des jouets pour chacun des monstroux.
Mais au milieu des paquets de Petit Monstrou, trônait un petit sachet contenant un oignon, des couches et une lettre signée de ma sa propre main. ( c’est quand même bien pratique que Petit Monstrou ne sache pas lire et donc qu’il ne puisse pas encore reconnaitre mon écriture).
Aller, je suis si fière de moi sur ce coup là que je vous copie la lettre de Santa Claus :
Mon Petit M….
Cette année je t’ai amené quelques jouets mais aussi quelques couches car je sais que tu fais toujours pipi au lit. Je voudrais que d’ici l’an prochain tu n’aies plus besoin de couches la nuit.
Je t’ai aussi amené un oignon car tu as fait beaucoup de « crises » à tes parents cette année.
J’espère que l’an prochain, à la place de l’oignon tu auras un jouet parce que tu ranges bien et que tu ne fais plus de « crise ».
Joyeux Noel
Le Père-Noël
J’avoue que j’ai eu un peu peur quand ma tête de bois de Petit Monstrou a passé la journée à se promener avec son oignon sous le bras, décrétant qu’il allait le manger et que c’était SON oignon…
Nous avons, bien sûr, fait disparaitre le bulbe au moment du dîner ( bonjour l’odeur des bisous après), mais nous relisons religieusement ( athéiquement ça se dit pas ?) la lettre du Père-Noël tous les soirs.
Je ne suis pas sûre que Françoise Dolto valide mes méthodes mais c’est là que je m’auto-félicite, que je me réjouis d’être une vraie peste, parce que ça MARCHE !
Bien évidemment mon Petit Monstrou ne s’est pas transformé du jour au lendemain en petit Ange obéissant et complaisant (en même temps avec les parents qu’il a… y’a des gènes quand même !) mais nous n’avons pas eu de grosse crise de colère depuis Noël.
Il y a toujours un problème de ton employé ou de répliques cinglantes qui me font dresser les cheveux sur la tête venant d’un gamin de trois ans, mais nous sommes sur la bonne voie.
Et puis d’ici quelques années, la Petite souris pourra prendre le relais et amener une gousse d’ail avec une lettre bien sentie (et certainement bien odorante) !
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Dis Maman, je partage ou je ne partage pas ?

J’ai un souci…

Grand Monstrou est entré à la Grande école cette année… Il fait donc de nouveau partie des plus petits, mais aussi des plus naïfs.

Et à la «  grande école », on joue aux billes, nous nous sommes donc procurés des…billes (c’est bien vous suivez), pour que Grand Monstrou ne soit pas à l’écart de ces formidables instants de racket d’échanges et de jeux.

Au mois de septembre, chaque matin, Grand Monstrou  partait à l’école avec dans son cartable 6 à 8 billes et il revenait systématiquement sans RIEN le soir. Au début, j’ai trouvé ça normal, il apprenait à jouer et perdait contre les plus grands. Nous avons même passé quelques soirées à quatre pattes dans le jardin pour nous entrainer, mais croyez-moi si vous le voulez, la jeune génération ne joue absolument pas correctement : leurs règles sont vraiment du «  n’importe quoi » ( comprenez qu’ils ne jouent pas du tout comme on jouait lorsque je trouais mes jolis pantalons de velours sur le bitume de la cour).

Ces entrainements auront un peu servi car il ramenait parfois quelques billes et parvenait même à gagner des «  rares » qu’il s’empressait de me montrer à peine sorti de l’école ( et avant même mon bisou du soir : SIC) , mais la plupart du temps il continuait à ressortir  les poches vides et l’œil triste.

Ce n’est pas tout ça, mais les billes ne poussent pas dans mon jardin, même si je soupçonne Petit Montrou d’en avoir planté quelques unes  (pour le plus grand bonheur de la tondeuse au printemps prochain !).

En fait Grand Monstrou ne perdait pas à chaque fois, mais tous les jours il donnait des billes à ceux qui n’en avaient pas et «  tu comprends Maman, j’ai prêté une bille à machin mais il se l’est faite tiquer ».

Hum… c’est exactement les valeurs que nous voulions faire passer à nos monstroux : on partage les choses avec ceux qui n’en ont pas.

Bon et là maintenant que je dois acheter des billes tous les week-end comment je lui explique que «oui, on partage, mais pas tout le temps non plus ». Parce que mon Grand Monstrou était devenu le fournisseur officiel de billes de la cour, donnant à qui voulait, même à des élèves qu’il ne connaissait pas.

J’ai tenté une première régulation en expliquant que c’était bien d’être généreux, de partager, mais que là, c’était un peu trop puisque du coup il n’avait même plus de billes pour lui.

Et là, dans les yeux de mon fils j’ai vu l’incompréhension voire la déception PARCE QUE  j’étais en train de lui dire EXACTEMENT le contraire de ce que je lui serinais depuis presque 6 ans !

Comment expliquer à son enfant qu’il faut toujours partager mais qu’il arrive un moment où on se fait avoir ?

J’ai littéralement pédalé dans la semoule pour me justifier et j’ai fini par lui dire qu’il pouvait dépanner ses copains à condition qu’on lui rende ensuite les billes prêtées et qu’il ne devait pas donner de billes à des grands qu’il ne connaissait pas.  Parce que je soupçonne les grands de s’être passé le mot «  y’a un ptit Cp là-bas, si on lui dit qu’on n’a rien il donne ses billes ».

Cette solution ne me convient absolument pas, donner seulement à ceux qu’on connait reviens à dire à son enfant que dans la vie on n’aide que nos amis, que si l’on voit quelqu’un en panne sur le bord de la route on ne s’arrêtera que si on le connait…

Comment est-ce que j’apprends la solidarité à mon fils si je le limite ainsi ?

En même temps, nous les adultes, avec qui sommes nous solidaires ? Avec qui partageons nous nos bons plans, les habits trop petits ?

Je me souviens d’un dîner où j’expliquais  aux monstroux  à quel point je déteste gâcher la nourriture parce qu’il  y a plein d’enfants qui n’en ont pas. Nous avons parlé des enfants Chinois ( entre autres ) qui au lieu de jouer aux billes sont exploités dans des ateliers de confection.

Grand Monstrou voulait prendre l’avion pour leur emmener de la nourriture mais là encore j’ai cassé ses illusions parce que même si nous emmenions tout le contenu de notre frigo cela ne suffirait pas…

Parce que changer le monde ne semble simple que lorsqu’on est enfant, et que nous les adultes sommes trop pris par : cette machine à laver à remplacer,  ces taxes à payer, cette neige qui nous embête, les cadeaux de Noël qu’il faut préparer…

Et si pour cette année on essayait de regarder un tout petit peu plus loin que notre nombril et nos menus de fête ?

Et si cette année on trouvait dans nos foyers suréquipés, dans nos emplois du temps surchargés , de quoi aider un peu les plus démunis ?

Partager, être solidaire c’est par exemple aller jeter un œil sur ces sites pour voir ce que l’on peut faire :

http://www.restosducoeur.org/

http://www.emmaus-france.org/

C’est déneiger le trottoir de la voisine qui est trop âgée pour le faire, aller passer deux heures au service pédiatrie de l’hôpital le plus proche, pour lire des histoires aux enfants malades, c’est donner des vêtements chauds aux associations qui les collectent plutôt que de les revendre sur Ebay…

Alors cette année, pour Noël, j’avais demandé un Kiné (un vrai, à domicile, pour me masser tous les jours voire plusieurs fois par jour), mais finalement je voudrais qu’on fasse tous un geste quel qu’il soit pour que je puisse continuer à dire à mes fils que dans la vie, dès qu’on en a l’occasion on se doit d’aider et de partager !

Qui est avec moi ?

Ce billet est ma contribution rêveuse à la plus belle liste de Noël de Chocoladdict et de Virginie B.

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Chouette un tournoi !

-           Tu fais quoi dimanche ?

-           Pff ne m’en parles pas, j’accompagne Grand Monstrou à son premier tournoi de judo je suis « ravie » (ironie puissance 5) !  Mais bon, c’est une fois de temps en temps contrairement au foot où c’est tous les dimanches après-midis !

-          Oui et puis au moins le judo c’est en intérieur !

-          De toute façon les Monstroux sont prévenus, ils n’auront le droit de faire du foot que lorsqu’il y aura des gradins chauffés équipés du wifi dans tous les stades ! ( c’est  peut-être mon côté Mamafunky : je veux bien être dévouée, jouer les «  supportrices » mais à condition d’avoir internet !).

En attendant, le dimanche à 11h15 nous étions tous prêt à accompagner Grand Monstrou à son premier tournoi. Le soleil devait être parti en ballade avec ma motivation car c’est en pataugeant dans de grosses flaques que nous avons rejoint le « dojo » où Papounet avait déjà emmené le grand combattant pour qu’il se mette en kimono.

Et là, moi qui avais œuvré tout l’été pour que Grand Monstrou reste sur sa décision de faire du judo à la rentrée ( tout pour éviter le foot) j’ai réalisé à quel point, justement, je n’avais pas réalisé que… le judo est un sport de COMBAT !

Sous-entendu, des enfants vont essayer de faire chuter mon bébé volontairement sans que je puisse leur arracher  les deux yeux râler dessus parce que c’est le BUT de ce truc sport : mettre l’autre à terre. (sans déconner, vous n’avez pas des devoirs plutôt ?)

Pendant qu’on attends pour  la  « pesée » de nos ptits cochons (comme au marché) apprentis Judokas, j’ai des nausées rien qu’à regarder les grands se secouer, se tirer et se balancer par terre sur le tatami. Purée, ça doit faire hyper mal ce truc ! En plus, franchement ils n’ont fait aucun effort pour leur épargner des bleus, le tatami est un tapis tout plat, à peine rembourré… La moquette de mon salon aux USA , d’environ 10 cm d’épaisseur avec bouclettes ( et acariens inclus) aurait été beaucoup plus adaptée à ce genre d’activité( un peu débile il faut l’avouer) !

Hop, le grand gaillard d’au moins 30 kilos vient de passer par-dessus l’autre fou-furieux qui l’a à moitié déshabillé avant de le balancer… ( note personnelle :  penser à recouvrir ENTIEREMENT Grand Monstrou  de papier bulle planqué sous le kimono avant de le ramener à une telle «  joute »).

Finalement je comprends pourquoi ils les pèsent eux même avant le tournoi parce qu’à ce stade je l’avoue sans mal, j’aurais enlevé sans sourciller 5 kilos à Grand Monstrou pour être sûre qu’il tombe sur des plus petits que lui !

L’heure fatidique approche, Grand Monstrou est impassible, voire même content de retrouver ses copains, je suis verdâtre, malade à l’idée d’assister à ça, en plus ils combattent debout et il me semble que la classe des mini-poussins de Grand-Monstrou n’a jamais fait ça !

En même temps je ne suis pas sûre, j’ai arrêté d’assister aux entrainements depuis que je me suis fait  dessus  dans les gradins pendant qu’un affreux jojo rouait  mon fils de coups de pieds dans la poitrine pour le maintenir à terre (le prof ne regardait pas : un mauvais  point pour lui !).

Ca y est, c’est aux « mini-poussins » de s’échauffer. Les organisateurs sont de grands malades, il y a environ 60 gamins de 6 ans et  ils les font tous courir dans tous les sens sur le tatami : je transpire, c’est sûr ils vont se percuter, mon bébé aura une dent cassée ou le front ouvert : j’attrape mes clés de voiture pour être prête à l’évacuer d’urgence !

L’entrainement est terminé, Grand Monstrou part avec 10 autres mini-poussin pour commencer le tounoi et je me rassure en me disant qu’ils sont tous de la même taille( et certainement du même poids).

Premier combat, un gamin (qui à l’air gentil comme tout) arrache à moitié le kimono de Grand-Monstrou (c’est malin il est tout froissé maintenant),puis le met à terre ( argh je hais ce gosse qui est certainement très mal élevé et  bourré de défauts). Grand Monstrou lui, n’est pas rancunier, il passera tout le temps d’attente de son prochain combat à discuter avec son « bourreau ».

Personnellement j’essaie de me souvenir pourquoi j’ai accepté que  mon tout-petit, mon bébé, la chair de ma chair aille se faire martyriser ainsi sur un tatami !

-          Il y a tout un état d’esprit autour du judo : respect de l’adversaire, de son niveau, salut du tatami, de l’adversaire etc…

-          Je comptais sur le judo pour que Grand Monstrou apprenne à maitriser son agressivité ( takacroire :  ils sont en train de lui donner les armes pour mieux assommer son frère).

-          Quand le prof à expliqué le principe des «  ceintures » j’ai immédiatement réutilisé la chose pour expliquer à Grand Monstrou que lorsqu’il frappe sur son petit frère avec ses dix kilos de plus que lui, c’est comme si je l’envoyais lui, combattre un gars qui a une ceinture noire.

Rien n’y fait, je suis en pleine crise de mauvaise foi, tout ce qui me plaisait dans ce sport me semble aujourd’hui totalement insuffisant pour justifier que de parfaits inconnus agressent ainsi mon fils chéri.

Second combat, je suis au bord du tatami, j’hésite à encourager mon fils : si j’encourage, je vais lui mettre la pression, si je ne le fais pas il va croire que je m’en fous !

Ce combat là dure plus longtemps, Grand Monstrou résiste, il est très concentré et le regard déterminé, il remporte le combat : je n’en peux plus de fierté ! Troisième combat : pareil, Grand Monstrou a une technique très particulière, il laisse l’autre le faire tomber, il le retourne ensuite comme une vieille crêpe moisie et remporte ainsi la victoire ! Na na nanèèèère !

Je ne sais pas si je suis très très contente parce que mon adorable fils à gagné deux combats sur trois ou si c’est parce que c’est enfin terminé ( ça fait quand même deux heures et demi qu’on respire des odeurs de pieds dans ce dojo…) mais j’ai le sourire jusqu’aux oreilles !

En repartant nous admirons la superbe médaille de mon champion mais malgré ma fierté, c’est décidé, l’année prochaine il fera de la danse classique ! (l’avantage c’est qu’il saura déjà balancer les ptits rats !).

Et vous ? Quels sports pour vos enfants ?

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